06 août 2018

Quand on laisse fermenter un tout petit peu trop longtemps...

Parce qu'il n'a quasiment pas plu en juillet, j'ai laissé des bouts de toison dans mon bidon du 5 juillet au 5 août (un mois pile-poil donc). Je n'avais pas assez d'eau de pluie pour rincer, sans compter que j'avais la flemme et qu'il faisait chaud, bien trop chaud pour ici, bien trop chaud pour moi. Qu'il faisait sec, trop sec, vraiment trop sec. Les mauvaises langues diront que je ne devrais pas me plaindre... je laisse les mauvaises langues mariner dans leur vinaigre. On a atteint les 28°C plusieurs fois, ce mois de juillet (et j'aime pas ça). Oui, je sais, il y en a d'autres plus au sud (ou à l'est) qui ont eu des températures bien supérieures, mais c'est pas parce que d'autres peuvent se targuer d'un thermomètre plus haut que moi je devrais apprécier de ne souffrir que modérément. Le premier crétin qui me dit que pour une fois : "on ne va pas de plaindre de ne pas avoir eu un été pourri", je le tape. Depuis que je vis là où je suis, je n'ai jamais vu les pelouses aussi jaunes. Pour un peu on se croirait en Provence ou dans les Cévennes, avec un ciel aussi bêtement bleu, où le vent peut s'escrimer, il aura bien du mal à trouver un nuage à pousser, c'est pas normal et  j'aime pas ça. Ma peau délicate s'habitue en général tout doucement à l'été. Là, j'ai carrément crâmé deux fois, malgré la crème solaire. J'ai pas aimé, vraiment pas aimé. Et je croise les doigts pour qu'août soit plus conforme au temps qu'on a ici d'habitude en été (c'est pas gagné).

D'ailleurs, c'est pas la première fois que je laisse une fermentation durer plus des 10 jours préconisés (par je ne sais plus qui, mais je crois bien que c'est le délai maximum conseillé par plein d'autres), sauf que là, à la sortie du bidon, j'ai retrouvé une couche compacte d'algues rougeâtres d'un millimètre d'épaisseur au moins, pas beau, collant, pas facile à enlever. Tout ça, parce que scrongneugneu, il a fait trop chaud. C'est une première (et j'ai pas adoré). L'odeur n'était ni moindre ni pire que d'habitude, mais pour enlever ces trucs, il a fallu laisser tremper un peu plus longtemps, puis décoller doucement cette couche, à vue de nez superflue pour le filage ou le feutrage. Comme je suis du genre têtue, je n'allais pas me laisser décourager par une petite pellicule gluante, collante et odorante de rien du tout. Et l'air de rien, ça m'a permis de découvrir de nouvelles copines, du genre diptères, joliment irisées. Alors j'ai passé le temps qu'il fallait pour décoller tout ça et parce que les insectes sont nos amis, je ne me suis pas formalisée. J'ai rincé, rincé, re-rincé, puis j'ai mis à aérer/rincer (s'il se décide à pleuvoir)/sécher, comme d'habitude. Et j'ai crâmé ma figure pour la 3e fois de l'année.

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Franchement, c'était mieux avant : 22°C maximum, le besoin de mettre une petite laine au crépuscule, des nuages plein le ciel et pas plus de 5 jours d'affilée sans pluie ! Mais parce que même si je râle, je veux croire que les semaines qui viennent seront moins rudes et moins sèches, j'ai remis du Ouessant dans mon bidon.

 

 

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29 juillet 2018

Tour de fleece 2018

5 juillet

Avant le départ officiel, tour de chauffe à Dinéault avec d'autres fileuses. On en retiendra que le foin (même sans le fumer) fait de l'effet à certaines, que certains fuseaux tombent, repartent, puis retombent, avant de repartir encore, que la prochaine fois qu'on s'on retrouve, il faudra qu'on chante, que la pince à linge est résolument un outil magique, qu'une bobineuse peut parfois être une vilaine petite machine, que la fumée des merguez, ça ne sent vraiment pas bon. Mais qu'on excuserait presque cette fumée en goûtant un vrai kouign amann deus Douarnenez (ma doué, qu'il était juste plijus comme il faut, merci Michel !) avec ur banne chistr tout aussi bon (merci Claire !).

