25 juillet 2017

Premier fil en Landes de Bretagne

D'abord le tout seul :

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Retordu en deux brins :

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Avant lavage 184,5m pour 102g. Normalement, il devrait perdre en poids (et aussi en longueur).
Et effectivement, il ne mesure plus que 167,3, pour un poids que je pèserai quand il sera complètement sec.

Et j'ai profité du "beau" temps pour ressortir un peu de blanc de Saint-Renan de la soupe et le remplacer par du joli Ouessant noir.
Je sais déjà que le Ouessant noir en sortira tout beau, mais j'ai comme un gros doute sur le blanc, pourtant l'odeur de la soupe est la bonne (ça pue fort avec le même genre d'effluves qu'à chaque fois que j'ai lavé comme ça).

Le bout des mèches du blanc est resté un peu crade (noirâtre), malgré 10 jours dans la soupe. Si ça se trouve, la fibre, pas assez rustique, n'aura pas trop aimé le traitement par fermentation (le blanc me semble un peu plus gris et moins blanc qu'au moment du trempage). J'ai rincé malgré tout et mis à sécher/aérer/rincer (en fonction de la météo des jours à venir). Mais il faudra peut-être que je relave ensuite. Ca ne me plaît qu'à moitié.

Puis, je me suis attaqué au tri d'un autre carton de blanc de Saint-Renan... et là, découragement !
De la paille tout partout, d'autres trucs pas identifiés (végétaux, insectes ou autres). J'ai abandonné, fais un vague tri pour envoyer au moins le complètement irrécupérable à la déchèterie (ça, c'est fait !) et je me dis que je trierai le blanc qui me reste quand je saurai si ce qui est sorti de la soupe ne me demande pas trop de boulot à renettoyer. On saura d'ici une dizaine de jours.

Alors, j'ai jeté un oeil sur le Ouessant noir de Saint-Renan. Là non plus, pas moyen d'en récupérer beaucoup. J'ai trié, mais je n'en ai gardé que très peu, là, c'est le haut des mèches qui étaient souvent trop feutrées (même pour moi.. c'est pour dire). Dommage, la fibre est longue et douce. Ce que j'ai gardé est illico parti dans la soupe avec le Ouessant noir qui y était déjà.

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18 juillet 2017

Ouessant, encore et toujours...

D'abord, deux toisons venues de Ploum', mises de côté pour Mathilde, si elle en veut...
Parce qu'elles sont légèrement feutrées, et qu'il serait compréhensible que ça la rebute.

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L'année dernière, j'avais envoyé une toison dans le même genre, pour moi parfaitement filable (et sans trop de boulot) à un autre contact, qui m'a dit à réception que tout ce poil était parti à la benne, parce qu'irrémédiablement feutré. J'en déduis que, sauf si cette toison avait vraiment souffert avant d'arriver à bon port (il lui a fallu plusieurs mois, le bla-bla-car, version transport de fibres n'étant pas toujours des plus rapides) tout le monde n'a pas le même contact ou ressenti avec une toison et certaines, peut-être plus habituées à du nettement moins rustique,  appliquent des critères beaucoup plus stricts que les miens. J'en suis encore désolée, elle était belle cette toison partie à la benne. Elle aurait pu faire un beau fil.

Et tant qu'à faire, puisque j'étais déjà dehors (malgré la canicule - non, mais, t'imagines, 26°, ici !), j'ai trié deux autres toisons, toujours d'Ouessant, qui sont parties attendre bien sagement dans la grange et qui remplaceront le blanc du mouton de race inconnue qui trempe dans mon bidon.

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Et sur mon rouet, je découvre que la toison Landes de Bretagne, se file très bien, tout fin et va donner une très belle couleur chinée, que je retorde ou non (mais je crois que j'ai bien envie de retordre à deux brins).

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17 juillet 2017

Je récapitule : le lavage par fermentation, comment je fais...

Juste parce que j'ai passé aujourd'hui une belle et riche journée chez Patrick Sastre (qui cherche à valoriser la laine de son troupeau avec une démarche qui me plait vraiment bien, en plus de vendre une viande bio... et tant qu'à faire, si tu manges de la viande, autant qu'elle soit bio, c'est mieux pour toi), je me suis dit que faire un récap' complet de la recette telle que je l'utilise aujourd'hui pourrait servir à d'autres, alors voici...

1. Je trie les toisons que je récupère. C'est le plus long à faire, mais c'est essentiel pour éliminer ce qu'on ne pourra pas filer avec plaisir. Ce qui part au rebut ira dans le compost, ou autour des arbres (si on en a) ou comme paillage dans le potager ou autour des fleurs, parce que les limaces n'aiment pas le mélange fibre-crotte-paille-et-divers-débris, pas toujours identifiables. Il y a des messages avec photos sur ce blog et on ne peut voir que ceux qui concernent (entre autres) le tri en cliquant sur "tri" dans la liste des "tags", en haut de la page, à droite.

2. Je récupère un bidon, genre bidon pour faire macérer les pommes à cidre, mais n'importe quel récipient en plastique type bidon avec un couvercle (qui de préférence ferme bien, parce que si ça ferme pas bien l'odeur passe et que si c'est ouvert, t'auras des colonies de moustiques) fait l'affaire.

3. En fonction de la quantité de toison que j'ai à traiter, j'ajoute la quantité d'eau qu'il faudra pour que ça soit immergé. L'eau peut être de l'eau de pluie à température ambiante ou de l'eau du robinet (si c'est le cas, tant qu'à faire, on la mettra chaude).

