18 juillet 2017

Ouessant, encore et toujours...

D'abord, deux toisons venues de Ploum', mises de côté pour Mathilde, si elle en veut...
Parce qu'elles sont légèrement feutrées, et qu'il serait compréhensible que ça la rebute.

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L'année dernière, j'avais envoyé une toison dans le même genre, pour moi parfaitement filable (et sans trop de boulot) à un autre contact, qui m'a dit à réception que tout ce poil était parti à la benne, parce qu'irrémédiablement feutré. J'en déduis que, sauf si cette toison avait vraiment souffert avant d'arriver à bon port (il lui a fallu plusieurs mois, le bla-bla-car, version transport de fibres n'étant pas toujours des plus rapides) tout le monde n'a pas le même contact ou ressenti avec une toison et certaines, peut-être plus habituées à du nettement moins rustique,  appliquent des critères beaucoup plus stricts que les miens. J'en suis encore désolée, elle était belle cette toison partie à la benne. Elle aurait pu faire un beau fil.

Et tant qu'à faire, puisque j'étais déjà dehors (malgré la canicule - non, mais, t'imagines, 26°, ici !), j'ai trié deux autres toisons, toujours d'Ouessant, qui sont parties attendre bien sagement dans la grange et qui remplaceront le blanc du mouton de race inconnue qui trempe dans mon bidon.

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Et sur mon rouet, je découvre que la toison Landes de Bretagne, se file très bien, tout fin et va donner une très belle couleur chinée, que je retorde ou non (mais je crois que j'ai bien envie de retordre à deux brins).

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11 juin 2017

J'veux du tweed (et j'en ai toujours pas)

Bien décidée à poursuivre mon expérience (narrée ici), je suis repartie à gamberger sur une solution dont le résultat correspondrait enfin à ce que je recherche. Alors, j'ai voulu essayer avec un navajo, parce qu'avec ce retors-là, mes deux mains travaillent assez facilement de concert, donc ajouter des petites touches de couleurs ici et là au retors chaînette, sur un fil fin, tout seul, ça me semblait faisable. J'ai préparé mon fil tout seul, filé fin en Ouessant noisette sur ma bobine. Jusque là, c'était bon. Ensuite, j'ai préparé mes petites méchouilles de couleur, pour faire comme Tine, mais intégrer les mèches dans les boucles, au lieu de les mettre entre les deux fils d'un retors à deux brins.

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On se rapproche, mais j'ai ramé et (pas qu'un peu). C'est pas laid, certes, mais je ne suis pas certaine que les fibres de couleur se tiendront bien dans un tricot (et j'aime quand ça se tient bien), alors, re-gamberge et je repars sur un petit fil tout seul, filé fin en Ouessant blanc sur ma bobine. Sauf, que là, j'intègre directement les touches de couleur dans le tout seul. Ensuite, je retors, toujours en navajo.

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On se rapproche là aussi, mais c'est toujours pas ça. Sans doute parce que mes petites plages de couleur sont trop longues sur le fil tout seul.

Enfin bon, j'ai de quoi faire des bonnets et des bonnets (ou autre chose) avec ces fils tweedés qui n'en sont pas vraiment.

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L'aventure n'est pas finie pour autant...

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Landes de Bretagne, le grand frère du Ouessant

Et zou, la toison de Dinéault étalée dans l'herbe, dûment humée, papouillée, triée, histoire de profiter d'une jolie fenêtre météo.

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C'est la première toison de l'année à s'en aller fermenter dans le bidon. D'autres suivront après le 21 juin (jour de la tonte chez mes copines qui ont des moutons d'Ouessant noirs). Je vais sans doute réorganiser un trafic contre frais de port quand je les aurais, ça en fera sans doute trop pour moi, d'autant que j'en ai encore de l'année dernière, propre, qui attend patiemment que je trouve le temps d'en faire quelque chose.