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Rien ne vaut ces échanges et ces parties de rire où un fil tout seul (que celle qui l'avait fait trouvait un peu moche) est devenu non pas un, mais plusieurs retors : le bête à deux brins, l'andin et le navajo. Le tout facilement (ou presque) et sans pince à linge.

7 juillet

Démarrage en douceur...
D'abord, quelques tours de spindolyn pour un petit peu d'Ouessant noir issu du stock.
Puis début de lavage du petit bout de toison d'Ouessant blanc gouesnousien. Bon... un dégraissage aux cristaux de soude, suivi de trois rinçages ne suffisent pas. Retrempe avec du liquide vaisselle. J'avais oublié qu'un lavage classique consomme plein de flotte. Mais mon bidon d'eau de pluie est presque vide. J'ai de quoi rincer une ou deux fois encore, mais ça va attendre demain. La fermentation c'est quand même beaucoup moins de boulot.

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Puis préparation d'un mélange avec un orange fluo venu de chez Lulublu et les résultats plus ou moins réussi de teintures maison (rumex, curcuma, henné). Ca sera filé au rouet, je ne sais pas encore comment. C'est la fibre qui me dira.

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8 au 11 juillet

La bobine est enfin remplie. J'arrête, parce qu'une des couleurs a été bien mangée par ce filage, il n'en reste plus.
Et je retors tout ça en navajo : 99,9 m pour 74 g. J'étais franchement dubitative en le filant, me disant que le résultat serait moche. Mon impression était fausse, mais on verra bien s'il me plaît autant après le bain.

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La petite toison d'Ouessant blanc a fini de sécher et ça me permet de constater que finalement, les pellicules, on les trouve sur du blanc aussi. Et en contrôlant le Ouessant, je récupère mon Avranchine (sèche et débarrassée de son odeur de fermentation).

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J'attaque directement une bobine d'Avranchine, sans aucune préparation, ni peignage, ni cardage, ni écharpillage, rien... Les débris végétaux tombent au filage, ou restent dans le fil, ça maaaaaarche et ça donne un aspect sauvaaaage. La fibre est mousseuse, crimpée par endroits, ça ressemble pas mal au zwartbles que j'ai déjà filé, mais en peu plus fin.

12 juillet

En fait, cette Avranchine ressemble tellement à du zwartbles, que je me demande s'il n'y a pas eu erreur sur l'étiquetage chez le berger. Pas dramatique, ça se file bien et j'aime bien. La deuxième bobine est en cours, pour un bête retors à deux brins. Et comme mon stock de toisons grossit (+ 5 Ouessant avant-hier, + 3 croisées zwartbles/Landes que j'irai chercher tout à l'heure) j'ai trié le poil de deux grosses blanches de Saint-Renan (il n'y a qu'une toison sur la photo). Faute d'assez d'eau de pluie en stock pour rincer les petites Ouessant noires du bidon, je laisse tremper encore. La pluie est annoncée pour samedi. Si ça se confirme, au moins une grosse blanche ira faire trempette dans la pestillence la semaine prochaine. Elles sont farcies de débris végétaux, mais douces et puis, c'est juste impossible de résister à ce crimp.

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13 juillet

J'en suis désormais sûre, cette Avranchine et bel et bien une zwartbles. En retors à deux brins (avec une fin en andin, histoire qu'il n'en reste plus sur la dernière bobine, ça nous donne 133 m pour 129 g. Au final, il reste pas mal de débris végétaux dans le fil, mais c'est pas grave, c'est du rustique après tout. Pour me changer un peu de tout ce brut, je m'en vais passer à du calmant pour princesse, toudou mâtiné de kibrille, venu de chez Marie (rue de la laine) : 12 rolags thérapeutiques, sombres mais lumineux.

