03 juin 2018

Defil26, vingt-troisième quinzaine

Du coton, parce qu'il y avait longtemps que je n'avais pas fait, qu'il m'en reste et que ça me permettra peut-être de compléter un projet de tricot en cours (de gamberge, comme de réalisation). Retors à deux brins, tout simple, 109,5 m pour 89 g.

SPA52729Grande

Et de ma macératon de chou, finie au henné, j'ai obtenu une fibre d'une jolie couleur beige rosé que j'ai retordu en chaînette : 35 g pour 40,5 m. Je ne sais pas encore si les jolies nuances survivront au bain. C'était un essai, que ça tienne ou non, je n'en aurai pas plus.

SPA52723   SPA52731

Première toison de la saison : une avranchine noire du Menez Hom, souvenir de la journée de la tonte du 13 mai dernier.

Au tri, c'est rapide, les parties crottées ont été retirées juste après la tonte. Par contre, il y a foison de très petits débris végétaux. Sur une autre fibre, ça me ferait pester, mais là, je crois que ça partira très facilement à l'écharpillage. La laine est différente au toucher par rapport à toutes les autres toisons brutes où j'ai mis mes mains jusqu'ici. C'est moins gras et quand on étire, ça a un côté "aérien" que j'ai du mal à définir autrement. C'est plutôt doux, mais on ne verra si c'est vraiment vraiment doux qu'une fois lavé.

Cette fibre est paraît-il infeutrable au savon. En tout cas, d'après le berger, beaucoup s'y sont essayées, aucune n'a réussi.

SPA52733

Je ne suis pas certaine qu'un lavage par fermentation soit la meilleure des solutions, mais comme j'ai la flemme de m'activer plus que de raison, mes trois cagettes partent dans le bidon et je me programme une sortie du bidon d'ici une quinzaine de jours (vers le 15 juin).

 

Posté par eibhlin à 12:32 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,


14 avril 2018

teinture : quand ça veut pas, ça veut pas...

Juste pour assurer le suivi de mes expériences de l'automne passée, je vous narre succinctement ce que ça donne aujourd'hui.
On en déduit que :

- Pour le chou, faudra peut-être réessayer, mais seulement peut-être, puisqu'on sait que ça ne tient pas dans la durée.
- Pour le lichen, faudra tester avec un autre lichen.

Chou ?

Et le 7 octobre dernier, j'avais mis un bocal de chou rouge (lacto fermenté) et de mouton blanc. Je n'avais pas oublié pas de coller un bout de chiffon entre la fibre et le chou (rien de pire que de déméler des petits bouts de végétaux tout mous d'un paquet de fibre).

Ca ne tient pas, la couleur au chou rouge, tout le monde le dit, mais j'ai quand même voulu tester. Le bocal est resté dehors, exposé au soleil (quand il y en avait) et aux variations de température. Je n'ai ouvert mon bocal que le 8 avril. Côté odeur, ça sentait toujours le chou lacto fermenté, côté couleur, ça avait l'air un peu rose, tout joli, mais j'aurais dû ajouter de l'eau pour que toute la fibre soit couverte, il restait du blanc où seule l'odeur s'est vue transférée. J'ai rincé, le rose un peu parti, un peu resté, mais comme ça n'était pas homogène, j'ai remis à tremper dans mon dernier bain de trempe au henné. Quand j'ai ouvert la bouteille pour renifler tout à l'heure, je n'ai pas aimé l'odeur ni le dépôt blanchâtre sur le dessus. Alors j'ai mis à rincer. Ca va chauffer doucement au soleil aujourd'hui, je laverai ce soir ou demain et on verra bien ce qu'il reste de coloration.

SPA52547   SPA52705

Lichen ?

Le 14 octobre, j'avais filtré mon infusion malodorante, pour y coller de la laine lavée encore mouillée.

SPA52548   SPA52549

Petit à petit au fil des mois, le liquide dans lequel la laine a macéré a changé de couleur, pas en bien... un beigeasse tirant vaguement sur le gris. Le genre de couleur déprimante, tellement triste qu'on ne la verrait même pas dans un film de Chabrol. L'odeur reste acceptable, mais a un semblant de truc pas ragoûtant. La fibre n'est pas foutue pour autant. Elle trempe désormais dans un reste de trempe au henné. On verra ce soir... ou plus tard...