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02 octobre 2016

premier week-end d'octobre, il fait encore beau, j'en profite

Deux toisons d'Ouessant sorties de leur bidon et rincées, mises à aérer/rincer sur mes cagettes en plastique bleu. Elles passeront quelques jours, voire quelques semaines à évacuer tranquillement l'odeur avant que je finisse de les sécher (s'il y a besoin) dans le garage. Je n'ai plus de stock d'eau de pluie. Un nouveau bidon (plus gros) va prendre sa place sous la gouttière. C'est qu'il en faudra de la flotte pour rincer la suite.

Deux kilos de Zwartbles (merci Claire) qui prennent leur place (enfin techniquement : un kilo dans un bidon, le deuxième dans un autre, le volume total était trop important pour la soupe du premier bidon). Comme les jours ont raccourci et que ça s'est rafraîchi, on va laisser plus de temps à la fermentation du Zwartbles. Ca tombe bien, le bidon d'eau de pluie devrait avoir le temps de se remplir.

Quatre toisons blanches, récupérées la semaine dernière, mais dans leur jus de sac poubelle depuis juin. A l'ouverture des sacs, l'odeur est presque  problématique pour moi (je n'ose pas imaginer ce que ça serait pour quelqu'un d'autre). Le moisi, ça prend le nez ! Aucune idée de la race des moutons qui ont donné leur toison, quand j'ai posé la question on m'a répondu : "c'est du classique". Je décide de les trier. J'arrive à en "sauver" 100 ou 200g. Le reste pue vraiment trop le moisi, me semble décoloré (d'un jaune pisseux, tirant sur le brun pas beau), de manière irréversible, crotté, farci de débris de toute sorte. Alors, tous les rebuts s'en vont orner mon talus, entre les orties et les ronces. La nature fera son travail pour dégrader tout ça comme il faut et si elle prend son temps, on s'en fout. Là où je vis, personne n'ira mettre son nez dessus.
C'est dommage, la fibre me semblait assez longue, pas trop rèche, avec un joli "crimp". Les mèches "sauvées" s'en vont tremper dans deux mini-bacs de fermentation. On verra ce que ça donne plus tard. S'il faut relaver après, ça sera fait, la petite quantité de fibre le permettra.
Mais, étrangement cette fibre ressemble furieusement au petit sac de mèches de "toison mystère" que Claire m'a données avec le Zwartbles. Le crimp est le même, pas comme sur le Ouessant, même si sur certains Ouessant, il y a parfois des crimps vraiment marqués (d'après ce que j'ai lu, mais jamais vu).

Une toison d'Ouessant noire, sortie de son sac, petite et feutrée. Elle serait "rattrapable" pour moi, dans le sens où on pourrait la rendre filable avec un peu de travail. Mais, mon seuil de tolérance est plus faible que celui d'autres fileuses. Certaines, à qui j'ai envoyé des toisons "travaillables", m'ont répondu que pour elles, c'était irrécupérable.
Juste pour essayer, je colle cette toison dehors sur une table, j'enlève la crotte et les fibres plus longues et souillées, je trempe à l'eau, je savonne au liquide vaisselle, puis au savon (plein), je trempe, j'essore, je frotte, je trempe à nouveau, je refrotte et je ré-essore avec l'idée d'en faire un tapis. Au bout du compte, la flotte exprimée du rouleau de feutrage n'est plus brune mais claire. Je laisse dehors à sécher, puis je rentre le tout quand il commence à faire frais. Je ne suis pas sûre d'avoir obtenu quelque chose de souple pour les pieds, ni même de joli, mais on verra quand ce sera sec. Au pire, ça fera un tapis ou un grattoir pour les chats.

Il ne me reste plus de fibre à mettre à tremper avant l'hiver (si on excepte le petit sac de "toison mystère" de Claire).
Ma dernière toison d'Ouessant brute s'en va dès demain chez une feutrière amateure (sympa) qui est toute contente de pouvoir tester du brut.
Et de mon côté, j'ai déjà de quoi filer tout l'hiver (et plus) rien qu'avec le Ouessant déjà propre que j'ai traité. Je ne sais pas si je pourrais augmenter ma cadence de filage, surtout que j'ai d'autres choses, bien tentantes, à filer et des tricots en cours que je verrais bien avancer. Et que pour freiner tout ça, il y a le boulot et tous les autres engagements, associatifs et autres, que je n'ai pas lâché (et que je ne sais pas encore si j'ai envie de les lâcher).