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14 au 16 juillet

Et les rolags deviennent un fil câblé, pour répondre au thème du mois de mars 2018 (proposé par cette même Marie Minuit). Donc d'abord, faire 4 bobines de tout seul, puis retordre les bobines dans l'autre sens, deux par deux. Pour suivre exactement les préconisations de Sarah Anderson, j'aurais dû filer mes tout seuls en Z. Je suis partie dans l'autre sens, parce que faire du tout seul en toufin en S, je sais faire. C'est beaucoup moins fluide dans l'autre sens.

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Comme le fil à deux brins doit être retordu deux fois plus que la normale pour que ça soit câblé (et pas que ça soit juste un bête retors à 4 brins), j'ai repassé mes deux bobines en Z sur le rouet. Puis retors en S.

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C'est juste magique, le fil final est tout rond, pas surtordu pour deux sous, câblé pour de vrai, comme une chaîne, solide, avec un côté "face obscure de la licorne" qui ne me déplaît pas. C'est du boulot, mais ça vaut le coup. 187 m pour 107 g.

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17 et 18 juillet

Ceci (mérinos+ soie), va être appelé à un retors avec cela (soie de saris recyclés). Ceci est fin prêt, mais cela prend un peu de temps à remplir la bobine. Le tout filé en S, histoire de voir si ça me pose vraiment problème. La réponse est non.

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19 juillet

Retors navajo à 4 brins (en Z). Pas toujours des plus simples, mais faisable : 101 g pour 144,10 m. Le fil est bien équilibré, sans défaut majeur et le noir tout doux rend le fil plus agréable au toucher (parce que la soie recyclée, ça a beau être de la soie, Madame Michu, c'est pas tout à fait comme la soie qu'on imagine). J'en aurais bien fait plus, mais le noir était un cadeau et je ne sais pas d'où il venait, ce qui rend tout réassort problématique. La soie de saris était un cadeau aussi, mais j'ai acheté du complément.

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20 et 21 juillet

SPA52820Petite bobine de zwartbles (en Z), avec ajout de petites touches de couleur ça et là. Pour celle-ci, le retors sera à deux brins avec un fil tout seul identique, mais sans les petites touches, du classique quoi, du bêtement classique donc.Je sens le coup de mou qui se profile. Les côtes sont dures, même si la progression est bien là (enfin, je trouve). Je ne vais pas abandonner le tour, mais je me lasse un peu. Dehors, la terre est sèche comme je ne l'ai jamais vue ici. Même si les températures sont supportables, ça cogne un peu trop à mon goût, alors que j'ai encore des toisons à trier. Et mon bidon d'eau de pluie n'est rempli qu'à moitié.
J'ai proposé certaines de ces toisons à d'autres, j'attends les réponses, mais quoi qu'il en soit, je ne travaillerai pas tout ça. Y en a juste trop pour moi. Et malgré tout ce que j'ai déjà donné, sans compter ce que j'ai lavé cette année, il me reste de quoi filer pour des années. C'est juste trop.
Pour changer de braquet, je repasse à des outils moins gros.

 Je reprends le spindolyn en me disant que ça va me remotiver. Mais ça ne colle pas vraiment. Alors que mon premer essai était juste bluffant, j'ai du mal à trouver une position confortable, la petite boule sort régulièrement de son logement. Ca tourne bien malgré tout, mais sans l'inertie de dingue dont ce petit objet sait faire preuve.

Je me dis que c'est peut-être la fibre : du Ouessant brut. Pour voir, je prends mon petit turc avec le même Ouessant et là, les gestes sont faciles, ça se fait tout seul, le fil est régulier (même si non, je ne range toujours pas mon fil joliment sur la pelote).

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J'entends à la radio qu'il a fait plus de 33° en Laponie. Je me dis que les rennes non plus ne doivent pas trop aimer ça.