Posté par eibhlin à 15:27 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

22 octobre 2017

C'est raté, mais c'est pas grave (ou quand le rumex ne donne pas la couleur que t'attends)

Le 22 septembre, je déterre des racines de rumex, je les lave un peu à l'eau de pluie, puis je les mets à tremper pour la nuit toujours dans de l'eau de pluie (rien que parce que j'en ai, sinon j'aurais pris de l'eau du robinet).

Le 23, je les déchire et je les écrabouille sur une pierre plate avant de les mettre dans une nouvelle bouteille en verre (2/3 de pipi, 1/3 de flotte). Je ne sais pas si j'obtiendrais du bleu, mais dans les grandes lignes, je devrais avoir bon.

Pendant ce temps là, la soupe de lichen ammoniaquée continue sa transformation tout doucement.

SPA52533   SPA52534

Le 24 septembre à peine plus de 24 heures après mise en trempage, la couleur est un peu plus sombre et la mousse à la surface est toujours là (sans que je secoue).

SPA52536Au 30 septembre, je remarque que c'est quand j'ouvre la bouteille de rumex que des bulles remontent depuis le fond et forment une jolie mousse blanche à la surface. L'odeur est terreuse, végétale, pas désagréable. Par contre, l'odeur de ma macération de lichen est franchement immonde. Va comprendre, il y a deux tiers de pipi pour le rumex, un seul pour le lichen.

Le 7 octobre, je décide de filtrer ma soupe au rumex pour y coller un peu de blanc. L'idée du filtre à café me semblait adéquate, mais bon, trop de poids dans le fond, ça a crevé. J'en serai quitte pour brosser la fibre une fois cette première expérience terminée.

SPA52545

Les bouts de toison ont trempé depuis, dans leur boîte fermée, plus ou moins exposée au soleil (quand il y en a, c'est-à-dire, pas vraiment souvent).

Le 18 octobre, je rince plusieurs fois dans de l'eau de pluie et je remets à tremper. L'expérience est clairement ratée, la fibre est jaunasse/beigeasse (avec en cherchant bien des traces de vieux rose), pas très belle et au contact des doigts elle est moins souple, moins douce. Je remets à tremper dans une eau de rinçage, mais si je veux en faire quelque chose, il faut que je fasse repasser cette fibre dans un autre bain (ou alors un bain d'autre chose).

SPA52570

C'est en ratant ses expériences qu'on apprend. C'est cool : j'apprends !  Le rumex, ça ne manque pas dans les champs alentour. Je devrais pouvoir recommencer d'autres esssais, avec ou sans pipi.

Et pour cette fibre, comme je trouve aujourd'hui un reste de de poudre acajou qui traîne dans mon placard, je remets à tremper au henné. Là, je ne devrais pas avoir de surprise avec le résultat. Je vais laisser prendre longtemps, espérant que ça aidera à la tenue de la couleur.

Posté par eibhlin à 16:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

14 octobre 2017

Tiendra, tiendra pas (teinture au curcuma)

Le 22 septembre j'ouvre mon seau de curcuma (ça macère depuis le 16), il y a comme une vague pellicule sur toute la surface, mais pas d'odeur désagréable. Je touille, je remets le couvercle et je remets au frais (pas vraiment d'endroit chaud à disposition).

Le 30 septembre, j'ajoute du chou rouge lacto-fermenté, parce que j'en ai et que mon entourage n'aimant finalement pas, j'aurais du mal à cuisiner avec. L'étiquette me dit que ce chou a été mis dans le bocal en décembre 2015. Pourtant, à l'odeur, ça devrait être parfaitement comestible. Enfin, je me dis que l'acidité naturelle de la chose devrait aider ma laine à prendre mieux la couleur et l'assombrira peut-être un peu. Trois jours plus tard, je décide de sortir la laine et de la rincer. Peut-être que j'aurais dû attendre un peu, mais boudiou, que la couleur est jolie ! En tout, les morceaux de toisons auront trempé 17 jours (dans un gros pot de yaourt en plastique opaque).

SPA52542

Il y a des chances que cette couleur ne tienne pas, je le sais, mais c'est pas grave, j'ai un superbe jaune soleil dont je ferai un fil, puis que je laverai, puis que je mettrai à la lumière et je verrai bien...

Posté par eibhlin à 18:34 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

16 septembre 2017

Alors, on se met à la teinture ?

