Mon rouet est un Kiwi (de chez Ashford) première génération. Je l'ai acheté en janvier 2007, sur un site d'enchères en ligne, auprès d'une adorable personne qui me proposait même un coup de main pour mes débuts. Sauf que... pendant des années, ce joli rouet est resté léthargique, inerte. Plus ça allait, plus il m'impressionnait et j'osais à peine le toucher, perplexe devant comment j'allais le faire marcher (malgré les multiples vidéos et cours en images que j'avais été voir). J'avais pour commencer mes expériences une toison de bélier d'Ouessant, bien sale et très odorante, récupérée dans une ferme pédagogique et un fuseau rustique, acquis au musée des vieux métiers vivants d'Argol.

Source: Externe Source: Externe

C'était long, un peu fastidieux et au rythme où j'allais, le reste de ma vie (ajoutée à celle des trois générations suivantes) n'aurait pas suffi à faire de quoi tricoter un tout petit pull de rien du tout.

Et puis en juillet 2014, j'ai trouvé que c'en était assez : ce rouet prenait trop la poussière et risquait de finir par m'encombrer. De deux choses l'une, soit je m'y mettais vraiment, soit je collais la chose sur le bon coin ou ailleurs, pour qu'il disparaisse de ma vie.

J'ai lancé un appel au secours sur un forum et Claire des Bruyères m'a répondu. J'ai passé une petite après-midi chez elle pour qu'elle me montre les bases, je suis repartie avec ma pelote du commerce (tout acrylique, pas chère, pas très belle) flinguée par mon pédalage (mais ça c'était prévu).

J'avais acheté de la fibre en ruban (corriedale, parce que le prix était abordable et que ça a la réputation d'être facile à filer), mais ma véritable ambition, c'était de filer ça :

Source: Externe

Ce gros machin vieillissant m'a accepté dans sa vie il y a quelques années. Dès que je l'ai brossé, j'ai su que je voulais faire quelque chose de ce qui normalement serait lâché dans la nature, pour que les oiseaux agrémentent leurs nids.

Source: Externe Source: Externe

Les premiers résultats n'ont été que très peu convaincants (j'en parle ici).

Avec les conseils éclairés de plusieurs, dont Kty qui fait des choses plus que magnifique avec du poil improbable de chiens et de chats, j'ai commencé à comprendre un peu mieux comment procéder. Le chien, c'est pas le plus facile à filer et le poil du mien n'est pas vraiment idéal pour débuter. Mais j'ai persévéré... essayé au fuseau d'abord... ça commençait à venir, mais ça risquait d'être long cette affaire...

Source: Externe Source: Externe

Et brusquement, j'ai tilté. Dame Monique qui m'a vendu le rouet (et que je n'ai jamais remerciée, faute de pouvoir la retrouver des années plus tard) avait inclus dans le colis une petite roue de contreplaqué bricolée.

Mon Kiwi, utilisé normalement, ressemble à ceci (à gauche) et sur la photo (à droite) que Dame Monique avait mis dans son annonce, on voit qu'il y a un petit truc en plus.

SPA51595 kiwi

Cette petite roue supplémentaire, parfaitement adaptée (où Dame Monique avait inscrit comment la placer) m'a enfin permis de faire un fil utilisable.

SPA51596


(j'ai graissé le rouet depuis, il ne couine plus)

Maintenant que la technique est un peu plus au point, je suis confiante et j'ai des ambitions folles pour filer les toisons d'Ouessant qu'il me reste à laver/carder/filer.

 

Aujourd'hui, j'en ai largement assez pour faire un vrai bon gros pull pour adulte. Sauf qu'il serait mousseux et probablement pas vraiment beau, ni doux au toucher. Ca n'est pas bien grave, je pourrai en faire un gilet sans manche (pour sortir les poubelles ou passer la tondeuse dans le jardin quand le vent pique un peu trop). Et finalement, je suis bien contente d'avoir réussi à relever ce défi impossible.

SPA51565