D'abord cinq toisons d'Ouessant deus Plouarzel (vive les copines, qui ne filent pas, que j'ai tendance à négliger - faute de temps disponible - mais qui ne m'oublient pas et qui ont compris qu'on dirait que j'aime bien coller mes doigts dans le poil et la crotte pour en tirer du bôôôôô).

Trois toisons de blanches (qui seraient Suffolk pour au moins deux d'entre elles) deus Lokournan, qui ne seront pas forcément faciles à traiter, mais que je sais (pour en avoir déjà filé) d'une fibre longue et douce. Avec en prime d'autres toisons d'un voisin : que du Ouessant cette année, je n'aurais donc plus de ce joli gris d'une grosse brebis toute douce. Le voisin a vendu les grosses pour les remplacer par des Ouessant, rapport à l'espace à tondre (et peut-être aussi parce que les Ouessant sont plus rustiques, donc plus faciles à contenter).

Cinq toisons d'Ouessant deus Gouenoù que j'ai récupérées tout à l'heure. Sur place, j'ai compris que Pauline aurait bien envie de filer un bout de la toison blanche qui était dans le lot. Pauline ne sais pas encore filer... Qu'à cela ne tienne, je lui montrerai comment faire... si elle en a encore envie après 10mn d'apprentissage. Mais quoiqu'il en soit, je mets déjà de côté la toison blanche pour elle.

Bon, rien qu'avec ce qu'il me reste de l'année dernière, j'aurais de quoi filer pendant facilement 15 mois. Je ne garderai donc pas tout le butin de cette année, je tâcherai d'en faire profiter d'autres fileuses, qui n'ont pas la chance que j'ai : celle de vivre dans le plus beau coin du monde, avec dans ce coin des gens qui donnent et partagent comme si c'était évident et qui sont contents d'entendre que ce qu'ils donnent peut devenir autre chose, au lieu d'être bêtement brûlé au Spernot pour alimenter les chauffages collectifs de la ville de Brest.

Dès que j'ai plus de temps, si la météo est favorable, j'étale tout ça sur l'herbe et je raconte la suite...