06 août 2018

Quand on laisse fermenter un tout petit peu trop longtemps...

Parce qu'il n'a quasiment pas plu en juillet, j'ai laissé des bouts de toison dans mon bidon du 5 juillet au 5 août (un mois pile-poil donc). Je n'avais pas assez d'eau de pluie pour rincer, sans compter que j'avais la flemme et qu'il faisait chaud, bien trop chaud pour ici, bien trop chaud pour moi. Qu'il faisait sec, trop sec, vraiment trop sec. Les mauvaises langues diront que je ne devrais pas me plaindre... je laisse les mauvaises langues mariner dans leur vinaigre. On a atteint les 28°C plusieurs fois, ce mois de juillet (et j'aime pas ça). Oui, je sais, il y en a d'autres plus au sud (ou à l'est) qui ont eu des températures bien supérieures, mais c'est pas parce que d'autres peuvent se targuer d'un thermomètre plus haut que moi je devrais apprécier de ne souffrir que modérément. Le premier crétin qui me dit que pour une fois : "on ne va pas de plaindre de ne pas avoir eu un été pourri", je le tape. Depuis que je vis là où je suis, je n'ai jamais vu les pelouses aussi jaunes. Pour un peu on se croirait en Provence ou dans les Cévennes, avec un ciel aussi bêtement bleu, où le vent peut s'escrimer, il aura bien du mal à trouver un nuage à pousser, c'est pas normal et  j'aime pas ça. Ma peau délicate s'habitue en général tout doucement à l'été. Là, j'ai carrément crâmé deux fois, malgré la crème solaire. J'ai pas aimé, vraiment pas aimé. Et je croise les doigts pour qu'août soit plus conforme au temps qu'on a ici d'habitude en été (c'est pas gagné).

D'ailleurs, c'est pas la première fois que je laisse une fermentation durer plus des 10 jours préconisés (par je ne sais plus qui, mais je crois bien que c'est le délai maximum conseillé par plein d'autres), sauf que là, à la sortie du bidon, j'ai retrouvé une couche compacte d'algues rougeâtres d'un millimètre d'épaisseur au moins, pas beau, collant, pas facile à enlever. Tout ça, parce que scrongneugneu, il a fait trop chaud. C'est une première (et j'ai pas adoré). L'odeur n'était ni moindre ni pire que d'habitude, mais pour enlever ces trucs, il a fallu laisser tremper un peu plus longtemps, puis décoller doucement cette couche, à vue de nez superflue pour le filage ou le feutrage. Comme je suis du genre têtue, je n'allais pas me laisser décourager par une petite pellicule gluante, collante et odorante de rien du tout. Et l'air de rien, ça m'a permis de découvrir de nouvelles copines, du genre diptères, joliment irisées. Alors j'ai passé le temps qu'il fallait pour décoller tout ça et parce que les insectes sont nos amis, je ne me suis pas formalisée. J'ai rincé, rincé, re-rincé, puis j'ai mis à aérer/rincer (s'il se décide à pleuvoir)/sécher, comme d'habitude. Et j'ai crâmé ma figure pour la 3e fois de l'année.

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Franchement, c'était mieux avant : 22°C maximum, le besoin de mettre une petite laine au crépuscule, des nuages plein le ciel et pas plus de 5 jours d'affilée sans pluie ! Mais parce que même si je râle, je veux croire que les semaines qui viennent seront moins rudes et moins sèches, j'ai remis du Ouessant dans mon bidon.

 

 

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05 juillet 2018

Le mystère des pellicules de toisons noires...

Parce que j'ai déjà lu des conversations sur le sujet (voir par exemple : http://forum.tricofolk.info/forum/viewtopic.php?id=16158) et vu de mes yeux sur du Ouessant noir, ces pellicules blanches qui ressemblent furieusement aux pellicules de cuir chevelu humain (genre ce que Trump a balayé d'un revers de main sur l'épaule à Macron il y a peu - ah bon, Head & Shoulders, il ne connaît pas, notre président ?), je sais que ces petites particules blanchâtres sont facilement éliminées au filage, donc il n'y a pas vraiment péril en la demeure.

