5 juillet

Avant le départ officiel, tour de chauffe à Dinéault avec d'autres fileuses. On en retiendra que le foin (même sans le fumer) fait de l'effet à certaines, que certains fuseaux tombent, repartent, puis retombent, avant de repartir encore, que la prochaine fois qu'on s'on retrouve, il faudra qu'on chante, que la pince à linge est résolument un outil magique, qu'une bobineuse peut parfois être une vilaine petite machine, que la fumée des merguez, ça ne sent vraiment pas bon. Mais qu'on excuserait presque cette fumée en goûtant un vrai kouign amann deus Douarnenez (ma doué, qu'il était juste plijus comme il faut, merci Michel !) avec ur banne chistr tout aussi bon (merci Claire !).

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Rien ne vaut ces échanges et ces parties de rire où un fil tout seul (que celle qui l'avait fait trouvait un peu moche) est devenu non pas un, mais plusieurs retors : le bête à deux brins, l'andin et le navajo. Le tout facilement (ou presque) et sans pince à linge.

7 juillet

Démarrage en douceur...
D'abord, quelques tours de spindolyn pour un petit peu d'Ouessant noir issu du stock.
Puis début de lavage du petit bout de toison d'Ouessant blanc gouesnousien. Bon... un dégraissage aux cristaux de soude, suivi de trois rinçages ne suffisent pas. Retrempe avec du liquide vaisselle. J'avais oublié qu'un lavage classique consomme plein de flotte. Mais mon bidon d'eau de pluie est presque vide. J'ai de quoi rincer une ou deux fois encore, mais ça va attendre demain. La fermentation c'est quand même beaucoup moins de boulot.

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Puis préparation d'un mélange avec un orange fluo venu de chez Lulublu et les résultats plus ou moins réussi de teintures maison (rumex, curcuma, henné). Ca sera filé au rouet, je ne sais pas encore comment. C'est la fibre qui me dira.

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8 au 11 juillet

La bobine est enfin remplie. J'arrête, parce qu'une des couleurs a été bien mangée par ce filage, il n'en reste plus.
Et je retors tout ça en navajo : 99,9 m pour 74 g. J'étais franchement dubitative en le filant, me disant que le résultat serait moche. Mon impression était fausse, mais on verra bien s'il me plaît autant après le bain.

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La petite toison d'Ouessant blanc a fini de sécher et ça me permet de constater que finalement, les pellicules, on les trouve sur du blanc aussi. Et en contrôlant le Ouessant, je récupère mon Avranchine (sèche et débarrassée de son odeur de fermentation).

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J'attaque directement une bobine d'Avranchine, sans aucune préparation, ni peignage, ni cardage, ni écharpillage, rien... Les débris végétaux tombent au filage, ou restent dans le fil, ça maaaaaarche et ça donne un aspect sauvaaaage. La fibre est mousseuse, crimpée par endroits, ça ressemble pas mal au zwartbles que j'ai déjà filé, mais en peu plus fin.

12 juillet

En fait, cette Avranchine ressemble tellement à du zwartbles, que je me demande s'il n'y a pas eu erreur sur l'étiquetage chez le berger. Pas dramatique, ça se file bien et j'aime bien. La deuxième bobine est en cours, pour un bête retors à deux brins. Et comme mon stock de toisons grossit (+ 5 Ouessant avant-hier, + 3 croisées zwartbles/Landes que j'irai chercher tout à l'heure) j'ai trié le poil de deux grosses blanches de Saint-Renan (il n'y a qu'une toison sur la photo). Faute d'assez d'eau de pluie en stock pour rincer les petites Ouessant noires du bidon, je laisse tremper encore. La pluie est annoncée pour samedi. Si ça se confirme, au moins une grosse blanche ira faire trempette dans la pestillence la semaine prochaine. Elles sont farcies de débris végétaux, mais douces et puis, c'est juste impossible de résister à ce crimp.