Pas grave, on fera ce qu'on peut, comme on peut et on ne se prendra pas le chou pour autant !

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31 juillet 2016

C'est l'heure de la soupe !

Le lavage par fermentation a fait récemment l'objet d'expérimentations chez d'autres fileuses-laveuses-de-toisons. Il en ressort que c'est d'enfer pour le Ouessant (ce que je confirme) et pour les autres races rustiques, mais par contre pour les races comme le mérinos, ça rend la fibre grise et cassante (trop de lanoline ?). Enfin bon, on me dit aussi que c'est très bien pour la solognote et la bleue du Maine. Je retiens au cas où je mettrais un jour la main sur du poil de ces bêtes-là.

Donc aujourd'hui, j'avais deux toisons qui trempaient joyeusement dans leur bidon depuis le 26 juin. Ca fait plus de 21 jours, durée préconisée par les experts, mais j'aurais sans doute pu les laisser faire leur affaire toutes seules pendant deux ou trois semaines de plus. Oui mais... D'autres toisons attendaient leur tour.

J'ai jeté mon dévolu sur ces deux toisons de brebis, venue de chez une copine à Ploum' et récupérées mi-juin.

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Belles nuances, pas beaucoup de recoupes, très peu de débris végétaux. En à peine une heure, le tri était fait. Il n'y avait plus qu'à ouvrir le bidon, sortir le contenu de la macération et le remplacer par ces deux toisons-ci. Ma soupe avait une bien belle couleur et l'odeur qu'il fallait. Finalement, c'est un peu comme un purin d'orties, mais en version animale.

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Une fois les jolies toisons noires dans le bidon, je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas assez de soupe pour tout couvrir. Qu'à cela ne tienne, j'ai rajouté de l'eau de pluie. Ensuite, il n'y avait plus qu'à rincer les morceaux de jolies toisons noisette, pour qu'elles reprennent les même couleurs que sur la photo postée le 26 juin.

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Je me suis retrouvée un peu juste en eau de pluie, mais tout a été rincé au moins une fois avant d'être réparti sur mes cagettes de champignon retournées et laissées au soleil. Je compte sur la pluie qu'il devrait y avoir cette semaine pour parfaire le rinçage. Si ça poque trop, je re-rincerai une fois que mon bidon d'eau de pluie sera suffisamment rempli. Quoiqu'il en soit, je lave mes écheveaux une fois filés, histoire d'être sûre que la crasse restante s'en aille ailleurs.

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24 juillet 2016

Tour de fleece, c'est parti !

Me suis inscrite dans l'équipe Tricot&Co sur ravelry, avec des objectifs plutôt modérés.

Parce que je me suis dit que ça serait plus simple à mettre à jour, tout sera dans le même message, modifié au jour le jour.

Et si vous ne savez pas ce qu'est le Tour de fleece, Mélanie l'a très bien expliqué l'année dernière.

Objectifs de cette année : Filer un peu tous les jours, écouler mon stock et faire assez d’un joli fil naturel uni pour un beau tricot Aran
Fibre : du lin, de la ramie, du chameau, du Ouessant (plein de Ouessant)
Technique ou préparation à essayer : du tout seul et du retors
Cadeau : Au moins 100g de Ouessant, que j’aurais préparé pour qu’il soit prêt à filer facilement. Attribué par mes soins à celle qui aura fait quelque chose qui m’impressionne vraiment (ou alors, attribué par mon tirage au sort, parmi tous les trucs qui m’impressionneront, parce que je sais déjà qu’il y en aura plein).