 

22 et 23 juillet

Toujours pas de pluie... Normalement, c''est repos du tour aujourd'hui. Mais quelques tours de fuseau ne comptent pas (et ne se voient pas forcément beaucoup sur ledit fuseau - donc on fera sans photo).
Retors à deux brins zwartbles et petits bout d'une nappe qui pète made by my cops Pascale.
L'écheveau (148 m pour 135 g) est au bain pendant que j'écris ce message. L'idée est qu'il aille bien avec celui de zwartbles tombé du rouet, il y a 10 jours. A vue de nez, le rapport poids/métrage laisse entendre que ça devrait coller.

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24 au 26 juillet

Je repars sur l'exploration des retors à 4 brins, pour tester l'aussière (dixit Sarah Anderson), je fais tout pareil, sauf que mes fils simples sont tordus en S, pas en Z. C'est un peu délicat de faire la pelote d'un fil double complètement rebelle, mais ma bobineuse coopère avec délicatesse. C'est aussi l'occasion de tester un Blue Face Leicester (BFL pour les intimes) en plus de ma soie de saris recyclés. C'est doux, c'est long, c'est beau, mais curieusement, mon ruban est carrément odorant pour une mèche traité. Il sent encore bien la bête, j'imagine que ça partira au lavage. L'écheveau final est petit et l'épaisseur est moyenne  : 52 g pour 53 m. Ca ressemble un peu à du navajo, mais c'en n'est pas.

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Il ne pleut toujours pas, je me déshydrate petit à petit, j'espère que demain, il fera plus frais.

Traînant ma misère d'hygrométrie insatisfaisante, je vais me promener sur les messages d'autres fileuses ici ou là et je tombe sur un rouge de toute beauté, made chez ma copine Fée d'Automne, avec qui j'ai déjà pu échanger de bien jolies choses. Donc, j'ai envie de rouge.
Alors je m'attaque au rouge que j'ai en stock : du Cheviot, mouton qu'on trouve souvent de l'autre côté de la Manche, ici teinté dans un rouge profond, libellé "sangria" par un fournisseur sis (justement) de l'autre côté de la Manche. J'ai un projet tricot pour ce rouge, mais je ne le voyais pas si sombre, alors je fouille dans mon tiroir à miracles et je déniche un coton DMC, vieux de plusieurs décennies que ma môman avait acheté, sans doute quand elle était dans une période broderie, il y a longtemps. La pelote n'est pas entière, le coton est dit "coton perlé", ça fera un petit écheveau, mais qui devrait suffire pour ce que j'ai en tête.

Retors navajo à 4 brins, où le 4e brin est ce coton-souvenir qui court le long du retors, 66 g pour 84,30 m (la photo est pourrite, parce que prise trop tard, mais c'est un très joli rouge.

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27 au 28 juillet

Une jolie rencontre, alors qu'il a enfin plu et que je recommence à respirer. Je repars dans le coton et dans le pas simple, pour faire mon retors à partir d'une pelote. Ca part en noeuds bien souvent, mais, je garde mon calme et j'y arrive, sans même devoir y passer des heures. Suis plutôt contente de moi : 68,7 m pour exactement 50 g.

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29 juillet

Dernière étape... Je fais une pelote de ce qu'il y a sur le spindolyn et je retire les pales du turc. Je retordrais les deux ensemble plus tard. Puis, je me lance dans un trois brins, version crêpe, Ouessant blanc et soie de saris. Ca n'est qu'un essai, pour voir, donc petit métrage : 58,75 m pour 42 g. J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois, mais j'aime assez le rendu fnal.

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Il serait peut-être temps que je me décide à faire quelque chose de tout ça. Pour ce faire, y aura pas le choix : on va calmer un peu le filage.

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05 juillet 2018

Le mystère des pellicules de toisons noires...

Parce que j'ai déjà lu des conversations sur le sujet (voir par exemple : http://forum.tricofolk.info/forum/viewtopic.php?id=16158) et vu de mes yeux sur du Ouessant noir, ces pellicules blanches qui ressemblent furieusement aux pellicules de cuir chevelu humain (genre ce que Trump a balayé d'un revers de main sur l'épaule à Macron il y a peu - ah bon, Head & Shoulders, il ne connaît pas, notre président ?), je sais que ces petites particules blanchâtres sont facilement éliminées au filage, donc il n'y a pas vraiment péril en la demeure.