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13 juillet

J'en suis désormais sûre, cette Avranchine et bel et bien une zwartbles. En retors à deux brins (avec une fin en andin, histoire qu'il n'en reste plus sur la dernière bobine, ça nous donne 133 m pour 129 g. Au final, il reste pas mal de débris végétaux dans le fil, mais c'est pas grave, c'est du rustique après tout. Pour me changer un peu de tout ce brut, je m'en vais passer à du calmant pour princesse, toudou mâtiné de kibrille, venu de chez Marie (rue de la laine) : 12 rolags thérapeutiques, sombres mais lumineux.

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14 au 16 juillet

Et les rolags deviennent un fil câblé, pour répondre au thème du mois de mars 2018 (proposé par cette même Marie Minuit). Donc d'abord, faire 4 bobines de tout seul, puis retordre les bobines dans l'autre sens, deux par deux. Pour suivre exactement les préconisations de Sarah Anderson, j'aurais dû filer mes tout seuls en Z. Je suis partie dans l'autre sens, parce que faire du tout seul en toufin en S, je sais faire. C'est beaucoup moins fluide dans l'autre sens.

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Comme le fil à deux brins doit être retordu deux fois plus que la normale pour que ça soit câblé (et pas que ça soit juste un bête retors à 4 brins), j'ai repassé mes deux bobines en Z sur le rouet. Puis retors en S.

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C'est juste magique, le fil final est tout rond, pas surtordu pour deux sous, câblé pour de vrai, comme une chaîne, solide, avec un côté "face obscure de la licorne" qui ne me déplaît pas. C'est du boulot, mais ça vaut le coup. 187 m pour 107 g.

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17 et 18 juillet

Ceci (mérinos+ soie), va être appelé à un retors avec cela (soie de saris recyclés). Ceci est fin prêt, mais cela prend un peu de temps à remplir la bobine. Le tout filé en S, histoire de voir si ça me pose vraiment problème. La réponse est non.

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19 juillet

Retors navajo à 4 brins (en Z). Pas toujours des plus simples, mais faisable : 101 g pour 144,10 m. Le fil est bien équilibré, sans défaut majeur et le noir tout doux rend le fil plus agréable au toucher (parce que la soie recyclée, ça a beau être de la soie, Madame Michu, c'est pas tout à fait comme la soie qu'on imagine). J'en aurais bien fait plus, mais le noir était un cadeau et je ne sais pas d'où il venait, ce qui rend tout réassort problématique. La soie de saris était un cadeau aussi, mais j'ai acheté du complément.

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20 et 21 juillet

SPA52820Petite bobine de zwartbles (en Z), avec ajout de petites touches de couleur ça et là. Pour celle-ci, le retors sera à deux brins avec un fil tout seul identique, mais sans les petites touches, du classique quoi, du bêtement classique donc.Je sens le coup de mou qui se profile. Les côtes sont dures, même si la progression est bien là (enfin, je trouve). Je ne vais pas abandonner le tour, mais je me lasse un peu. Dehors, la terre est sèche comme je ne l'ai jamais vue ici. Même si les températures sont supportables, ça cogne un peu trop à mon goût, alors que j'ai encore des toisons à trier. Et mon bidon d'eau de pluie n'est rempli qu'à moitié.
J'ai proposé certaines de ces toisons à d'autres, j'attends les réponses, mais quoi qu'il en soit, je ne travaillerai pas tout ça. Y en a juste trop pour moi. Et malgré tout ce que j'ai déjà donné, sans compter ce que j'ai lavé cette année, il me reste de quoi filer pour des années. C'est juste trop.
Pour changer de braquet, je repasse à des outils moins gros.

 Je reprends le spindolyn en me disant que ça va me remotiver. Mais ça ne colle pas vraiment. Alors que mon premer essai était juste bluffant, j'ai du mal à trouver une position confortable, la petite boule sort régulièrement de son logement. Ca tourne bien malgré tout, mais sans l'inertie de dingue dont ce petit objet sait faire preuve.

Je me dis que c'est peut-être la fibre : du Ouessant brut. Pour voir, je prends mon petit turc avec le même Ouessant et là, les gestes sont faciles, ça se fait tout seul, le fil est régulier (même si non, je ne range toujours pas mon fil joliment sur la pelote).

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J'entends à la radio qu'il a fait plus de 33° en Laponie. Je me dis que les rennes non plus ne doivent pas trop aimer ça.

 

22 et 23 juillet

Toujours pas de pluie... Normalement, c''est repos du tour aujourd'hui. Mais quelques tours de fuseau ne comptent pas (et ne se voient pas forcément beaucoup sur ledit fuseau - donc on fera sans photo).
Retors à deux brins zwartbles et petits bout d'une nappe qui pète made by my cops Pascale.
L'écheveau (148 m pour 135 g) est au bain pendant que j'écris ce message. L'idée est qu'il aille bien avec celui de zwartbles tombé du rouet, il y a 10 jours. A vue de nez, le rapport poids/métrage laisse entendre que ça devrait coller.

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24 au 26 juillet

Je repars sur l'exploration des retors à 4 brins, pour tester l'aussière (dixit Sarah Anderson), je fais tout pareil, sauf que mes fils simples sont tordus en S, pas en Z. C'est un peu délicat de faire la pelote d'un fil double complètement rebelle, mais ma bobineuse coopère avec délicatesse. C'est aussi l'occasion de tester un Blue Face Leicester (BFL pour les intimes) en plus de ma soie de saris recyclés. C'est doux, c'est long, c'est beau, mais curieusement, mon ruban est carrément odorant pour une mèche traité. Il sent encore bien la bête, j'imagine que ça partira au lavage. L'écheveau final est petit et l'épaisseur est moyenne  : 52 g pour 53 m. Ca ressemble un peu à du navajo, mais c'en n'est pas.

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Il ne pleut toujours pas, je me déshydrate petit à petit, j'espère que demain, il fera plus frais.

Traînant ma misère d'hygrométrie insatisfaisante, je vais me promener sur les messages d'autres fileuses ici ou là et je tombe sur un rouge de toute beauté, made chez ma copine Fée d'Automne, avec qui j'ai déjà pu échanger de bien jolies choses. Donc, j'ai envie de rouge.
Alors je m'attaque au rouge que j'ai en stock : du Cheviot, mouton qu'on trouve souvent de l'autre côté de la Manche, ici teinté dans un rouge profond, libellé "sangria" par un fournisseur sis (justement) de l'autre côté de la Manche. J'ai un projet tricot pour ce rouge, mais je ne le voyais pas si sombre, alors je fouille dans mon tiroir à miracles et je déniche un coton DMC, vieux de plusieurs décennies que ma môman avait acheté, sans doute quand elle était dans une période broderie, il y a longtemps. La pelote n'est pas entière, le coton est dit "coton perlé", ça fera un petit écheveau, mais qui devrait suffire pour ce que j'ai en tête.

Retors navajo à 4 brins, où le 4e brin est ce coton-souvenir qui court le long du retors, 66 g pour 84,30 m (la photo est pourrite, parce que prise trop tard, mais c'est un très joli rouge.

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27 au 28 juillet

Une jolie rencontre, alors qu'il a enfin plu et que je recommence à respirer. Je repars dans le coton et dans le pas simple, pour faire mon retors à partir d'une pelote. Ca part en noeuds bien souvent, mais, je garde mon calme et j'y arrive, sans même devoir y passer des heures. Suis plutôt contente de moi : 68,7 m pour exactement 50 g.

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29 juillet

Dernière étape... Je fais une pelote de ce qu'il y a sur le spindolyn et je retire les pales du turc. Je retordrais les deux ensemble plus tard. Puis, je me lance dans un trois brins, version crêpe, Ouessant blanc et soie de saris. Ca n'est qu'un essai, pour voir, donc petit métrage : 58,75 m pour 42 g. J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois, mais j'aime assez le rendu fnal.

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Il serait peut-être temps que je me décide à faire quelque chose de tout ça. Pour ce faire, y aura pas le choix : on va calmer un peu le filage.