2 juillet

démarrage en douceur : du Ouessant écru à écharpiller avant de le filer puis de le retordre en navajo (retors chaînette). Mon gilet modulaire tricoté n'a pas beaucoup bougé, il me faudra de toute manière pas mal de fil pour le finir, dont de l'écru...

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A 22h30, je suis arrivée au bout d'un petit retors navajo.
57g pour 75,05m.

Bon j'ai triché un peu, il y avait déjà un petit peu de nuage filé en tout seul sur la bobine

Il me reste à le laver.
J'attendrai pour ça d'avoir d'autres bobines pleines

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3 juillet

aujourd'hui, ça sera chameau, tout fin, tout fin, sur un fuseau traditionnel plutôt lourd (90g quand il est vide).

Demain, j'aurais moins de temps libre qu'aujourd'hui, j'avancerai un peu là-dessus (mais sans doute pas beaucoup).

Bébé chameau sur un fuseau traditionnel

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4 juillet

pas de quoi mettre une photo qui montre la différence avec la production d'hier. Juste quelques mètres de plus, mais j'ai l'impression que je deviens plus rapide et ça reste pas mal régulier.

5 juillet

on en rajoute un peu sur le fuseau, on en fait une petite pelote sur la bobineuse et hop, un retors andin au rouet, environ 56,50m pour 18g. Je ne sais pas si ça nous fait une épaisseur "lace" ou "fingering", mais pour être honnête, ça ne m'importe pas vraiment. Je suis assez contente de moi.
Je vais devenir une pro du retors andin et mon fuseau que je trouvais vraiment difficile, quand j'ai commencé à jouer avec, me plaît de plus en plus.
Demain, je tâche de mettre un peu d'ordre dans ce qu'il faut que j'emmène au festival et soit je continue dans le Ouessant, soit je sors la cardeuse. Ca sera en fonction de l'humeur.

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6 juillet

finalement, j'ai continué le bébé chameau, mais au rouet, avec un fil bien plus épais. J'ai fini la première bobine en fin de matinée, attaqué la deuxième dans l'après-midi, mais je ne sais pas si je pourrais faire des photos avant la nuit. Au pire, ça sera demain, avec en prime la photo du retors à deux brins qui suivra, probablement dans la journée.

7 juillet

tranquillement, après un réveil en douceur et quelques tasses de café, on finit la bobine à remplir. On colle les deux bobines sur le cantre, on sort l'épinglier jumbo, au cas où ma troisième bobine standard déborderait et on pédale dans l'autre sens. Résultat : un écheveau assez doux qui se prêtera bien à un pull de style Aran, à vue de nez, tricoté en 4.

104g, 147,25m.

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Je ne savais pas encore (quand j'ai mis à jour le message ce matin), si j'allais avoir le temps de remettre un nouveau fil sur la bobine aujourd'hui.

Et bien si, c'est chose faite. Après avoir ouvert un sac de merveilles de petits bouts de fils triés par nuances (merci Françoise !), descendu la cardeuse et joué les américaines qui postent sur youtube - et cachent une masse musculaire impressionnante sous leur petite (mais pas systématique) surcharge pondérale, pour faire des rotations de rouleaux d'haltérophiles - j'ai sorti deux nappes, dans les tons verts. 

Bébète, ma voisine et copine dirait encore que ma cardeuse ne mérite pas un aussi mauvais traitement, mais ça défoule, ça fait du bien et le résultat me semble prometteur. Demain, je finis le filage et je fais voir le retors.

8 juillet

bilan de la fin d'après-midi d'hier et d'une petite matinée de pédalage. Trois petits bols pour montrer le résultat de trois étapes de recyclages de bouts de fils divers et variés. Ils seront sur le stand que Kanisha et moi tiendrons dès demain au festival de Commana, histoire de faire voir (et toucher) qu'on peut faire un fil pas trop moche avec des choses qui seraient normalement parties à la poubelle.