Comme j'ai désormais du blanc à filer (et que le blanc, ça m'ennuie), naturellement, j'ai eu comme envie de voir si je ne pouvais pas donner de jolies nuances à ce blanc, moi, toute seule comme une grande. Bon, bien sûr, je pourrais essayer les colorants alimentaires, le film plastique et le micro-ondes ou la cocotte minute. Je pourrais aussi tester ces colorants dits "écolos", en tout cas moins toxiques que les trucs grand-teint qu'on trouve en supermarché (et qu'on déconseille si on utilise une fosse septique... je me dis que ça n'est pas pour rien). Mouais, l'idée ne me plaît que moyennement (même si je n'écarte pas la possibilité de tester un jour), alors dans le registre : j'ai pas fini d'expérimenter des trucs border-line, je me suis dit que j'allais faire comme à l'âge de fer, ou de bronze (ou avant, ou après, parce que mon propos n'est pas de faire une reconstitution historique précise).

J'ai fouillé sur le net, trouvé des idées et j'y suis allée comme souvent, "à l'arrache", sans vraiment me documenter de manière approfondie avant de me lancer. Pour une première expérimentation de teinture produite maison, je voulais partir de trucs à disposition et surtout, sans aucune hâte, ni produits "pas glop". Je voulais aussi éviter au maximum la dépense de ressources et d'énergie (autre que les miennes). Pourquoi ? Juste parce que j'aime l'idée et que je ne vois pas de raison pour laquellle ça ne marcherait pas.

J'ai repéré pas loin du boulot des lichens sur de l'écorce de bouleau. J'en ai pris très peu (ce qui était déjà tombé ou prêt à tomber) et j'ai mis à macérer dans un mélange d'1/3 de pipi humain, 2/3 de flotte, en secouant tous les jours ma bouteille d'un litre, remplie à la moitié. Euh, pourquoi du pipi humain ? Ben d'abord parce que c'est facile à obtenir, ensuite parce que normalement le pH de départ est basique, enfin, parce que quand ça fermente, ça produit de l'ammoniaque (utile à la prise ou la fixation de la teinture sur la fibre) et qu'en Ecosse et ailleurs (si j'ai bien compris), il n'y a pas si longtemps que ça, ça s'utilisait pas mal pour le traitement (foulage ou teinture) de la fibre.

Je n'oublie d'ouvrir la bouteille (presque) tous les jours pour que l'air puisse se renouveler un peu (ça fermente ce truc et ça serait ballot si la bouteille exposée au soleil - maigre en ce moment certes- et à tous les vents, devait exploser). Selon les jours, l'ensoleillement et la chaleur, ça a fait un vague pschitt (ou pas). Vers le 10 septembre j'ai ajouté le lichen à ma solution. Dès le début, ça s'est mis à puer plutôt fort et la macération a pris une jolie couleur roux/rouille, de plus en plus sombre et intéressante avec le temps.

SPA52523

Une petite recherche m'a permis de trouver que mon lichen était de type "palmeria", qui en général donne plutôt des bruns que des roses/violets/bleus (ce que j'aurais bien eu envie d'avoir tout de suite dès ma première expérimentation). Je vais probablement filtrer la soupe immonde pour y mettre des bouts de toison blanche ou un écheveau déjà filé, mais pour le moment je continue à secouer ma bouteille tous les jours (ou presque) en lui laissant plus de temps de fermentation. Je compte bien laisser le processus se poursuivre, une, deux, voire trois semaines supplémentaires.

Un message sur le blog de Jenny Dean me laisse entendre que ma méthode va peut-être donner des résultats intéressants et pourrait bien être assez proche de ce qu'on faisait "in the Iron Age". Et poursuivant la lecture des pages d'Eléonore Moine, de Taty Lauwers, de Martha Herba, ainsi que les pages Teintures végétales du forum du filage (voir les liens sur ce blog), je me rends compte que je viens d'ajouter un nouveau dada à ma collection. J'ai déjà repéré d'autres lichens et je découvre que le rumex (il y en a plein dans les champs autour) peut donner des nuances du jaune au rouge orangé.

Et ce matin, en fouillant dans mon placard, je tombe sur un pot de curcuma en poudre. De ce que j'ai lu, le curcuma n'a pas besoin de mordançage. Alors, je ne résiste pas. Je mélange ma poudre à de l'eau et j'y colle des bouts de toison. Je ne chauffe rien, je mets juste à tremper. Je mets un couvercle sur mon petit seau que je range à l'abri. J'ouvrirai pour touiller dans quelques jours.

SPA52521 SPA52522

On verra bien ce que ça donne. Je ne suis qu'au début de cette nouvelle aventure.

Posté par eibhlin à 10:57 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :