13 juillet 2018

Tour de fleece 2018

5 juillet

Avant le départ officiel, tour de chauffe à Dinéault avec d'autres fileuses. On en retiendra que le foin (même sans le fumer) fait de l'effet à certaines, que certains fuseaux tombent, repartent, puis retombent, avant de repartir encore, que la prochaine fois qu'on s'on retrouve, il faudra qu'on chante, que la pince à linge est résolument un outil magique, qu'une bobineuse peut parfois être une vilaine petite machine, que la fumée des merguez, ça ne sent vraiment pas bon. Mais qu'on excuserait presque cette fumée en goûtant un vrai kouign amann deus Douarnenez (ma doué, qu'il était juste plijus comme il faut, merci Michel !) avec ur banne chistr tout aussi bon (merci Claire !).

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Rien ne vaut ces échanges et ces parties de rire où un fil tout seul (que celle qui l'avait fait trouvait un peu moche) est devenu non pas un, mais plusieurs retors : le bête à deux brins, l'andin et le navajo. Le tout facilement (ou presque) et sans pince à linge.

7 juillet

Démarrage en douceur...
D'abord, quelques tours de spindolyn pour un petit peu d'Ouessant noir issu du stock.
Puis début de lavage du petit bout de toison d'Ouessant blanc gouesnousien. Bon... un dégraissage aux cristaux de soude, suivi de trois rinçages ne suffisent pas. Retrempe avec du liquide vaisselle. J'avais oublié qu'un lavage classique consomme plein de flotte. Mais mon bidon d'eau de pluie est presque vide. J'ai de quoi rincer une ou deux fois encore, mais ça va attendre demain. La fermentation c'est quand même beaucoup moins de boulot.

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Puis préparation d'un mélange avec un orange fluo venu de chez Lulublu et les résultats plus ou moins réussi de teintures maison (rumex, curcuma, henné). Ca sera filé au rouet, je ne sais pas encore comment. C'est la fibre qui me dira.

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8 au 11 juillet

La bobine est enfin remplie. J'arrête, parce qu'une des couleurs a été bien mangée par ce filage, il n'en reste plus.
Et je retors tout ça en navajo : 99,9 m pour 74 g. J'étais franchement dubitative en le filant, me disant que le résultat serait moche. Mon impression était fausse, mais on verra bien s'il me plaît autant après le bain.

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La petite toison d'Ouessant blanc a fini de sécher et ça me permet de constater que finalement, les pellicules, on les trouve sur du blanc aussi. Et puisqu'en contrôlant le Ouessant, je récupère mon Avranchine (sèche et débarrassée de son odeur de fermentation).

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J'attaque directement une bobine d'Avranchine, sans aucune préparation, ni peignage, ni cardage, ni écharpillage, rien... Les débris végétaux tombent au filage, ça maaaaaarche. La fibre est mousseuse, crimpée par endroits, ça ressemble pas mal au zwartbles que j'ai déjà filé, mais en peu plus fin.

12 juillet

En fait, cette Avranchine ressemble tellement à du zwartbles, que je me demande s'il n'y a pas eu erreur sur l'étiquetage chez le berger. Pas grave, ça se file bien et j'aime bien. La deuxième bobine est en cours, pour un bête retors à deux brins. Et comme mon stock de toisons grossit (+ 5 Ouessant avant-hier, + 3 croisées zwartbles/Landes que j'irai chercher tout à l'heure) j'ai trié le poil de deux grosses blanches de Saint-Renan (il n'y a qu'une toison sur la photo). Faute d'assez d'eau de pluie en stock pour rincer les petites Ouessant noires du bidon, je laisse tremper encore. La pluie est annoncée pour samedi. Si ça se confirme, au moins une grosse blanche ira faire trempette dans la pestillence la semaine prochaine. Elles sont farcies de débris végétaux, mais douces et puis, c'est juste impossible de résister à ce crimp ?

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13 juillet

J'en suis désormais sûre, cette Avranchine et bel et bien une zwartbles. En retors à deux brins (avec une fin en andin, histoire qu'il n'en reste plus sur la dernière bobine, ça nous donne 133 m pour 129 g. Au final, il reste pas mal de débris végétaux dans le fil, mais c'est pas grave, c'est du rustique après tout. Pour me changer un peu de tout ce brut, je m'en vais passer à du calmant pour princesse, toudou mâtiné de kibrille, venu de chez Marie (rue de la laine) : 12 rolags thérapeutiques, sombres mais lumineux.

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08 avril 2018

chaussettes : les tricots qui ne comptent pas vraiment

Ma coupine Mélanie a publié il y a peu un petit tutoriel très utile pour démystifier la difficulté de faire ses propres chaussettes.
Dans la même lignée, je rajoute mon grain de sel, pour un petit éclairage légèrement différent, mais qui montre qu'effectivement, tricoter de quoi couvrir ses pieds n'a rien de sorcier. D'ailleurs, sur le forum tricotnordique (un peu éteint aujourd'hui, mais qui reste pourtant une mine d'informations pour qui veut en apprendre plus), beaucoup faisaient voir leurs chaussettes comme "les tricots qui ne comptent pas", parce que les chaussettes ça monte vite et même si ça peut intégrer des techniques un peu complexes, c'est en général bien moins ardu qu'un pull de toutes les couleurs ou plein de torsades dans tous les sens. L'autre avantage des chaussettes, c'est qu'on peut utiliser ses restes de fil. Pour les adeptes du "je ne jette rien" (dont je suis), c'est bien.

1. Les outils : n'importe quelles aiguilles à tricoter peuvent faire l'affaire, même les aiguilles droites à une seule pointe. Mais, si on opte pour des aiguilles droites, on n'y coupe pas, il faudra faire une couture. Le plus simple est donc de tricoter en rond et passé la première interrogation (euh, mais comment on fait ?) on y arrive très simplement, sans se poser de question. La taille des aiguilles sera fonction de la grosseur du fil, parce que pour des chaussettes, c'est pas confortable de porter un tricot avec des aiguilles 6 mm pour un fil normalement prévu pour du 2,5 et c'est pas plus confortable de porter un tricot avec des aiguilles 3 mm pour un fil normalement prévu pour du 6mm.