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Au contact, c'est surtout, voire uniquement de l'acrylique. Le retors est fait au fil à coudre noir. C'est un peu brillant, ni rèche, ni extrèmement doux. Je le verrais plutôt dans un tissage décoratif que dans quelque chose à porter. Le petit écheveau fait 41g, 72,50m. J'aurais pu en faire plus, mais ça n'aurait pas été prêt pour le festival et il me reste encore à préparer pas mal de choses avant de décoller pour les monts d'Arrée, tôt demain matin.

9 & 10 juillet

Week-end plus que sympathique à Commana. Kanisha avait ramené trois moutons et à nous deux, nous avons animé un stand, dont le propos essentiel était de montrer qu'on peut faire des choses assez incroyables avec les toisons des tout petits moutons d'Ouessant. Pas la peine d'aller jusqu'en Australie pour trouver des fibres fines et douces qui se prêtent à tout ce qu'on veut.

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Les gens se sont succédés autour de nous, tous sympathiques, tous curieux. Non seulement, il y avait des fileuses, tricoteuses, crocheteuses, tisserandes, aguerries, mais aussi du public, local ou un peu moins, juste désireux d'en savoir plus. Un vrai succès !

Les après-midi, nous étions programmées pour montrer comment on trie une toison, avant de la laver. L'idée était de partir de la toison qui était tondue sur place, aux forces. La toison du samedi était douce, mais on ne pouvait en garder que très peu. Celle du dimanche par contre était un petit bloc compact, feutré, irrécupérable. Heureusement, nous avions prévu des toisons de notre côté. Les gens ont pu voir, mettre les mains dedans, humer, trier et découvrir. Je crois que ça a plu.

Sans Kanisha, tout aurait été nettement moins joli sur le stand. Nous avons été si sollicitées, occupées à répondre à des questions diverses pendant ces deux jours, que nous n'avons pas pu voir grand-chose d'autre du festival. J'ai raté les essais d'autres rouets (alors que j'avais prévu d'en profiter), l'étape du tour de fleece, les explications des gens de la filière lin et quasiment tout le reste.

Mais je suis malgré tout très contente d'avoir pu participer à cette première édition d'un festival breton. J'en garderai un excellent souvenir de personnes croisées parfois depuis un bon bout de temps sur les forums, avec qui on échange une foule d'idées et qu'on rencontre enfin en vrai, pour découvrir avec plaisir qu'on partage encore plus de choses que ce qu'on pensait.

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11 juillet

en matière de Tour de fleece, pour moi les deux derniers jours étaient hors course, j'ai filé, mais surtout des petits bouts, pour faire voir comment on fait, aidé certains à tenir un fuseau et à comprendre le principe, voire le geste. Aujourd'hui, c'est repos officiel sur le tour. Ca tombe bien. J'ai besoin de récupérer un peu.

12 juillet

étape de montagne, même si je ne l'avais pas vraiment mise au programme quand je me suis inscrite.

Ce matin, avant d'attaquer l'étape du jour, en me décidant à ranger les écheveaux, pelotes et bidules-trucs toujours dans des cagettes au retour du festival,  je suis tombée sur un petit paquet de poils de chats que Kanisha m'avait amenée pour la démo, mais qu'on avait même pas eu le temps de sortir. C'est en remballant tout le dimanche soir qu'elle a retrouvé quelques sachets, avec du caniche, du chat et d'autres choses. J'ai touché le poil de chat et je lui ai dit que je le prenais, parce que contrairement aux poils de mon chat à moi, que j'ai filé pour rire avant le festival, c'est vraiment très très doux et un peu plus long aussi. Mes doigts ont tout de suite plongé dedans. Le fait d'avoir vu la bête en photo avant m'avait déjà fait envie, mais c'est le contact qui m'a fait prendre ce petit sac, juste au cas où, un jour... Tu parles, Charles ! A peine j'ai retouché ce matin, à peine je me suis mise à faire un petit nuage aéré de toute cette fibre.

Dans l'ordre des photos : la chatte qui a bien voulu laisser partir une partie de ses poils et le paquet de poils que j'ai ramené chez moi, avant écharpillage.

