24 septembre 2018

Dans l'intérêt de ma science (bonne excuse pour tester des trucs pas forcément prévus au programme), épisode 1

Le fil crêpe (écrit, comme la bonne crêpe, à manger, faite dans le coin - parce que j'ai la chance de vivre pas loin de crêpiers qui vendent des trucs bien mieux que ce que je saurais faire et dont je me régale souvent).
Chantal, sur le forum du filage m'a donné envie. Et là-dessus, Marie, sur tricotin a proposé la crêpe comme thème du mois.

Un filé main, version crêpe, c'est un trois brins, composé d'un fil tout seul filé en S (sens anti-horaire) et d'un retors deux brins, où les deux fils tout seuls sont filés en Z (sens horaire), puis surtordus en S. Les 3 brins sont mis en retors en Z (voir l'explication sur Knitty, avec l'image très parlante qui montre le détail et que je copie éhontément ci-dessous).

Source: Externe


J'ai essayé pendant le tour de fleece de cette année et je ne résiste pas à vous montrer à nouveau mon résultat (le fil retordu/surtordu en S est du Ouessant blanc, le tout seul en S est un tout seul de soie de saris recyclée).

Source: Externe

Il me restait à tester un fil crêpe à partir de la même fibre. C'est fait depuis ce week-end. Bébé alpaga d'une jolie couleur et d'une douceur plus grande encore.

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Le fil est d'une incroyable solidité, du genre qui irait très bien aux chaussettes. Pour ça, faut filer fin, donc ça prend du temps, mais c'est carrément beau.

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11 septembre 2018

Certains projets méritent qu'on les soutienne !

Avant de démarrer ce blog, je savais que le monde des tricoteuses pouvait être un joli monde.

Internet m'a permis de trouver juste à côté de chez moi des gens que je ne savais pas géographiquement aussi proches (ou dont j'ignorais tout simplement l'existence). D'autres amitiés solides sont nées de partage de techniques et d'expérience (et je compte bien un jour pouvoir rencontrer en vrai des personnes que j'adore pour ce qu'elles font et bien souvent aussi pour ce qu'elles sont).
On aime ce qu'on fait, on veut en apprendre plus et on y arrive, tout simplement, naturellement, par des rencontres ou des échanges sur des forums ici ou là. C'est un milieu majoritairement féminin, mais où les opinions politiques, les catégories socio-professionnelles et le niveau de revenus importent finalement assez peu. La dynamique est belle et quand on est dedans, on s'y sent bien. Le genre de choses qui te fait croire que finalement, si t'es née fille, t'auras peut-être accès à des ouvertures d'horizon plutôt belles, qui peuvent t'apporter beaucoup plus pour te faire avancer qu'une bête communion devant un match de foot à la télé, avec les bières et les pizzas qui vont avec (même si, soyons honnête, il y a des rencontres pizza-bières (mais sans le foot), que j'ai adorées et qui m'ont fait avancer).

Petit à petit ces dernières années, j'ai mis le pied dans le monde du filage. Bien souvent, on y trouve les mêmes passionnées que pour le tricot, mais avec ce petit quelque chose en plus d'avoir envie de partir du poil de la bête (même couvert de crottes et de paille) pour réussir à en faire du bien plus original (et surtout plus joli) qu'avec les fils du commerce. D'autres filles se lancent dedans, sans forcément avoir des années de tricot avant, juste parce que l'idée est belle. Et celles qui tiennent plus de quelques mois dans cette idée, je les reconnais. Ce sont mes frangines, mes copines, celles qui dépassent l'envie de faire un peu de layette pour un petit morceau de vie qui arrive, mais s'arrêtent très vite quand le petit bout est arrivé, parce qu'elles sont happées par d'autres choses (ou parfois parce qu'elles ont juste envie de passer à autre chose, qui pourra être tout aussi gratifiant et digne d'admiration).

Moi (peut-être parce que j'ai la "chance" d'avoir un boulot qui paie -presque toutes- mes factures et qui donc me permet de voir essentiellement le plaisir dans le tricot et le filage), j'ai envie d'aider à porter des projets réfléchis, qui tiennent la route, qui font sens et qu'on a envie de voir aboutir. Alors je vous invite à participer (en mettant des sous, même juste un tout petit peu) comme je l'ai fait, à la création d'une école musée autour de la fibre, du filage, du tissage (et autres). C'est loin de chez moi, mais j'ai comme une furieuse envie que ça marche, alors, je vous mets juste le lien, c'est pas de la pub, c'est un truc que j'ai envie de croire possible (et qui sera bien, si ça marche).

Vous participez (ou pas), vous y croyez (ou pas), mais au moins, vous aurez vu (et ça vous aura fait envie, non ?).

Schola Lanae

Schola Lanae c'est la création d'une ÂME (Atelier Musée Ecole) au coeur d'un village de Haute-Loire. Un espace où sera dévoilé le travail des fibres textiles par des fileuses passionnées de cet art millénaire qu'est celui du fil. Mais pour ...

https://fr.ulule.com

Parenthèse (peut-être nécessaire) : qu'on ne  m'emmerde pas, s'il y a un ou deux hommes dans le lot, j'accorderai quand même ma grammaire à la majorité, comme au XVIIe siècle, donc au féminin. Les quelques hommes qui partagent ces envies et tentatives devraient se sentir honorés qu'on les considère comme étant des nôtres. S'ils me font un vélo parce que j'ai pas accordé toute ma prose précédente au masculin, je les tape (fille je suis, mais -qu'on se le dise- taper fort je peux)

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09 septembre 2018

Pour filer, y a fuseau et fuseau...

Celui qui m'a fait vraiment venir le geste naturellement, c'est le turc modulaire de Majacraft. Il m'a filé du ruban de corriedaile, du chien et quelques autres trucs, sans difficulté (toujours en poids léger), mais problème : il est moche (enfin, je le trouve moche) et tant qu'à faire j'avais envie d'un fuseau joli. Le turc modulaire est donc parti chez une copine qui a déjà commencé à le faire tourner (plutôt bien d'ailleurs).

J'ai testé aussi le fuseau avec fusaïole en quartz, en haut de la tige. Là, c'était joli, plutôt joli, mais question inertie, plutôt moyen. D'ailleurs, je l'ai prêté pour quelques mois à des gens biens.... Et si je l'ai prêté, c'est sans doute qu'il ne me manquera pas.

Un autre petit fuseau turc s'imposait à moi ! Je le voulais avec un crochet, persuadée que je ne saurai pas faire sans, mais  je voulais aussi que le crochet ne risque pas d'accrocher la pelote quand on enlève la tige. Sur le Majacraft, c'est ce qui m'arrivait régulièrement - mais faut dire aussi que je ne range pas mon fil joliment comme font d'autres - soit je n'y arrive pas, soit j'ai la flemme (et parfois un peu des deux). J'avais déjà mon fuseau historique (comme à Ouessant) que j'aime bien, mais j'ai quand même été m'acheter un autre fuseau (dont je ne compte absolument pas me séparer). L'historique (comme sur l'ïle) est raide à utiliser (mais les dernières infos qu'on m'a données me laissent entendre qu'on ne l'utilise pas suspendu, mais je ne sais pas exactement comment, en le faisant rouler sur la cuisse). En suspendu il est tout à fait utilisable et fait un fil tout fin (la taille de l'encoche ne permet pas d'en faire un gros), très régulier, même s'il a tendance à tomber plus que de raison et qu'il pèse 90 g. Et le petit turc venu de Russie (31 g) que je me suis offert (pour un prix tout à fait abordable) m'a déjà fait des fils à tomber à partir de laine d'Ouessant même pas écharpillée. Non seulement la vendeuse est adorable, mais il tourne bien, très bien. Je les garde, ces deux-là, parce qu'ils tournent bien et parce qu'ils sont beaux.

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Bon, avec deux fuseaux en stock, on a de quoi faire, non ? Euh, oui... techniquement, y a pas besoin d'autre chose.

Mais.... le mois dernier, j'ai eu l'occasion d'acquérir un gros truc, pas turc et pas poids léger (66 g) vendu en kit filage par la Guild centre Bretagne de filage tissage et teinture. Patsie m'en avait collé un entre les mains l'année dernière (et j'ai passé les mois suivants à me traiter de cruche pour ne pas lui avoir demandé de l'acheter sur le champ). Il est gros, facile à prendre en main et très bien étudié. Il tourne longtemps, très longtemps.
Le même jour, j'ai vu Aurélie de l'Atelier aux pies. Je savais qu'elle s'était mise à touner le bois, j'avais vu ses petits turcs tourner au bout des mains d'autres que moi, mais je pensais lui en acheter un juste pour l'aider un peu (parce que ce qu'elle fait est bien). Ses turcs n'ont pas de crochet au bout et j'étais persuadée que ça ne marcherait pas pour moi. J'avais tort, complètement tort. Et j'en suis à me demander pourquoi je me faisais un fromage avec cette histoire de crochet. Le joli turc que je lui ai pris (26 g) est aujourd'hui résolument mon fuseau préféré, avec lequel j'ai découvert que je peux filer en marchant (sans casse) pendant quelques kilomètres. Un très bel objet, d'une efficacité redoutable, fabriqué localement et qui permet une très belle régularité (même si non, je ne sais toujours pas ranger joliment mon fil sur un turc).

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Il me reste à essayer les fuseaux supportés (mais ça ne sera pas pour tout de suite).

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