Mais ce soir, en allant retourner mes morceaux de toisons d'avranchine qui prennent l'air et évacuent l'odeur d'un mois de fermentation, je constate à nouveau que ces petits trucs sont encore présents. Au tri, je ne les ai pas vus (mais alors pas du tout), là j'en vois encore plein.

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Serait-ce lié au processus de lavage par fermentation ? En théorie, non puisque Lulublu a constaté le même genre de trucs sur un lavage au produit vaisselle. Serait-ce lié à la piètre qualité de la toison ? Non, parce que c'est de l'avranchine (bordel ! le truc classieux infeutrable) et qu'elle vient d'un élevage pro ? Serait-ce le signe d'une ponte d'un vilain insecte (genre mouche à merde) ? Non, sauf si la mouche est vraiment amphibie et a pu passer au travers d'un épais couvercle, parce que les chtites bouboules blanchâtres étaient déjà visibles dès la sortie du bain avant-hier (où tout était immergé sous une fine couche d'algues rougeâtres).

Alors, c'est quoi ?
Aucune idée (en vrai). Si quelqu'un a une idée, je prends, mais juste parce que j'aime bien comprendre ce qui se passe (quand c'est possible).

Au final, je ne m'inquiète pas vraiment, tout ça devrait partir au filage (ou cardage, ou peignage, ou les deux, voire les trois... en fonction de comment cette toison me dira que faire d'elle). Mais j'aimerais bien avoir une piste.

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03 juillet 2018

Sale temps pour les gros (j'aime pas quand il fait chaud)

Et comme même ici (où des réfugiés climatiques viennent s'abriter), je me traînais depuis une semaine, j'ai attendu jusqu'à aujourd'hui pour sortir ma toison d'avranchine de sa soupe. Il a fallu un petit orage et pas mal de pluie hier pour rafraîchir l'air et me redonner un peu d'énergie. Au bout d'un mois de trempe (pile-poil), il y avait une belle couche de pâte d'algues rouges sur le dessus, l'odeur a fait fuir l'homme ("mais comment tu fais pour rester à côté d'un truc qui pue autant") et a attiré des mouches (les vertes, les spécialistes es-pourriture). Tout a été rincé dans trois bains d'eau de pluie. Ca pue toujours, mais nettement moins. J'irai déplacer les cagettes un peu tous les jours pour que tout soit exposé au même vent et à la même pluie (d'ailleurs, j'en reprendrais bien un peu de la pluie). D'ici trois à quatre semaines, ça sera rincé et la pestilence se sera envolée.

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Et qui dit sortie de soupe, dit mise en trempe d'autres toisons. Faut pas laisser perdre...

Les cinq toisons de Gouesnou m'ont suppliée d'être triées avant les autres (elles étaient d'ailleurs rangées devant les autres, ça a facilité le choix).
A vue de nez, on dirait c'est une année à feutrage pour les Ouessant, en tout cas, pour ce petit troupeau. Je n'y connais toujours pas grand-chose en moutons, mais on m'a dit que ça pouvait varier beaucoup d'une année à l'autre, suivant les conditions météo. Je confirmerai (ou pas) quand je trierai les toisons de Lampaul-Plouarzel (que je récupère depuis au moins trois ans, à force, j'ai l'impression de bien les connaître).

Pour les photos qui suivent : à gauche, la toison, à droite ce qui est gardé avec en dessous des cagettes les parties vraiment trop feutrées, dures de chez dures, avec toujours le petit "nid" compact, plein de graines et autres débris végétaux, qui correspond au cou de la bête. Toutes ont été pré-triées (les parties vraiment crottées sont absentes) et présentaient peu de débris végétaux. Les éleveurs ont eu une pensée pour la trieuse, c'est plutôt sympa.

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La petite blanche est toute petite. Les pointes semblent un tout petit peu feutrées, mais rien de trop dramatique. C'est un bel écru, plutôt doux. Comme il y en a peu, je vais sans doute laver au savon, sans fermentation.

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La suivante est malheureusement plus feutrée que la blanche. D'autres l'auraient peut-être simplement jetée ou utilisée pour du paillage, mais comme disait l'autre : "elle a un joli micronnage cette fibre" (en d'autres termes, elle est vraiment très fine, donc très douce). Du coup, j'ai gardé tout ce qui résistait à la traction sans effort surhumain. Ca n'est pas énorme, mais comme la couleur ressemble à certaines Ouessant de Lampaul, ça pourra être filé en même temps.