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Au bout d'un peu plus de 4 ou 5 heures (étalées dans la journée, c'est bien les vacances), j'en ai fait une bobine.
Je l'avais lu, je le savais pour avoir testé, mais le chat, ça feutre en moins de deux. L'écharpillage m'a pris presque autant de temps que tout le filage. J'ai alterné les deux pour ne pas me lasser.
De la bobine, j'ai fait une pelote.

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Et de la pelote, j'ai fait un retour andin, en galérant un peu (il faut le dire, parce que même quand il est déjà en fil, le chat s'agglomère avec lui-même plus vite que son ombre et quand ça part en vrille, il faut rester patient pour détortiller tous les tortillons avant de pouvoir tirer à nouveau le fil qui sort de la pelote.

J'en ai 10g (je ne pouvais pas tirer plus du paquet que j'avais) pour environ 31,30m.

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C'est d'une incroyable douceur, un peu vaporeux certes (mais nettement moins que les poils de chien et de chat que j'ai filé auparavant). Et si ça n'était pas aussi long comme processus, j'en ferai bien plus.
Moralité : le chat oui, mais à condition que ça soit du persan, du maine coon, du rag doll ou tout autre félin présentant des poils aussi doux et aussi longs et à condition aussi qu'on ne soit vraiment pas pressé du tout (et pourtant tout ceci a été fait au rouet).

13 juillet

petite journée pour le travail de la fibre, juste de l'écharpillage d'Ouessant. La photo, si je l'avais prise, serait presque identique à celle du 2 juillet.

14 juillet

petit écheveau de Ouessant blanc : 45m, 28g et juste à côté le mini écheveau toujours en Ouessant, que j'ai fait dimanche dernier au festival, juste pour montrer à Gypsy comment on faisait : 18m, 14g. Je crois suis sûre que filer du blanc et que du blanc m'ennuie un peu. Demain, ce sera tout sauf du blanc.

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15 juillet

Fée d'automne m'a fait il y a quelques semaines une nappe superbe, faite de mouton à poil long, de viscose noire et de soie blanche. Une tuerie, toute facile à filer tellement tout est doux et aligné dans le bon sens. Je voulais de la couleur, je l'ai filée.

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16 juillet

Cette nappe de Fée, c'est 120g de bonheur que je continue à travailler, en me coupant des nouvelles du vrai monde autour, du voyeurisme indécent de pseudo-journalistes voulant faire du sensationnel, des polémiques stériles de dirigeants résolumment à côté de la plaque, des discours des experts qui en savent moins que moi et autres nouvelles affligeantes.

 

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Demain, je retords !

17 juillet

retors tout simple, à deux brins. Je ne suis jamais vraiment sûre de mes métrages, mais là j'ai recompté le nombre de tours sur mon bel échevaudoir de 1,86m d'envergure, en rajoutant la longueur du bout de fil qui ne faisait pas un tour complet : j'arrive à 120g, 338m.

 

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18 juillet

petite virée dans le luxe absolu : une tresse de l'Atelier du chat noir, qui m'a été revendue par Claire des Bruyères.

Premier constat : le luxe absolu sent le patchouli plein pot. Je ne déteste pas, mais je me demande qui, de Claire ou de Christie, a pu parfumer la tresse de cette manière. Je suis quasiment sûre que les mites n'aiment pas. Mais, étrangement, ça me ramène dans les années 70, quand une de mes soeurs aînées s'aspergeait copieusement de la chose. Ca fait comme une interférence avec mon idée du luxe absolu.

Deuxième constat : il faut étirer la tresse après avoir défait plusieurs mailles. Ca doit être un truc avec les tresses, j'ai ressenti la même chose avec une chaînette pure shetland venue du pays de Galles. Moralité : je crois que je préfère les nappes aux tresses. Avec une nappe, on peut attaquer tout de suite.

Troisième constat : le mélange wensleydale + soie est tellement bien mélangé qu'on se demande en le filant si ça n'est pas que de la soie. J'en déduis que le wensleydale offre une fibre bien longue. Du coup, on est finalement pas mal dans le luxe absolu, malgré le patchouli.

Filage en quasi étirage par l'avant (long draw), retors avec un fil à coudre bleu roi. Si j'avais laissé le fil tout seul, il aurait manqué de "oumpf" et aurait eu un côté presque barbie que je je ne saurais sans doute pas marier à autre chose.

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102g, 231m

19 juillet

jour de repos pour le tour, jour de canicule par ici. Enfermée à l'ombre, avant de faire des courants d'air, partout dans la maison, je me suis liquéfiée, j'ai bu de l'eau et j'ai juste écharpillé un peu de blanc. Avec la lampe, il avait l'air moins blanc, c'était moins lassant que d'habitude. Et du blanc, il m'en faudra encore pour finir mon gilet. Pas de photo qui vaille la peine d'être montrée, un nuage d'Ouessant ressemble presque toujours à un nuage d'Ouessant. Demain, les températures devraient redevenir plus normales. Je filerai sans doute du blanc et peut-être autre chose.

20 juillet

le blanc, comme prévu, avec l'apparition d'un paquet de noeuds (pas prévu par contre), la résolution du paquet de noeud et un nouveau retors navajo.

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40g, 41,30m.

Sauf si je me suis complètement plantée pour le métrage des autres, on pourrait croire que c'est vraiment complètement irrégulier et un peu n'importe quoi, sauf que mes trois écheveaux d'Ouessant blanc ont à peu près le même aspect et que je sais déjà que le tricot pardonnera tout !

21 juillet

parce qu'après le blanc, il me faut de la couleur (pour éviter la dépression), j'ai repris le lin, le coton et la ramie pour compléter ma collec' de l'année dernière. Une deuxième bobine est en cours avec de la ramie indigo, pour le retors. Suis contente, je n'ai pas perdu la main, mes épaisseurs semblent correctes, ça devrait le faire. Et je trouve la chose plutôt agréable à filer.

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Avec le stock qui me reste, je devrais avoir de quoi en faire encore deux autres comme ça, peut-être même trois : assez pour un gilet j'imagine.

22 juillet

retors terminé. J'aime ce fil ! Comme je n'ai pas entièrement vidé ma bobine de ramie, je vais peut-être continuer à en faire un peu plus d'ici dimanche.
Et si j'ai le temps aujourd'hui, je m'en vais trier une ou deux toisons. J'en ai encore quelques-unes qui attendent patiemment dans leur sac poubelle.

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110g, 161,54m

23 juillet

dernière ligne droite. Demain, c'est l'arrivée. Naturellement, je me mets en queue de peloton. Par nature, je ne suis pas pressée et la plupart des choses que j'ai fait pour ce tour devront être complétées (sans doute à un rythme moins soutenu). J'ai mis sur la bobine un nouveau fil d'Ouessant noisette et je me suis retrouvée rassurée. C'est le blanc qui me fatigue, pas le Ouessant. Pas de photo. L'écheveau aura le même aspect que celui que je fais voir sur la photo du 14 juillet.

24 juillet

j'aurais pu mettre plus de fil tout seul sur la bobine, mais j'avais envie d'avoir un truc fini pour le dernier jour. C'est donc un petit écheveau qui va rejoindre ceux qui attendent d'être lavés, puis d'être tricotés.

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49g, 45,90m

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26 juin 2016

Premier tri de l'année : deux petites toisons d'Ouessant

Ces deux toisons viennent de Pont de Buis, avec une jolie couleur noisette qui donne de belles variantes dans la laine filée.

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Au bout d'un peu plus de deux heures, assise par terre dans l'herbe, j'ai fini.

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En haut à droite, les recoupes, mises de côté pour ma copine Bébète, qui a bien envie de tester ces petits morceaux dans ses feutrages.
Les recoupes, c'est filable, mais comme disait je-ne-sais-plus-qui : filer des recoupes, ça n'est plus du filage, c'est du sport. Et j'ajoute qu'un fil de recoupes est moins beau qu'un fil fait avec les longues fibres venues des mêmes bêtes.