2. Les matières du fil à utiliser. C'est comme on veut (ou fonction du fil qu'on a sous la main) ! Mais si c'est du tout acrylique, ça n'isolera pas vraiment bien. On y aura chaud quand il fait chaud et froid quand il fait froid (c'est du vécu !). Si c'est du coton (majoritaire) ou une autre fibre végétale, ça peut être (très) confortable à porter, mais c'est moins extensible que la laine (majoritaire) quand on tricote la chaussette. Alors, avec le coton, si on prévoit un peu large, ça reste un peu large et ça tient moyennement bien sur le pied. Le plus agréable sur le pied dans les chaussures, c'est le mélange laine/soie ou laine/nylon (moins bien que laine/soie, mais carrément confortable quand même - d'ailleurs les fils à chaussettes les plus courants sont en laine/nylon - 25% de nylon maximum).

3. La grosseur du fil à utiliser. C'est comme on veut ! Sauf que si c'est gros, vaut mieux qu'on ait la place de mettre et ses pieds et les chaussettes dans des chaussures (bottes de jardin ou pour la pêche à pied, ou chaussures de randonnée d'une pointure au moins une fois au dessus de la sienne). Mon vécu de tricoteuse de chaussettes pour ma pomme me fait dire que si on a besoin d'aiguilles plus grosses que 3,5 mm (pour le fil qu'on a choisi), on aura du mal à les porter de manière confortable avec des chaussures de ville. Et j'ajoute que quand je tricote en 3,5 mm, c'est seulement pour faire du jacquard ou des torsades de tueuses, avec des fils normalement prévus pour tricoter en 2 mm/2,5 mm (au pire en 3 mm). Mais c'est aussi parce que je tricote serré (voire très serré) et que les pieds (au moins les miens) n'aiment pas trop être gênés dans leurs mouvements par un tissu trop serré.

4. La méthode de réalisation : elle variera en fonction des outils préconisés par les modèles, mais les outils les plus anciens (et sans doute encore les plus courants - ceux que je préfère) sont les aiguilles à double pointe.

Avant de se lancer dans le suivi d'un patron de 12 pages, on peut faire dans le facile, pour que les doigts réussissent sans difficulté à suivre ce que le cerveau a compris. Dans le registre "impossible de se planter", quelle que soit la pointure des chaussettes à tricoter ; il y a la méthode de Véronique, simple et imparable. Ca reste ma référence dès que je sors de ma zone de confort (c'est-à-dire quand je me lance dans des chaussettes pour des pointures différentes de celles de mes pieds).

Personnellement, j'aime porter des chaussettes courtes, de celles qui montent toutes seules quand on est passager dans une voiture et qu'il faut causer en même temps qu'on tricote. Au moment où j'écris ce billet, tiens, justement, j'ai une paire de chaussettes de ce genre sur mes pieds.

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J'en ai d'autres, toutes aussi confortables. Certaines ont plus de 15 ans, mais elles sont toujours autant portées et appréciées.

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19 mars 2018

Well, well, well: this hitchhiker may become a roadbug

La seule différence entre les deux rouets (du même fabricant), c'est la poignée. Sur le hitchhiker, y a ce machin en forme de poing avec le pouce qui pointe, d'où son nom (hitchhiker = auto stoppeur).  Sur le roadbug, la poignée disparaiît, mais comme la roue présente un joli trou sur les deux modèles, qui s'aligne avec le trou du montant fixe, fait exprès pour qu'on y mette la main pour transporter la chose, la poignée en plus du hitchhiker me semble quelque peu superfétatoire (joli mot que j'ai souvent du mal à caser dans ma prose). Poignée en plus, ou pas, c'est une question de goût, certainement, mais ce rouet, qui est désormais à moi, est appelé à se promener et quelques grammes de moins ne me déplairaient pas.

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Comme de toute manière, j'ai l'intention de démonter le tout pour vernir le bois, ladite poignée superfétatoire s'en va sans doute être supprimée. Dave, le gentil "manufacturier de rouet" qui fabrique les engins a été fort sympathique et m'a même montré comment faire pour que la transformation soit sans dommage : il faut couper comme sur sa photo, puis poncer.  En théorie c'est tout à fait à ma portée...

Enfin, avant de transformer, je teste... Mes premiers essais de filage sont plutôt concluants, la bête est assez facile à mener, même avec du brut, plus ou moins bien écharpillé. Je viens de finir une bobine de tout seul, mais filée comme je fais mes retors. Mon sens de la géométrie fait que j'oublie régulièrement à quoi correspondent filage en S et en Z. Alors, forcément, avec la roue placée autrement, je risque encore plus d'y rien comprendre.

La bête est en tension écossaise (frein sur la bobine), avec trois tailles de poulies disponibles, j'imagine qu'il y a moyen de varier les épaisseurs de fils et les manières de filer. Je n'ai pas encore tout testé (mais si ça trouve, je ne testerais pas autre chose que la plus grosse poulie, parce qu'avec mon autre rouet (qui me plaît toujours autant), je ne varie que les réglages du frein. Les bielles (les tiges qui rattachent les pédales à l'axe de la roue) sont plus courtes que sur un rouet classique, donc ça demande un peu plus de force au pédalage, qui du coup est moins fluide. Mais ça reste tout à fait jouable, la différence n'est pas aussi importante que je craignais.
Par contre, pour faire du gros fantaisie, ce n'est pas l'outil qu'il faut, le diamètre de l'orifice mesure un peu moins d'1 cm. Ca ne me dérange pas du tout, le fil fantaisie (en tout cas en gros), ça n'est pas mon truc.

Ce rouet a un côté artisanal (limite bricolo du dimanche), mais vraiment très ingénieux, que j'aime vraiment beaucoup. Le démontage de la pédale de gauche pour le transport est hyper facile. Le vissage de l'épinglier se fait en douceur et ne se défait pas pendant qu'on pédale. Le "manufacturier de rouet" a certainement bien entendu les besoins de sa moitié de fileuse avant de se lancer dans une production dépassant le cadre familial. La base est stable, ça ne valdingue pas dans tous les sens, malgré la puissance de mon pédalage (bourrin je suis, bourrin je reste).

Y a des vis, y a des écrous, des rondelles pour amortir, à vue de nez que des choses qu'on trouve en standard assez facilement par ici. Mais si un jour j'ai besoin de changer un morceau, je risque d''être un peu mal. La conception états-unienne fait que les filetages des vis et écroux ne sont pas à pas métriques. Et il y a quand même une pièce usinée (et forcément, comme elle s'adapte au reste, elle non plus n'est pas à pas métrique), ce qui fait que si les filets doivent fatiguer un peu trop à l'usage, il faudra que je trouve un usineur local pour me refaire la petite pièce spécifique qui n'est pas en standard.