Mais ce soir, en allant retourner mes morceaux de toisons d'avranchine qui prennent l'air et évacuent l'odeur d'un mois de fermentation, je constate à nouveau que ces petits trucs sont encore présents. Au tri, je ne les ai pas vus (mais alors pas du tout), là j'en vois encore plein.

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Serait-ce lié au processus de lavage par fermentation ? En théorie, non puisque Lulublu a constaté le même genre de trucs sur un lavage au produit vaisselle. Serait-ce lié à la piètre qualité de la toison ? Non, parce que c'est de l'avranchine (bordel ! le truc classieux infeutrable) et qu'elle vient d'un élevage pro ? Serait-ce le signe d'une ponte d'un vilain insecte (genre mouche à merde) ? Non, sauf si la mouche est vraiment amphibie et a pu passer au travers d'un épais couvercle, parce que les chtites bouboules blanchâtres étaient déjà visibles dès la sortie du bain avant-hier (où tout était immergé sous une fine couche d'algues rougeâtres).

Alors, c'est quoi ?
Aucune idée (en vrai). Si quelqu'un a une idée, je prends, mais juste parce que j'aime bien comprendre ce qui se passe (quand c'est possible).

Au final, je ne m'inquiète pas vraiment, tout ça devrait partir au filage (ou cardage, ou peignage, ou les deux, voire les trois... en fonction de comment cette toison me dira que faire d'elle). Mais j'aimerais bien avoir une piste.

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03 juillet 2018

Sale temps pour les gros (j'aime pas quand il fait chaud)

Et comme même ici (où des réfugiés climatiques viennent s'abriter), je me traînais depuis une semaine, j'ai attendu jusqu'à aujourd'hui pour sortir ma toison d'avranchine de sa soupe. Il a fallu un petit orage et pas mal de pluie hier pour rafraîchir l'air et me redonner un peu d'énergie. Au bout d'un mois de trempe (pile-poil), il y avait une belle couche de pâte d'algues rouges sur le dessus, l'odeur a fait fuir l'homme ("mais comment tu fais pour rester à côté d'un truc qui pue autant") et a attiré des mouches (les vertes, les spécialistes es-pourriture). Tout a été rincé dans trois bains d'eau de pluie. Ca pue toujours, mais nettement moins. J'irai déplacer les cagettes un peu tous les jours pour que tout soit exposé au même vent et à la même pluie (d'ailleurs, j'en reprendrais bien un peu de la pluie). D'ici trois à quatre semaines, ça sera rincé et la pestilence se sera envolée.

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Et qui dit sortie de soupe, dit mise en trempe d'autres toisons. Faut pas laisser perdre...

Les cinq toisons de Gouesnou m'ont suppliée d'être triées avant les autres (elles étaient d'ailleurs rangées devant les autres, ça a facilité le choix).
A vue de nez, on dirait c'est une année à feutrage pour les Ouessant, en tout cas, pour ce petit troupeau. Je n'y connais toujours pas grand-chose en moutons, mais on m'a dit que ça pouvait varier beaucoup d'une année à l'autre, suivant les conditions météo. Je confirmerai (ou pas) quand je trierai les toisons de Lampaul-Plouarzel (que je récupère depuis au moins trois ans, à force, j'ai l'impression de bien les connaître).

Pour les photos qui suivent : à gauche, la toison, à droite ce qui est gardé avec en dessous des cagettes les parties vraiment trop feutrées, dures de chez dures, avec toujours le petit "nid" compact, plein de graines et autres débris végétaux, qui correspond au cou de la bête. Toutes ont été pré-triées (les parties vraiment crottées sont absentes) et présentaient peu de débris végétaux. Les éleveurs ont eu une pensée pour la trieuse, c'est plutôt sympa.

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La petite blanche est toute petite. Les pointes semblent un tout petit peu feutrées, mais rien de trop dramatique. C'est un bel écru, plutôt doux. Comme il y en a peu, je vais sans doute laver au savon, sans fermentation.