En haut à gauche, ce qui est déjà parti dans le compost : débris végétaux, mousse et petits insectes bien morts, morceaux trop feutrés, trop rugueux, trop crottés, parties arrières des pattes et du pourtour de l'appareil à déjections.

En bas, ce que je garde et qui est déjà mis à tremper dans un bidon bleu avec de l'eau de pluie et une petite poignée de percarbonate de soude, bien diluée dans l'eau. Le bidon est fermé hermétiquement, mis contre un mur recevant du soleil dans la journée (quand il y en a). J'ouvrirai dans une dizaine de jours pour rincer (voire plus, si le temps reste trop au gris et que les températures ne montent pas un peu).

Et cet après-midi, je m'en vais récupérer d'autres toisons d'Ouessant, du côté de Plouarzel. En fonction de la quantité que je vais récupérer, j'organiserai peut-être un trafic, comme l'année dernière, histoire d'en faire profiter d'autres fileuses.

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06 juin 2016

Cet été, à Commana...

Les 9 et 10 juillet 2016, une belle fête en perspective !

Petit à petit, les choses se précisent. Les préparatifs avancent. Avec d'autres, je suis plein pot dedans et je me fais déjà une joie de voir certaines personnes en vrai et de partager plein d'idées, d'astuces, de fibres et de sourires. Je retourne à mes ouvrages...

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04 juin 2016

Et toi, tu la prépares comment ta fibre d'Ouessant ?

La question est venue sur le tapis lors d'une conversation avec Kanisha (en ce moment trop occupée avec les agnelages et les tontes qui ont démarré, pour alimenter son blog). Les toisons, je les trie, puis je les mets tranquillement à fermenter. Une fois rincées et sèches, elles se présentent en morceaux, un peu trop compacts à mon goût pour les filer facilement.

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Au début, je passais tout à la cardeuse, mais je me suis rendue compte que le résultat me satisfaisait mieux en écharpillant les morceaux entre mes doigts. Ca m'évite un certain nombre de bouboules (nepps chez les anglo-saxons) un peu plus fastidieuses à filer, mais ça n'est pas plus rapide qu'avec une cardeuse.

Donc, avec mes doigts, je prends ça :
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Pour en faire ça :
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Et je n'ai plus qu'à filer le nuage.

Ensuite, c'est le filage qui détermine l'aspect du fil. Tant qu'on peut en faire quelque chose, ça me va, mais j'ai une très nette préférence pour le fin, voire le tout fin, même si c'est plus long à faire.

Avec du moyen et du presque fin, je me suis fait deux petits bonnets. Le premier est un tychus tout en Ouessant et d'une simplicité enfantine à tricoter. Il n'est pas des plus doux, mais tient bien chaud aux oreilles. Le deuxième n'a qu'une torsade en Ouessant, histoire d'utiliser la seule pelote que j'avais filée avec cette épaisseur-là. On dirait un peu un bonnet d'apprentie sorcière. J'ai piquée l'idée du do-it-yourself hat de Robbyn Kenyon pour le faire à ma sauce.

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20 avril 2016

Ne soyons pas pressé (multiples de trois : suite)

Il avance mon multiple de trois. Je suis à nouveau en panne de blanc, mais je peux quand même ajouter des petits bouts ici ou là.

Sans le mannequin, je crois bien que j'aurais renoncé, surtout que je persiste à ne rien vraiment calculer, ni trop prévoir à l'avance. Donc forcément, certaines tentatives sont défaites à peine tricotées. D'ailleurs, je me demande si le gros triangle de blanc n'est pas un peu trop gros et s'il ne faudrait pas que je le défasse...

Enfin, c'est décidé, ce sera un gilet, avec fermeture éclair et, si j'y arrive, poches et capuche. Mais, ce qui est sûr, c'est que ça va me demander quelques mois encore. Ca ne me dérange pas plus que ça. Au bout du compte, j'ai envie que la chose me plaise et soit portable.

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