Enfin, jusqu'ici les pièces métalliques vont bien. Pour le moment, je ne trouve qu'un seul inconvénient à cette belle bête (parce que oui, il est vraiment mignon le petit rouet) : c'est le bruit. Pas le bruit du frottement de la poulie sur la roue (je savais que ce rouet n'était pas vraiment silencieux avant de l'acheter et ce bruit-là, je l'avais déjà entendu sur des vidéos), pas non plus le claquement éventuel des bobines quand elles présentent un peu de jeu (j'ai ça parfois aussi sur mon premier rouet - que j'aime toujours autant). Non, y a des bruits autres : claquements (légers certes, mais claquements quand même) au niveau de la pédale gauche, et un peu moins vers la pédale droite. Les charnières d'origine, celles qui fixent les pédales à la barre fixée sur le socle sont en plastique. Comme ce rouet a déjà servi, il montre des signes d'usure là où les charnières en plastoque plient. Ni une, ni deux, j'ai filé au bricolala le plus proche de chez moi pour acheter des charnières métalliiques, mais je n'ai pas trouvé de vis sans fraisure (c'est-à-dire avec une tête qui fait angle droit avec la tige de la vis). Ca bouge moins avec mes charnières métalliques, mais ça présente parfois un jeu latéral au pédalage, ce qui génère des petits couinements/grincements . C'est désagréable et ça donne de petits à-coups sous mes pieds, qui forcément doivent se répercuter sur mes genoux, puis sur mes hanches. Et, vu mon grand âge (et peut-être un héritage génétique peu favorable), toutes ces parties de mon corps sont fragiles, donc à ménager. Y a d'autres petits bruits aussi, dont je n'ai pas encore identifié l'origine. Quelques réglages restent à faire, mais je ne suis pas inquiète, je devrais réussir à réduire le volume sonore de la bête, tout en améliorant mon confort, avec le soutien indéfectible de l'individu qui partage mon temps libre. Honnêtement, si je ne vivais pas avec cette si jolie personne, j'aurais sans doute opté pour un rouet portable de compète, le genre qui te coûte un bras, mais qui tourne tout en douceur, quitte à attendre beaucoup plus longtemps avant de pouvoir me l'offrir.

En attendant, je l'aime déjà beaucoup ce petit rouet !

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24 février 2018

Il est là !

L'occase en or est arrivée plus vite que prévu. C'est un Hitchhiker, d'occasion, à un prix très raisonnable, venu du Colorado (l'air de rien, le savoir m'a fait réviser ma géographie), acquis auprès d'une vendeuse tout simplement adorable, qui a réussi à dégoter un tarif assez incroyable pour les frais de port, en n'encaissant rien tant que le colis n'avait pas déjà bien entamé son périple. Elle a trouvé un transport plus rapide que ce qu'elle annonçait au départ, pour le même prix. Un dialogue fluide, facile, sans entourloupe, le genre d'échange qui te dit que tu peux faire confiance, sans aucune réticence. Même avec des fileuses du cru, avec lesquelles le fossé culturel ne devrait normalement pas exister, on n'a pas toujours cette qualité de contact.

Ses photos à elle m'ont impressionnée, c'est en grande partie ce qui m'a décidée à acheter la bête, alors, je les copie ici. J'avais dans l'idée d'acquérir un Roadbug, mais quand j'ai vu les images, je n'ai pas tergiversé bien longtemps.
Beau comme un neuf le rouet, il a été soigné et pourtant il a servi.

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On va me dire, que cet achat n'est pas bon pour mon empreinte planétaire et on aura raison. J'ai suivi ses pérégrinations tous les jours depuis le 20 février, il est passé par Denver, puis San Francisco, puis New York, puis Paris (le 23), avant de suivre les chemins (certainement tortueux) qui allaient le mener jusqu'à moi, pas plus tard que ce midi.

Mais, tout bien réfléchi :

1. Pour réduire ma vilaine empreinte planétaire, je ferais mieux d'arrêter les déplacements (pas toujours utiles) pour le boulot.
Ouais, d'abord ! Même que changer de boulot ne serait pas forcément une mauvaise idée non plus.

2. J'ai un nouveau jouet, que j'ai remonté sans difficulté, qu'est léger, portable et qui m'a déjà montré qu'il peut faire un fil tout fin, comme je les aime, à peine il était monté. Je crois qu'on va très bien s'entendre tous les deux.

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05 février 2018

Non mais, franchement, est-ce que j'ai vraiment besoin d'un nouveau rouet ?

Euh, clairement, la réponse est non... Mon kiwi 1ere génération fait jusqu'ici tout ce que je lui demande. Bien qu'acheté d'occase début 2007, il a toujours la même courroie en polyuréthane, qui supporte les extensions et réductions de tension que je lui impose, sans problème, depuis plus de 10 ans et sans moufter. Il est facile à vivre, alors franchement pourquoi j'irais m'embêter à acheter un autre rouet ? Hein, franchement ?

Le même se laisse transporter sur le siège arrière du pot de yaourt qui me sert de voiture, attaché avec la ceinture de sécurité, comme il faut, ne prenant qu'une place à l'arrière. Alors ? Ben, je sais, puis je le lâche pas, mais j'ai pourtant envie d'un truc pliable, tout petit, en tension écossaise, voire en double entraînement. C'est raisonnable ? Non ! Je vais craquer et en acheter un autre ? Je ne sais toujours pas. J'ai déjà failli (et à plusieurs reprises), alors je garde les yeux ouverts et j'évalue perpétuellement les intérêts et inconvénients de tous les rouets qui semblent répondre à mes attentes, avec une nette préférence pour un rouet de deuxième main, rien que parce que j'aime l'idée de prendre soin d'un rouet qui a déjà servi.

Il y a presque un an, j'ai failli acheter un Sabrina à deux pédales, d'occasion, mais il s'est passé un truc bizarre entre moi et la vendeuse, parce que le lot de fibres dont elle voulait absolument se débarasser ne m'intéressait pas vraiment. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi, mais les échanges sont devenus acerbes, en tout cas de son côté. Je ne le sentais pas, je n'ai pas plié : la vente a foiré. J'ai su plus tard que son très joli rouet est parti chez une fileuse que j'aime vraiment beaucoup pour ce qu'elle raconte et ce qu'elle fait. Alors pas de regret... D'autant plus que si j'en prenais un neuf aujourd'hui, il me coûterait sensiblement la même chose que ce qu'elle proposait. Le temps d'attente avant livraison d'un rouet neuf à façon, je m'en fous un peu :  je suis patiente et je sais que parfois, ça vaut le coup d'attendre. Enfin, le budget pour un Sabrina tout neuf est malgré tout un peu élévé (850 dollars US quand même, sans compter les frais de port). Même si je me dis que quelque part, un Sabrina serait trop joli pour moi, trop délicat (j'aurais une trouille bleue de l'abîmer), je ne l'écarte pas complètement. Ceci ne m'empêche pas de continuer à voir si un autre rouet ne serait pas un joli complément à mon mien.

