19 septembre 2017

Zwartbles

Fin 2016, je m'en vais chercher chez ma copine Claire deux kilos de toison (triée, mais pas lavée) de Zwartbles, élevées en Finistère ou pas très loin (à l'occasion, il faudra que je lui demande où). Devant la profondeur de ce noir, je craque. C'est moyennement doux, mais on s'en fout. Dès que les beaux jours reviennent, je lave (par fermentation, comme d'hab), j'aère, je sèche et je m'apprête à filer. Sauf que... la fibre n'est pas comme du Ouessant (mais alors pas du tout, du tout), les mèches sont très bien séparées, mais presque compactes après lavage, ce qui rend un écharpillage aux doigts un peu ardu (et surtout, très, très lent). Alors, je peigne, puis je file, quand je peux, en intercalant régulièrement des bobines d'autre chose, pour ne pas me lasser. Petit à petit j'avance et, en me demandant, au soir du 13 août, ce que j'allais faire pour ma deuxième quinzaine de Defil26, je me suis rendue compte que sur les deux kilos de départ, il ne me restait plus que ce qu'on voit sur la première photo. Il n'y avait donc plus qu'à finir de peigner ce petit reste (c'est long le peignage, bien plus long que le filage).

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Mais, avec ce traitement, les pointes décolorés s'estompent et le noir reste d'une profondeur assez impressionnante, malgré de temps en temps un poil blanc plus épais, voire une mèche ou deux, blanches et pas noire (que je retire). A vue de nez, j'avais de quoi faire encore un ou deux bons gros écheveaux de 100g ou plus, filé assez gros, retordu sur lui même, en retors simple à deux brins.

Le peignage, c'est ce qu'il fallait à cette fibre, ça a permis de détecter et d'éliminer la poussière et les brindilles, mais surtout les recoupes. Parce que dans tout ce noir, il y avait quand même pas mal de recoupes qui se cachaient ici ou là. Le micronnage de la fibre (c'est moins fin que du Ouessant de compète) fait que les recoupes m'ont semblé tout simplement impossibles à intégrer (ni vu ni connu) au filage.

Au 13 août, j'en avais déjà 6 écheveaux, mais la balance m'a dit que ça ne faisait qu'environ 900g.

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J'ai rajouté deux écheveaux, le premier d'environ 100g, le deuxième d'un peu moins.

En gros, ça veut dire qu'environ la moitié de ce que j'ai récupéré est partie au compost.
Ca me semble beaucoup, mais en y repensant c'est plus que probable. En tout cas, j'ai fini et j'en ai assez pour faire un pull adulte (c'était le but), peut-être pas un irlandais (les torsades mangent beaucoup de fil), mais je tâcherai de faire des calculs et quelques échantillons avant de me lancer.

Yapluka !

 

 

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09 août 2016

Le gris Gotland c'est beau !

Pour l'échange trio de Tricotin, Marie Minuit m'avait envoyé un petit bout de toison de ce joli mouton gris, originaire de Suède (enfin, si j'ai bien tout compris) - il y avait aussi d'autres choses à tomber dans son colis, mais je reste focalisée pour ce message (je raconterai le reste plus tard, peut-être).

Les couleurs des mèches de Gotland de Marie étaient à tomber, avec une texture plus qu'intéressante, mais à vue de nez, mes doigts ou la cardeuse ne risquaient pas de réussir à déméler des parties sacrément compactes, présentant néanmoins un potentiel plus que filable. Qu'à celà ne tienne, me suis acheté des mini peignes (à une seule rangée, puisqu'il paraît que c'est ce qu'il faut pour les races rustiques) et j'ai rajouté à mon achat 100g de la même fibre de Gotland (aux mêmes nuances et là encore, semble-t-il tout aussi impossibles à déméler à la cardeuse ou juste avec les doigts). Les fibres que j'ai acheté en sus étaient propres, mais sentaient beaucoup plus la bête que le petit bout que Marie m'avait envoyé. Ca ne m'a pas dérangée plus que ça. Le mouton peut sentir fort, mais sauf pour les parties qui sentent la crotte et un peu la pisse qu'on élimine en triant les toisons, c'est  tout à fait supportable.

(sur les photos : un bout de fibres brutes et mes peignes)

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Si on utilise les peignes comme recommandé par la plupart des tutos et vidéos sur le peignage et qu'on veut ne garder que le plus long et le plus lisse, la perte est énorme. Volontairement, j'ai gardé des morceaux qui seraient sans doute parties en déchet, parce que je veux un fil rustique.

Je me suis fait un nuage, plutôt que d'essayer de faire un ruban au diz (de toute manière, les rubans, j'ai l'impression que je les file mieux dans le pli, alors pourquoi s'embêter à faire un pré-fil, hein, je vous le demande ?).

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Et là-dessus, une autre copine m'envoie du brut pas lavé, en provenance directe de Suède (du Gotland et du Finull, autre ovin de par là-bas).

SPA52076Ma doué, que c'est  doux, que c'est beau et prometteur. Evidemment, comme ça n'est pas lavé, c'est gras et  ça sent fort. Mais, ça doit être atavique, le mouton n'a jamais été un prédateur de l'homme. Alors même quand l'odeur est pregnante, non seulement on s'habitue vite, mais on finit par se trouver bien dedans (la personne avec qui je vis n'est pas convaincue, mais c'est sans doute parce qu'elle ne file pas). Ceci dit, je ne me vois pas filer ceci sans laver.

Et hop, une mini-cuve de fermentation pour y mettre du Finull (environ la moitié de ce que j'ai reçu). De l'eau mélangée à un peu de percarbonate de soude (je me demande si c'est vraiment utile, mais bon, puisque j'en ai, j'en mets, mais pas beaucoup). On pose le couvercle sur la boîte, on ferme bien et on pose la boîte sur le bidon où d'autres toisons trempent déjà.

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Il y a du soleil, ça devrait chauffer juste ce qu'il faut, j'ouvrirai d'ici une petite semaine.

 

Posté par eibhlin à 21:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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