4. J'ajoute une petite poignée (ou deux cuillérées à soupe) de percarbonate de soude (trouvé en magasin bio). C'est plus basique (dans le sens chimique du terme) que le bicarbonate et souvent on l'utilise comme blanchisseur dans les lessives de linge, mais ça n'est pas aussi corrosif que la vraie soude caustique (NaOH) qu'il ne faut jamais, mais jamais, ô grand jamais, mettre en contact avec la peau ou d'autres muqueuses, sous peine de se retrouver avec des brûlures graves et irréversibles (on ne déconne pas avec la soude, sinon on le paie cher).
N.B. Plus ça va, moins je me demande si ce percarbonate est nécessaire. Il joue peut-être un rôle, mais j'ai déjà essayé sans et ça a très bien marché aussi. Pourtant l'eau de pluie est acide et une toison est normalement acide aussi, donc un ph plus bas devrait aider la fermentation.

5. J'ai mon bidon rempli d'eau, j'ajoute les morceaux de toison triés et j'appuie doucement (la tête carrément dans le bidon, j'en fais peu à la fois et j'ai un gros bidon) avec les mains, avec ou sans gants. A ce stade, la toison pue juste la bête et un peu la merde et la pisse (osons utiliser les mots). L'idée, c'est d'immerger tous les morceaux que j'ai dans mon bidon. Si finalement, je me rends compte que je n'ai pas assez d'eau, c'est pas grave, j'en rajoute. La fibre a tendance à flotter, mais je ne fais pas non plus "nager la fibre" dans plein d'eau. Au besoin, pour voir des photos, faire un clic sur le "tag" lavage sur ce blog (comme pour tri).

6. Je ferme le bidon et je laisse la nature faire son boulot pendant au moins une bonne dizaine de jours.
Là où je vis, en général l'été, il fait bon (rien qu'aujourd'hui, quand le capteur de ma voiture disait 30° à Chateaulin, je n'en avais plus que 23 chez moi).

7. Passés les jours, voire les deux semaines (ou plus) de trempe, je mets des gants en caoutchouc (la soupe a une odeur qui reste collée aux mains après de nombreux lavages au savon et elle décolore pour longtemps les bagues en argent), j'ouvre le bidon et je sors mes morceaux de toison.

8. Je mets immédiatement la nouvelle toison triée dedans. J'immerge comme la première fois et je laisse mon bidon au soleil. Normalement, en moins d'une semaine, la toison sera prête à être rincée. Au bout d'un moment de pratique, le sens olfactif dira si oui ou non le moment est bon, mais dans le doute, on peut laisser une bonne dizaine de jours en plus,pour être sûr.

9. La fibre que j'ai sorti de la soupe, je la rince, dans au moins trois eaux (de pluie, parce que j'aime l'idée de ne pas consommer plus que nécessaire), puis je l'étale sur des cagettes de champignon retournées (avec une pierre au dessus, parce que chez moi, il y a du vent - voir les photos sur ce blog).

10. Je laisse ma fibre sécher, rincer, aérer dehors sur ces cagettes pendant facilement une dixaine de jours, puis (s'il a fait humide ou qu'il a vraiment beaucoup plu), je rentre mes piles de cagettes dans le garage pour laisser sécher tranquillement.

Quand c'est sec au toucher, l'odeur est partie, la fibre est prête à filer, il reste juste assez de gras pour que ça aide sur le rouet ou le fuseau.
Pour avoir testé un petit bout de nappe de Landes de Bretagne (traitée de manière plus industrielle) sur le rouet tout à l'heure, je peux dire que par rapport à ma fibre, tout juste séchée après fermentation, à peine écharpillée aux doigts, c'est un peu plus sec et un petit moins facile - même si ça reste un bonheur à filer.

Quant au bain de soupe, il servira tant que j'ai des toisons à y mettre.

Plus il a servi, plus efficace il est. Avec ce qui me reste à faire, à vue de nez, ma soupe 2017 servira au moins jusqu'à fin novembre.

A noter (même si je l'ai déjà dit dans un autre message), cette méthode convient aux races rustiques. Pour du mérinos, d'autres ont eu des expériences malheureuses, avec une fibre (au départ blanche) devenue grise et cassante. Donc, si vous voulez tester, mais que vous avez un doute, rien ne vous empêche de faire un mini-bac de fermentation avec une petite boîte en plastique (qui ferme) que vous laisserez au soleil

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15 juillet 2017

L'air de rien, il me reste de quoi faire

En photos, le butin ramené de Saint-Renan fin juin :

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Et aujourd'hui, le joli gris est sorti de la soupe pour être remplacé par de jolies mèches blanches (mais crades).
Il est resté tremper longtemps, mais on dirait que ça ne lui a pas fait de mal, J'ai juste mis un peu longtemps à rincer.

J'ai encore quatre énooooormes cartons pleins, à trier,  à faire tremper, puis à rincer.
Le Landes de Bretagne est sec et a eu plus que largement le temps de perdre la vilaine odeur. A vue de nez il sera écharpillé, mais je ne sais pas encore quand il sera filé. C'est du rustique, du vrai, mais certaines parties semblent assez douces quand même.

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Je crois que je vais manquer de temps, même si j'arrive à tout laver, je vais en avoir beaucoup, mais beaucoup trop.

Si quelqu'un qui me lit n'est pas trop loin, je veux bien céder une partie du butin... Il suffit de demander...

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