Dans le registre pliant, Ashford propose le Joy. Mais mon kiwi est un Ashford et j'imagine qu'il sera trop proche de ce que mon mien fait et je ne veux pas devoir balancer entre l'un ou l'autre. OK, on élimine le Joy...

Bon, y a aussi le Little Gem de Majacraft, mais je crois que je fais un blocage sur Majacraft, à cause de tout ce que j'en ai lu sur les éventuelles fragilités du bois et aussi pour avoir testé un Aura (la bête de course ultime, paraît-il). Je n'ai pas du tout aimé l'expérience. Alors, même si cette mauvaise expérience était probablement due à un mauvais réglage, je fais ma tête de mule et j'élimine le Little Gem, surtout que le prix est carrément rédhibitoire pour un achat coup-de-tête (réfléchi, le coup-de-tête, mais coup-de-tête quand même, puisque mon mien de rouet fait tout ce que je lui demande).

Golding a également sorti une version de rouet pliable, qu'est juste beau (comme la plupart des choses que Golding peut produire), un peu plus de 6kg, ce Gossamer (gossamer = toile d'araignée pour les yankis), mais il est vraiment trop beau pour moi (j'aurais même peur d'y toucher) et j'ai pas 2000 dollars US à mettre dans un rouet. Donc, on oublie.

Schacht a sorti le Sidekick. Mais le budget est un peu au-dessus de ce que j'envisage d'y mettre, même si c'est probablement justifié et je ne suis pas sûre que 6kg de poids fasse une grosse différence avec mon mien (que j'aime... J'insiste !).

Kromski a sorti le Sonata. Bon, il fait un kg de plus que le Sidekick, mais Kromski, c'est fait en Pologne, c'est donc plus local (et ça aussi, ça pèse un peu dans le choix). Et question budget, c'est jouable, moins de 450€.

Louet a sorti le Victoria. Il est moins lourd que les deux précédents, moins cher que le Schacht, un peu plus que le Kromski, mais il reste en-dessous des 600€. Louet, c'est au Pays-Bas, donc encore plus local pour moi que la Pologne.

Ces trois derniers rouets, je les ai vu en fonctionnement, mais je n'ai pas osé demandé à essayer. Un essai reste jouable dans les mois qui viennent, au moins pour le Sidekick et le Sonata, ça m'en dira peut-être plus.

Plus local encore, il y a les rouets de Fabrice Rodier, un tourneur sur bois français en cheville avec le gang des teigneuses, qui a bien voulu relever le défi. Son Tanguy m'avait tapé dans l'oeil. C'est du local, pile-poil dans mon budget (et même mieux), mais le Tanguy n'a qu'une seule pédale, même s'il semble très stable. Et là, je bloque... Mes articulations font souvent des siennes (parfois ça fait carrément mal) et même si techniquement, j'imagine qu'on peut changer de pied qui pédale, je n'ose pas imaginer comment ça pourrait être pour mes épaules et mes bras. J'attendais que les ateliers Rodier sortent une version de Tanguy à deux pédales, mais ça n'est pas fait. Par contre, ils ont sorti le Nona qu'est beau, ouvragé comme pas possible et pour lequel j'ai failli craquer. Sauf que faute de pouvoir tester, j'ai regardé les vidéos. Et j'ai eu comme un doute sur la stabilité de la bête, sans compter que je n'apprécie pas trop les anneaux coulissants de l'épinglier (j'aime les crochets, sais pas pourquoi, mais c'est comme ça). J'ai des côtés bourrin dans la plupart des choses que je pratique, c'est pas forcément brutal, mais il n'en reste pas moins que j'ai besoin d'une bête de trait qui puisse me suivre sans jouer les chochottes, sans aller d'un côté ou de l'autre (et mon mien de kiwi reste bien au sol sans tanguer). Si mon nouveau rouet doit présenter des défauts trop importants par rapport à mon mien, il se retrouvera revendu fissa. Donc, au moins tant que je tergiverse, j'oublie ces options vraiment locales, malgré leurs innombrables atouts.

Parmi les pistes à explorer, il reste encore des rouets yankis qui ressemblent pas mal au Tanguy.

D'abord le Pocket wheel. De ce que je lis (et des vidéos que j'ai vu), plutôt silencieux, petit et compact (j'ai pas encore trouvé son poids exact), avec des possibilités de couleurs sur la roue pas possibles (la customisation, des fois, c'est sympa). Pas sûre que ça soit écolo plein pot, mais bon... Compatible Woollee winder (système révolutionnaire d'enroulement du fil sur la bobine, t'y touches pas, ça répartit tout comme il faut tout seul là où il faut), sauf que jusqu'ici j'aime les crochets de mon kiwi (je sais, je l'ai déjà dit) et que ça ne me dérange pas de m'arrêter 3 secondes pour bouger mon fil d'un crochet à l'autre. Ceci veut dire que la compatibilité Woolee Winder me laisse de marbre, même si je note qu'il y a de la recherche et que pour d'autres, c'est sans doute pas con. Bon, il est petit, il est compact, mais pas donné non plus (même si une fois encore, c'est sûrement justifié), mais esthétiquement, je trouve la ligne un peu trop épurée. Je n'écarte pas, mais comme j'ai une copine pas loin qui en a un, je vais peut-être pouvoir le tester avant de me décider. Il y a au moins un an de liste d'attente, mais ça n'est pas forcément dramatique. Si je craque pour celui-ci, je saurais attendre.