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La suivante est malheureusement plus feutrée que la blanche. D'autres l'auraient peut-être simplement jetée ou utilisée pour du paillage, mais comme disait l'autre : "elle a un joli micronnage cette fibre" (en d'autres termes, elle est vraiment très fine, donc très douce). Du coup, j'ai gardé tout ce qui résistait à la traction sans effort surhumain. Ca n'est pas énorme, mais comme la couleur ressemble à certaines Ouessant de Lampaul, ça pourra être filé en même temps.

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La suivante est d'un joli noir, avec un feutrage qui s'étale plus loin autour du coup, mais pas de feutrage notable ailleurs, et sinon de la fibre longue, du jarre et du tout doux en sous-poil. Je décide de garder le jarre aussi, parce qu'il est d'un noir très noir (et aussi parce que c'est quasi impossible à trier). On verra bien ce que ça donnera quand ça sera lavé. Et hop, elle part remplacer l'avranchine dans le bidon de fermentation.

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Celle-ci est sans doute la soeur de la précédente (ou son frère), elle est un tout petit moins hétérogène et moins feutrée que la précédente. Hop, elle part dans le même bain.

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Et là, celle que je n'ai pas gardée, parce que feutrée de partout et en même temps un peu trop défaite pour que j'ose essayer de reconstituer la forme de la bête et en faire un tapis version toison entière. Les "trous" sont trop nombreux pour un raccomodage efficace. La technique que je vais mettre en oeuvre (si j'ai la toison déjà feutrée comme il faut dans mon stock) est celle de Filo :

Le forum du filage / Feutrage de toison

Merci pour les explications. C'est bien tentant! Oui, bon, il faut trouver aussi le sirop Typhon, certes... Donc, il faut deux fois plus de laine pour le revers que pour l'endroit. Bien, je note. Et l'Ouessant feutrant bien, je suis rassurée de voir que les mèches restent bien détachées avec ton processus.

http://forum.tricofolk.info

Sur la photo de gauche : tout ce qui est parti au rebut.

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13 juin 2018

Sauf nouvelle surprise, j'ai fait le plein de toisons pour cette année

D'abord cinq toisons d'Ouessant deus Plouarzel (vive les copines, qui ne filent pas, que j'ai tendance à négliger - faute de temps disponible - mais qui ne m'oublient pas et qui ont compris qu'on dirait que j'aime bien coller mes doigts dans le poil et la crotte pour en tirer du bôôôôô).

Trois toisons de blanches (qui seraient Suffolk pour au moins deux d'entre elles) deus Lokournan, qui ne seront pas forcément faciles à traiter, mais que je sais (pour en avoir déjà filé) d'une fibre longue et douce. Avec en prime d'autres toisons d'un voisin : que du Ouessant cette année, je n'aurais donc plus de ce joli gris d'une grosse brebis toute douce. Le voisin a vendu les grosses pour les remplacer par des Ouessant, rapport à l'espace à tondre (et peut-être aussi parce que les Ouessant sont plus rustiques, donc plus faciles à contenter).

Cinq toisons d'Ouessant deus Gouenoù que j'ai récupérées tout à l'heure. Sur place, j'ai compris que Pauline aurait bien envie de filer un bout de la toison blanche qui était dans le lot. Pauline ne sais pas encore filer... Qu'à cela ne tienne, je lui montrerai comment faire... si elle en a encore envie après 10mn d'apprentissage. Mais quoiqu'il en soit, je mets déjà de côté la toison blanche pour elle.

Bon, rien qu'avec ce qu'il me reste de l'année dernière, j'aurais de quoi filer pendant facilement 15 mois. Je ne garderai donc pas tout le butin de cette année, je tâcherai d'en faire profiter d'autres fileuses, qui n'ont pas la chance que j'ai : celle de vivre dans le plus beau coin du monde, avec dans ce coin des gens qui donnent et partagent comme si c'était évident et qui sont contents d'entendre que ce qu'ils donnent peut devenir autre chose, au lieu d'être bêtement brûlé au Spernot pour alimenter les chauffages collectifs de la ville de Brest.

Dès que j'ai plus de temps, si la météo est favorable, j'étale tout ça sur l'herbe et je raconte la suite...

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03 juin 2018

Defil26, vingt-troisième quinzaine

Du coton, parce qu'il y avait longtemps que je n'avais pas fait, qu'il m'en reste et que ça me permettra peut-être de compléter un projet de tricot en cours (de gamberge, comme de réalisation). Retors à deux brins, tout simple, 109,5 m pour 89 g.

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Et de ma macératon de chou, finie au henné, j'ai obtenu une fibre d'une jolie couleur beige rosé que j'ai retordu en chaînette : 35 g pour 40,5 m. Je ne sais pas encore si les jolies nuances survivront au bain. C'était un essai, que ça tienne ou non, je n'en aurai pas plus.

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Première toison de la saison : une avranchine noire du Menez Hom, souvenir de la journée de la tonte du 13 mai dernier.

Au tri, c'est rapide, les parties crottées ont été retirées juste après la tonte. Par contre, il y a foison de très petits débris végétaux. Sur une autre fibre, ça me ferait pester, mais là, je crois que ça partira très facilement à l'écharpillage. La laine est différente au toucher par rapport à toutes les autres toisons brutes où j'ai mis mes mains jusqu'ici. C'est moins gras et quand on étire, ça a un côté "aérien" que j'ai du mal à définir autrement. C'est plutôt doux, mais on ne verra si c'est vraiment vraiment doux qu'une fois lavé.

Cette fibre est paraît-il infeutrable au savon. En tout cas, d'après le berger, beaucoup s'y sont essayées, aucune n'a réussi.

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Je ne suis pas certaine qu'un lavage par fermentation soit la meilleure des solutions, mais comme j'ai la flemme de m'activer plus que de raison, mes trois cagettes partent dans le bidon et je me programme une sortie du bidon d'ici une quinzaine de jours (vers le 15 juin).

 

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04 mai 2018

Dans à peine une semaine (c'est presque demain), Dinéault

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Viendez les gens ! Ca promet d'être plutôt sympa.
Moi j'y serai, prête à vous montrer comment faire tourner un fuseau, pédaler sur un rouet (mettez vos plus belles chaussettes, sur mes rouets, c'est sans chaussure qu'on file) et à vous expliquer comment qu'on fait pour faire du fil tout joli, avec lequel on peut faire des choses portées à même la peau, à partir d'une toison brute, tout juste tombée de la bête. Vous pourrez même mettre les doigts dedans. Et pour le reste, vous serez servi, y aura à manger, à boire, à danser (si vous voulez) et des odeurs à renifler. D'autres vous feront voir des choses que vous n'imaginiez même pas possible : ah bon, on peut faire tout ça, juste avec du poil de bête ? Oui !
C'est en somme la journée qui vous fera retrouver le goût de laisser revivre vos 5 sens  (pour le 6e, on y travaille, mais si vous le laissez parler naturellement, c'est sans doute celui qui vous dira qu'il faut que vous y veniez).

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15 avril 2018

Un tapis de cailloux (d'Ouessant)

Je n'aime pas jeter, alors j'évite quand je peux. Jusqu'ici, mes bouboules, recoupes et restachous de toisons partaient au compost, mais quand c'est du propre et que ça peut servir encore, il suffit dun peu d'eau chaude (voire tiède), de beaucoup d'huile de coude et de pas mal de savon pour faire de petits galets qu'on va coudre ensemble pour un faire une descente de lit ou un tapis moelleux, tout doux sous les pieds.
L'idée n'est pas de moi et on trouve une foule de tutos en vidéo qui montrent la technique. Certains de ces tapis sont à vendre (à des prix que le boulot justifie, surtout que les cailloux sont bien mieux feutrés que les miens).

Pas de vrai caillou dans mes galets, que de la laine, de la brute, de la belle (juste pas vraiment utilisable pour autre chose). Là où ça n'est pas trop homogène, j'imagine qu'un fignolage à l'aiguille fera l'affaire. Ne reste plus qu'à trouver le temps pour faire avancer ce petit projet.

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14 avril 2018

teinture : quand ça veut pas, ça veut pas...

Juste pour assurer le suivi de mes expériences de l'automne passée, je vous narre succinctement ce que ça donne aujourd'hui.
On en déduit que :

- Pour le chou, faudra peut-être réessayer, mais seulement peut-être, puisqu'on sait que ça ne tient pas dans la durée.
- Pour le lichen, faudra tester avec un autre lichen.

Chou ?

Et le 7 octobre dernier, j'avais mis un bocal de chou rouge (lacto fermenté) et de mouton blanc. Je n'avais pas oublié pas de coller un bout de chiffon entre la fibre et le chou (rien de pire que de déméler des petits bouts de végétaux tout mous d'un paquet de fibre).

Ca ne tient pas, la couleur au chou rouge, tout le monde le dit, mais j'ai quand même voulu tester. Le bocal est resté dehors, exposé au soleil (quand il y en avait) et aux variations de température. Je n'ai ouvert mon bocal que le 8 avril. Côté odeur, ça sentait toujours le chou lacto fermenté, côté couleur, ça avait l'air un peu rose, tout joli, mais j'aurais dû ajouter de l'eau pour que toute la fibre soit couverte, il restait du blanc où seule l'odeur s'est vue transférée. J'ai rincé, le rose un peu parti, un peu resté, mais comme ça n'était pas homogène, j'ai remis à tremper dans mon dernier bain de trempe au henné. Quand j'ai ouvert la bouteille pour renifler tout à l'heure, je n'ai pas aimé l'odeur ni le dépôt blanchâtre sur le dessus. Alors j'ai mis à rincer. Ca va chauffer doucement au soleil aujourd'hui, je laverai ce soir ou demain et on verra bien ce qu'il reste de coloration.

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Lichen ?

Le 14 octobre, j'avais filtré mon infusion malodorante, pour y coller de la laine lavée encore mouillée.

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Petit à petit au fil des mois, le liquide dans lequel la laine a macéré a changé de couleur, pas en bien... un beigeasse tirant vaguement sur le gris. Le genre de couleur déprimante, tellement triste qu'on ne la verrait même pas dans un film de Chabrol. L'odeur reste acceptable, mais a un semblant de truc pas ragoûtant. La fibre n'est pas foutue pour autant. Elle trempe désormais dans un reste de trempe au henné. On verra ce soir... ou plus tard...

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21 octobre 2017

Defil26, septième quinzaine

Du jaune, résultat d'une teinture au curcuma (qui ne tiendra sans doute pas), destinée à être retordue avec du Landes de Bretagne, parce que je me dis que si ça s'éclaircit vraiment beaucoup, le gris du Landes devrait permettre que ça reste joli.
Et un petit écheveau de rien du tout : Ouessant noir et soie de sarie recyclée, plutôt doux, plutôt gonflant (fallait que j'essaie, parce que j'ai offert une nappe avec tout ça il n'y a pas longtemps et je me suis demandée si finalement, ça n'était pas un cadeau foireux. Suis contente, je crois que c'est un joli cadeau).

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Et une petite bobine d'Ouessant noir qui se remplit doucement (pas de photo).
Mais, aujourd'hui où avec d'autres, j'ai partagé les mains qui s'activent, les chiens qui dorment, les bouches qui racontent des choses (souvent marrantes et toujours instructives) après avoir mangé (du bon et du très bon).

Les monts d'Arrée, c'est beau et on y trouve toujours des gens intéressants (même si techniquement, il peuvent venir d'un tout petit peu plus loin).

J'ai pu mettre des visages et des voix sur des noms que je croise souvent ici ou là : petit bonheur précieux que je suis toute contente d'avoir eu aujourd'hui et qui atténuera certainement les humeurs maussades à venir (à cause du boulot, des trucs qui marchent jamais et autres ennuis, plus ou moins pénibles). Je me sens privilégiée d'avoir été invitée à une si belle rencontre.

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