Ensuite, il y a ce que fait Merlin Tree. Là, ça me cause mieux, d'emblée... The Merlin Tree fait des versions de kiwi pliable. En gros, il te prend un kiwi chez Ashford, coupe et adapte pour que les pédales du kiwi se replient. C'est pas aussi joli, ni aussi fini que chez Golding, sûr. Tout ce que ça fait, c'est rendre pliable un bon cheval de trait. Mon kiwi restera non pliable, parce que je l'aime trop pour lui faire subir un outrage supplémentaire. Par contre, en complément à mon mien, je verrais bien un Roadbug. J'adore l'aspect des pédales, l'épinglier à des crochets (yessss !) et on peut y mettre des bobines Ashford standard. De ce que je lis, ça n'est pas le rouet le plus polyvalent qui soit et le frottement de la poulie sur la roue en bois est bruyant, certaines disent qu'il faut monter le son de la télé si on file en regardant l'écran (quelque part, m'en fous, j'ai pas la télé). J'ai été à deux doigts d'en acheter trois d'occasion, mais les frais de port depuis les US ou le Canada et autres taxes possibles ont échaudé les vendeuses (bizarrement les vendeurs pro trouvent tous des transporteurs moins onéreux). Puis je suis tombée sur l'offre d'un Hitchhiker venu de Belgique. J'ai tergiversé, parce qu'il n'avait qu'une seule pédale et parce que j'aime moins l'aspect de la poignée supplémentaire. Puis j'ai vu que Merlin Tree proposait un kit pour monter une deuxième pédale. Chic, chic, chic, je me disais, c'est jouable et question prix, ça le fait carrément. Euh, sauf qu'il m'a fallu trop de temps pour me décider. Quand j'ai fait signe à la vendeuse, ben le rouet était vendu.

Bon y aurait aussi Bumblebee et Lendrum, mais il faudrait que j'en apprenne plus sur ces rouets et que je trouve un distributeur pas trop loin.

J'en suis là de ma réflexion, je ne suis pas terriblement pressée, heureusement. Le Roadbug a pour l'instant ma préférence (surtout que j'imagine qu'il ne supplantera pas mon kiwi). Sauf si je tombe sur l'occase en or, je vais tâcher de tester ceux que je pourrai, avant d'arrêter mon choix. Un jour prochain, il est bien possible que j'ai un nouveau rouet.

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26 décembre 2017

L'usine à chaussons a tourné

Pour compléter la panoplie de bébé de plach'ig bihan, un bonnet framboise et des chaussons qui iront avec le petit gilet (la photo est floue, mais je ne peux pas la refaire, le paquet est déjà parti vers sa destinataire).
Il a fallu adapter un peu le bonnet, mais ça s'est fait tout seul. Et là encore, tout est filé main.

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Les petits chaussons sont tout faciles à faire et semblent vraiment tout confort : alors, chauffe Marcel ! J'en ai fait deux autre paires pour une petite licorne et un lutin des bois qui sont arrivés par ici il y a peu. Ca a été l'occasion de tester la holst garn (en rose clair) et la zauberball (tricotée en double avec du fil nylon de chez pingouin). Le rose fuschia, c'est de la regia, sans surprise, un vrai fil à chaussettes, un peu sec.

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Un vrai bonheur à tricoter que ces fils jusqu'ici inconnus pour moi. Les variations de couleur de la zauberball me faisaient de l'oeil, je suis repartie sur des chaussettes, pour voir  comment elle se comporterait tricotée seule. Pareil, du bonheur, en 2,25 pour une belle définition du point. Mais autant je suis désormais convaincue par les numéros intermédiaires, autant, je suis moins convaincue par mes double-pointes en carbone. Quand on tricote serré, ça accroche un peu et les pointes sont un tantinet trop longues à mon goût. Ca reste parfaitement jouable, mais rien ne vaut mes addi à pointes courtes (faudrait d'ailleurs que j'en trouve d'autres).

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21 octobre 2017

Defil26, septième quinzaine

Du jaune, résultat d'une teinture au curcuma (qui ne tiendra sans doute pas), destinée à être retordue avec du Landes de Bretagne, parce que je me dis que si ça s'éclaircit vraiment beaucoup, le gris du Landes devrait permettre que ça reste joli.
Et un petit écheveau de rien du tout : Ouessant noir et soie de sarie recyclée, plutôt doux, plutôt gonflant (fallait que j'essaie, parce que j'ai offert une nappe avec tout ça il n'y a pas longtemps et je me suis demandée si finalement, ça n'était pas un cadeau foireux. Suis contente, je crois que c'est un joli cadeau).

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Et une petite bobine d'Ouessant noir qui se remplit doucement (pas de photo).
Mais, aujourd'hui où avec d'autres, j'ai partagé les mains qui s'activent, les chiens qui dorment, les bouches qui racontent des choses (souvent marrantes et toujours instructives) après avoir mangé (du bon et du très bon).

Les monts d'Arrée, c'est beau et on y trouve toujours des gens intéressants (même si techniquement, il peuvent venir d'un tout petit peu plus loin).

J'ai pu mettre des visages et des voix sur des noms que je croise souvent ici ou là : petit bonheur précieux que je suis toute contente d'avoir eu aujourd'hui et qui atténuera certainement les humeurs maussades à venir (à cause du boulot, des trucs qui marchent jamais et autres ennuis, plus ou moins pénibles). Je me sens privilégiée d'avoir été invitée à une si belle rencontre.

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19 septembre 2017

Zwartbles

Fin 2016, je m'en vais chercher chez ma copine Claire deux kilos de toison (triée, mais pas lavée) de Zwartbles, élevées en Finistère ou pas très loin (à l'occasion, il faudra que je lui demande où). Devant la profondeur de ce noir, je craque. C'est moyennement doux, mais on s'en fout. Dès que les beaux jours reviennent, je lave (par fermentation, comme d'hab), j'aère, je sèche et je m'apprête à filer. Sauf que... la fibre n'est pas comme du Ouessant (mais alors pas du tout, du tout), les mèches sont très bien séparées, mais presque compactes après lavage, ce qui rend un écharpillage aux doigts un peu ardu (et surtout, très, très lent). Alors, je peigne, puis je file, quand je peux, en intercalant régulièrement des bobines d'autre chose, pour ne pas me lasser. Petit à petit j'avance et, en me demandant, au soir du 13 août, ce que j'allais faire pour ma deuxième quinzaine de Defil26, je me suis rendue compte que sur les deux kilos de départ, il ne me restait plus que ce qu'on voit sur la première photo. Il n'y avait donc plus qu'à finir de peigner ce petit reste (c'est long le peignage, bien plus long que le filage).

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Mais, avec ce traitement, les pointes décolorés s'estompent et le noir reste d'une profondeur assez impressionnante, malgré de temps en temps un poil blanc plus épais, voire une mèche ou deux, blanches et pas noire (que je retire). A vue de nez, j'avais de quoi faire encore un ou deux bons gros écheveaux de 100g ou plus, filé assez gros, retordu sur lui même, en retors simple à deux brins.

Le peignage, c'est ce qu'il fallait à cette fibre, ça a permis de détecter et d'éliminer la poussière et les brindilles, mais surtout les recoupes. Parce que dans tout ce noir, il y avait quand même pas mal de recoupes qui se cachaient ici ou là. Le micronnage de la fibre (c'est moins fin que du Ouessant de compète) fait que les recoupes m'ont semblé tout simplement impossibles à intégrer (ni vu ni connu) au filage.

Au 13 août, j'en avais déjà 6 écheveaux, mais la balance m'a dit que ça ne faisait qu'environ 900g.

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J'ai rajouté deux écheveaux, le premier d'environ 100g, le deuxième d'un peu moins.

En gros, ça veut dire qu'environ la moitié de ce que j'ai récupéré est partie au compost.
Ca me semble beaucoup, mais en y repensant c'est plus que probable. En tout cas, j'ai fini et j'en ai assez pour faire un pull adulte (c'était le but), peut-être pas un irlandais (les torsades mangent beaucoup de fil), mais je tâcherai de faire des calculs et quelques échantillons avant de me lancer.

Yapluka !

 

 

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24 juillet 2016

Tour de fleece, c'est parti !

Me suis inscrite dans l'équipe Tricot&Co sur ravelry, avec des objectifs plutôt modérés.

Parce que je me suis dit que ça serait plus simple à mettre à jour, tout sera dans le même message, modifié au jour le jour.

Et si vous ne savez pas ce qu'est le Tour de fleece, Mélanie l'a très bien expliqué l'année dernière.

Objectifs de cette année : Filer un peu tous les jours, écouler mon stock et faire assez d’un joli fil naturel uni pour un beau tricot Aran
Fibre : du lin, de la ramie, du chameau, du Ouessant (plein de Ouessant)
Technique ou préparation à essayer : du tout seul et du retors
Cadeau : Au moins 100g de Ouessant, que j’aurais préparé pour qu’il soit prêt à filer facilement. Attribué par mes soins à celle qui aura fait quelque chose qui m’impressionne vraiment (ou alors, attribué par mon tirage au sort, parmi tous les trucs qui m’impressionneront, parce que je sais déjà qu’il y en aura plein).

2 juillet

démarrage en douceur : du Ouessant écru à écharpiller avant de le filer puis de le retordre en navajo (retors chaînette). Mon gilet modulaire tricoté n'a pas beaucoup bougé, il me faudra de toute manière pas mal de fil pour le finir, dont de l'écru...

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A 22h30, je suis arrivée au bout d'un petit retors navajo.
57g pour 75,05m.

Bon j'ai triché un peu, il y avait déjà un petit peu de nuage filé en tout seul sur la bobine

Il me reste à le laver.
J'attendrai pour ça d'avoir d'autres bobines pleines

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3 juillet

aujourd'hui, ça sera chameau, tout fin, tout fin, sur un fuseau traditionnel plutôt lourd (90g quand il est vide).

Demain, j'aurais moins de temps libre qu'aujourd'hui, j'avancerai un peu là-dessus (mais sans doute pas beaucoup).

Bébé chameau sur un fuseau traditionnel

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4 juillet

pas de quoi mettre une photo qui montre la différence avec la production d'hier. Juste quelques mètres de plus, mais j'ai l'impression que je deviens plus rapide et ça reste pas mal régulier.

5 juillet

on en rajoute un peu sur le fuseau, on en fait une petite pelote sur la bobineuse et hop, un retors andin au rouet, environ 56,50m pour 18g. Je ne sais pas si ça nous fait une épaisseur "lace" ou "fingering", mais pour être honnête, ça ne m'importe pas vraiment. Je suis assez contente de moi.
Je vais devenir une pro du retors andin et mon fuseau que je trouvais vraiment difficile, quand j'ai commencé à jouer avec, me plaît de plus en plus.
Demain, je tâche de mettre un peu d'ordre dans ce qu'il faut que j'emmène au festival et soit je continue dans le Ouessant, soit je sors la cardeuse. Ca sera en fonction de l'humeur.

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6 juillet

finalement, j'ai continué le bébé chameau, mais au rouet, avec un fil bien plus épais. J'ai fini la première bobine en fin de matinée, attaqué la deuxième dans l'après-midi, mais je ne sais pas si je pourrais faire des photos avant la nuit. Au pire, ça sera demain, avec en prime la photo du retors à deux brins qui suivra, probablement dans la journée.

7 juillet

tranquillement, après un réveil en douceur et quelques tasses de café, on finit la bobine à remplir. On colle les deux bobines sur le cantre, on sort l'épinglier jumbo, au cas où ma troisième bobine standard déborderait et on pédale dans l'autre sens. Résultat : un écheveau assez doux qui se prêtera bien à un pull de style Aran, à vue de nez, tricoté en 4.

104g, 147,25m.

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Je ne savais pas encore (quand j'ai mis à jour le message ce matin), si j'allais avoir le temps de remettre un nouveau fil sur la bobine aujourd'hui.

Et bien si, c'est chose faite. Après avoir ouvert un sac de merveilles de petits bouts de fils triés par nuances (merci Françoise !), descendu la cardeuse et joué les américaines qui postent sur youtube - et cachent une masse musculaire impressionnante sous leur petite (mais pas systématique) surcharge pondérale, pour faire des rotations de rouleaux d'haltérophiles - j'ai sorti deux nappes, dans les tons verts. 

Bébète, ma voisine et copine dirait encore que ma cardeuse ne mérite pas un aussi mauvais traitement, mais ça défoule, ça fait du bien et le résultat me semble prometteur. Demain, je finis le filage et je fais voir le retors.

8 juillet

bilan de la fin d'après-midi d'hier et d'une petite matinée de pédalage. Trois petits bols pour montrer le résultat de trois étapes de recyclages de bouts de fils divers et variés. Ils seront sur le stand que Kanisha et moi tiendrons dès demain au festival de Commana, histoire de faire voir (et toucher) qu'on peut faire un fil pas trop moche avec des choses qui seraient normalement parties à la poubelle.

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Au contact, c'est surtout, voire uniquement de l'acrylique. Le retors est fait au fil à coudre noir. C'est un peu brillant, ni rèche, ni extrèmement doux. Je le verrais plutôt dans un tissage décoratif que dans quelque chose à porter. Le petit écheveau fait 41g, 72,50m. J'aurais pu en faire plus, mais ça n'aurait pas été prêt pour le festival et il me reste encore à préparer pas mal de choses avant de décoller pour les monts d'Arrée, tôt demain matin.

9 & 10 juillet

Week-end plus que sympathique à Commana. Kanisha avait ramené trois moutons et à nous deux, nous avons animé un stand, dont le propos essentiel était de montrer qu'on peut faire des choses assez incroyables avec les toisons des tout petits moutons d'Ouessant. Pas la peine d'aller jusqu'en Australie pour trouver des fibres fines et douces qui se prêtent à tout ce qu'on veut.

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Les gens se sont succédés autour de nous, tous sympathiques, tous curieux. Non seulement, il y avait des fileuses, tricoteuses, crocheteuses, tisserandes, aguerries, mais aussi du public, local ou un peu moins, juste désireux d'en savoir plus. Un vrai succès !

Les après-midi, nous étions programmées pour montrer comment on trie une toison, avant de la laver. L'idée était de partir de la toison qui était tondue sur place, aux forces. La toison du samedi était douce, mais on ne pouvait en garder que très peu. Celle du dimanche par contre était un petit bloc compact, feutré, irrécupérable. Heureusement, nous avions prévu des toisons de notre côté. Les gens ont pu voir, mettre les mains dedans, humer, trier et découvrir. Je crois que ça a plu.

Sans Kanisha, tout aurait été nettement moins joli sur le stand. Nous avons été si sollicitées, occupées à répondre à des questions diverses pendant ces deux jours, que nous n'avons pas pu voir grand-chose d'autre du festival. J'ai raté les essais d'autres rouets (alors que j'avais prévu d'en profiter), l'étape du tour de fleece, les explications des gens de la filière lin et quasiment tout le reste.

Mais je suis malgré tout très contente d'avoir pu participer à cette première édition d'un festival breton. J'en garderai un excellent souvenir de personnes croisées parfois depuis un bon bout de temps sur les forums, avec qui on échange une foule d'idées et qu'on rencontre enfin en vrai, pour découvrir avec plaisir qu'on partage encore plus de choses que ce qu'on pensait.

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11 juillet

en matière de Tour de fleece, pour moi les deux derniers jours étaient hors course, j'ai filé, mais surtout des petits bouts, pour faire voir comment on fait, aidé certains à tenir un fuseau et à comprendre le principe, voire le geste. Aujourd'hui, c'est repos officiel sur le tour. Ca tombe bien. J'ai besoin de récupérer un peu.

12 juillet

étape de montagne, même si je ne l'avais pas vraiment mise au programme quand je me suis inscrite.

Ce matin, avant d'attaquer l'étape du jour, en me décidant à ranger les écheveaux, pelotes et bidules-trucs toujours dans des cagettes au retour du festival,  je suis tombée sur un petit paquet de poils de chats que Kanisha m'avait amenée pour la démo, mais qu'on avait même pas eu le temps de sortir. C'est en remballant tout le dimanche soir qu'elle a retrouvé quelques sachets, avec du caniche, du chat et d'autres choses. J'ai touché le poil de chat et je lui ai dit que je le prenais, parce que contrairement aux poils de mon chat à moi, que j'ai filé pour rire avant le festival, c'est vraiment très très doux et un peu plus long aussi. Mes doigts ont tout de suite plongé dedans. Le fait d'avoir vu la bête en photo avant m'avait déjà fait envie, mais c'est le contact qui m'a fait prendre ce petit sac, juste au cas où, un jour... Tu parles, Charles ! A peine j'ai retouché ce matin, à peine je me suis mise à faire un petit nuage aéré de toute cette fibre.

Dans l'ordre des photos : la chatte qui a bien voulu laisser partir une partie de ses poils et le paquet de poils que j'ai ramené chez moi, avant écharpillage.

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Au bout d'un peu plus de 4 ou 5 heures (étalées dans la journée, c'est bien les vacances), j'en ai fait une bobine.
Je l'avais lu, je le savais pour avoir testé, mais le chat, ça feutre en moins de deux. L'écharpillage m'a pris presque autant de temps que tout le filage. J'ai alterné les deux pour ne pas me lasser.
De la bobine, j'ai fait une pelote.

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Et de la pelote, j'ai fait un retour andin, en galérant un peu (il faut le dire, parce que même quand il est déjà en fil, le chat s'agglomère avec lui-même plus vite que son ombre et quand ça part en vrille, il faut rester patient pour détortiller tous les tortillons avant de pouvoir tirer à nouveau le fil qui sort de la pelote.

J'en ai 10g (je ne pouvais pas tirer plus du paquet que j'avais) pour environ 31,30m.

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C'est d'une incroyable douceur, un peu vaporeux certes (mais nettement moins que les poils de chien et de chat que j'ai filé auparavant). Et si ça n'était pas aussi long comme processus, j'en ferai bien plus.
Moralité : le chat oui, mais à condition que ça soit du persan, du maine coon, du rag doll ou tout autre félin présentant des poils aussi doux et aussi longs et à condition aussi qu'on ne soit vraiment pas pressé du tout (et pourtant tout ceci a été fait au rouet).

13 juillet

petite journée pour le travail de la fibre, juste de l'écharpillage d'Ouessant. La photo, si je l'avais prise, serait presque identique à celle du 2 juillet.

14 juillet

petit écheveau de Ouessant blanc : 45m, 28g et juste à côté le mini écheveau toujours en Ouessant, que j'ai fait dimanche dernier au festival, juste pour montrer à Gypsy comment on faisait : 18m, 14g. Je crois suis sûre que filer du blanc et que du blanc m'ennuie un peu. Demain, ce sera tout sauf du blanc.

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15 juillet

Fée d'automne m'a fait il y a quelques semaines une nappe superbe, faite de mouton à poil long, de viscose noire et de soie blanche. Une tuerie, toute facile à filer tellement tout est doux et aligné dans le bon sens. Je voulais de la couleur, je l'ai filée.

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16 juillet

Cette nappe de Fée, c'est 120g de bonheur que je continue à travailler, en me coupant des nouvelles du vrai monde autour, du voyeurisme indécent de pseudo-journalistes voulant faire du sensationnel, des polémiques stériles de dirigeants résolumment à côté de la plaque, des discours des experts qui en savent moins que moi et autres nouvelles affligeantes.

 

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Demain, je retords !

17 juillet

retors tout simple, à deux brins. Je ne suis jamais vraiment sûre de mes métrages, mais là j'ai recompté le nombre de tours sur mon bel échevaudoir de 1,86m d'envergure, en rajoutant la longueur du bout de fil qui ne faisait pas un tour complet : j'arrive à 120g, 338m.

 

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18 juillet

petite virée dans le luxe absolu : une tresse de l'Atelier du chat noir, qui m'a été revendue par Claire des Bruyères.

Premier constat : le luxe absolu sent le patchouli plein pot. Je ne déteste pas, mais je me demande qui, de Claire ou de Christie, a pu parfumer la tresse de cette manière. Je suis quasiment sûre que les mites n'aiment pas. Mais, étrangement, ça me ramène dans les années 70, quand une de mes soeurs aînées s'aspergeait copieusement de la chose. Ca fait comme une interférence avec mon idée du luxe absolu.

Deuxième constat : il faut étirer la tresse après avoir défait plusieurs mailles. Ca doit être un truc avec les tresses, j'ai ressenti la même chose avec une chaînette pure shetland venue du pays de Galles. Moralité : je crois que je préfère les nappes aux tresses. Avec une nappe, on peut attaquer tout de suite.

Troisième constat : le mélange wensleydale + soie est tellement bien mélangé qu'on se demande en le filant si ça n'est pas que de la soie. J'en déduis que le wensleydale offre une fibre bien longue. Du coup, on est finalement pas mal dans le luxe absolu, malgré le patchouli.

Filage en quasi étirage par l'avant (long draw), retors avec un fil à coudre bleu roi. Si j'avais laissé le fil tout seul, il aurait manqué de "oumpf" et aurait eu un côté presque barbie que je je ne saurais sans doute pas marier à autre chose.

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102g, 231m

19 juillet

jour de repos pour le tour, jour de canicule par ici. Enfermée à l'ombre, avant de faire des courants d'air, partout dans la maison, je me suis liquéfiée, j'ai bu de l'eau et j'ai juste écharpillé un peu de blanc. Avec la lampe, il avait l'air moins blanc, c'était moins lassant que d'habitude. Et du blanc, il m'en faudra encore pour finir mon gilet. Pas de photo qui vaille la peine d'être montrée, un nuage d'Ouessant ressemble presque toujours à un nuage d'Ouessant. Demain, les températures devraient redevenir plus normales. Je filerai sans doute du blanc et peut-être autre chose.

20 juillet

le blanc, comme prévu, avec l'apparition d'un paquet de noeuds (pas prévu par contre), la résolution du paquet de noeud et un nouveau retors navajo.

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40g, 41,30m.

Sauf si je me suis complètement plantée pour le métrage des autres, on pourrait croire que c'est vraiment complètement irrégulier et un peu n'importe quoi, sauf que mes trois écheveaux d'Ouessant blanc ont à peu près le même aspect et que je sais déjà que le tricot pardonnera tout !

21 juillet

parce qu'après le blanc, il me faut de la couleur (pour éviter la dépression), j'ai repris le lin, le coton et la ramie pour compléter ma collec' de l'année dernière. Une deuxième bobine est en cours avec de la ramie indigo, pour le retors. Suis contente, je n'ai pas perdu la main, mes épaisseurs semblent correctes, ça devrait le faire. Et je trouve la chose plutôt agréable à filer.

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Avec le stock qui me reste, je devrais avoir de quoi en faire encore deux autres comme ça, peut-être même trois : assez pour un gilet j'imagine.

22 juillet

retors terminé. J'aime ce fil ! Comme je n'ai pas entièrement vidé ma bobine de ramie, je vais peut-être continuer à en faire un peu plus d'ici dimanche.
Et si j'ai le temps aujourd'hui, je m'en vais trier une ou deux toisons. J'en ai encore quelques-unes qui attendent patiemment dans leur sac poubelle.

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110g, 161,54m

23 juillet

dernière ligne droite. Demain, c'est l'arrivée. Naturellement, je me mets en queue de peloton. Par nature, je ne suis pas pressée et la plupart des choses que j'ai fait pour ce tour devront être complétées (sans doute à un rythme moins soutenu). J'ai mis sur la bobine un nouveau fil d'Ouessant noisette et je me suis retrouvée rassurée. C'est le blanc qui me fatigue, pas le Ouessant. Pas de photo. L'écheveau aura le même aspect que celui que je fais voir sur la photo du 14 juillet.

24 juillet

j'aurais pu mettre plus de fil tout seul sur la bobine, mais j'avais envie d'avoir un truc fini pour le dernier jour. C'est donc un petit écheveau qui va rejoindre ceux qui attendent d'être lavés, puis d'être tricotés.

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49g, 45,90m

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05 juin 2015

Mon nouveau jouet (que je ne maîtrise absolument pas)

Comme si j'avais du temps à ne plus savoir qu'en faire (hein, franchement !), j'ai décidé de me mettre au tissage.

J'ai commencé par le petit carré à pointes, dit "zoom loom". Ca marche bien, même si c'est un peu long. Ca m'a obligé à me mettre à la couture (pourtant, s'il y a quelque chose en quoi je ne me trouve pas douée et que jusqu'ici, je faisais tout pour éviter, c'est ça !).

Avec un peu d'imagination, on doit pouvoir faire de vrais vêtements de ces petits carrés, au-delà de la bête (mais classieuse) écharpe en damiers que j'ai déjà assemblée. Au pire, ça fait des dessous de verre, des sets de table ou des pochettes diverses et variées.

Source: Externe Source: Externe SPA51651

Puis, j'ai sauté il y a à peine une semaine, sur une occasion qui ne se présente pas trop souvent : un petit métier de table en bois, pas vraiment récent, puisque, si j'ai bien suivi, la production a commencé dans les années 40 pour finir vers 70 ou 80. C'est un tissanova A. Il est à la fois très simple et très ingénieux.

J'ai trouvé une notice de montage ici : http://www.filage-demonstration.com/docs/notice_tissanova_tous.pdf et, pour plus tard, un guide qui permet de faire des armures différentes d'une simple toile, ici : http://forum.tricofolk.info/forum/viewtopic.php?id=5721.

Sur la première photo, on voit le "régulateur" (partie qui sert à monter le fil de chaîne), sur la deuxième, on voit à quel point j'ai gazé (j'aime les euphémismes).

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Je crois bien que toutes les erreurs de débutante y sont, mais je ne m'affole pas, je continue à jouer pour le moment.

Je regrette quand même que l'espèce de triangle pas net (que je suis en train de produire) risque de n'avoir aucune utilité, une fois que je l'aurais retiré du métier.

Posté par eibhlin à 15:31 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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