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La suivante est d'un joli noir, avec un feutrage qui s'étale plus loin autour du coup, mais pas de feutrage notable ailleurs, et sinon de la fibre longue, du jarre et du tout doux en sous-poil. Je décide de garder le jarre aussi, parce qu'il est d'un noir très noir (et aussi parce que c'est quasi impossible à trier). On verra bien ce que ça donnera quand ça sera lavé. Et hop, elle part remplacer l'avranchine dans le bidon de fermentation.

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Celle-ci est sans doute la soeur de la précédente (ou son frère), elle est un tout petit moins hétérogène et moins feutrée que la précédente. Hop, elle part dans le même bain.

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Et là, celle que je n'ai pas gardée, parce que feutrée de partout et en même temps un peu trop défaite pour que j'ose essayer de reconstituer la forme de la bête et en faire un tapis version toison entière. Les "trous" sont trop nombreux pour un raccomodage efficace. La technique que je vais mettre en oeuvre (si j'ai la toison déjà feutrée comme il faut dans mon stock) est celle de Filo :

Le forum du filage / Feutrage de toison

Merci pour les explications. C'est bien tentant! Oui, bon, il faut trouver aussi le sirop Typhon, certes... Donc, il faut deux fois plus de laine pour le revers que pour l'endroit. Bien, je note. Et l'Ouessant feutrant bien, je suis rassurée de voir que les mèches restent bien détachées avec ton processus.

http://forum.tricofolk.info

Sur la photo de gauche : tout ce qui est parti au rebut.

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06 août 2017

Et on continue les tris (ingrats)

Bonne nouvelle : mon blanc de mouton inconnu, sorti de la soupe le 25 juillet me semble parfaitement filable en l'état, sans traitement complémentaire.

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La fibre est toujours dehors (il a plu ces derniers jours), je la rentrerai ce soir pour qu'elle finisse de sécher tranquillement, quitte à la ressortir au soleil plus tard.

Pour remplacer le Ouessant qui trempe dans la soupe depuis la même date (il serait temps que je m'active), je me suis armée de courage pour trier un premier carton, toujours de blanc.

Y a de la crotte, de la paille (un peu trop), de la mousse, mais aussi du feutré (souvent sur le bout des mèches).

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Mon tri est plutôt drastique et limite fastidieux. Au bout d'une bonne heure et demie, je n'obtiens qu'une cagette de laine utilisable, avec très peu de débris végétaux et pas de mèches feutrées (ou alors très peu feutrées). C'est peu... Et il y a de la place dans la soupe pour en mettre plus.
Alors, le lendemain (aujourd'hui donc) j'attaque le deuxième carton, plus gros et plus lourd, mais dont je retirerai encore moins...

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Dans la foulée, je sors l'Ouessant de la soupe et j'y plonge le contenu de mes deux cagettes (belle la couleur de la soupe, non ?).
Et on dirait bien que je n'ai plus de toison à trier pour cette année.

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Dans tout ce blanc, les toisons ont été mélangées (ça je le savais), mais il y a là-dedans au moins une toison complètement irrécupérable.
Y a pas, j'aurais dû proposer de venir à Saint-Renan le jour de la tonte pour pouvoir au moins emballer les toisons séparément, voire les déborder sur place (parce que - je crois que je l'avais oublié - en plongeant la main au milieu de jolies fibres rien ne vaut le contact frais et humide de quelques mèches comprenant vraiment plus de crotte que de poil).

En remisant mes cartons, qui partiront à la déchèterie parce que mon compost sature, je me dis que sur ce butin Rénanais, la récolte aura finalement été bien maigre par rapport à ce que j'escomptais. Plus de la moitié finit au rebut, alors qu'un peu de préparation aurait peut-être permis d'en avoir plus.
Mais je ne me plains pas. Ces toisons, je les voulais, je les ai eues, dans le lot, il y a du joli. Si on me les repropose l'année prochaine, je tâcherai d'assister à la tonte.

 

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17 juillet 2017

Je récapitule : le lavage par fermentation, comment je fais...

Juste parce que j'ai passé aujourd'hui une belle et riche journée chez Patrick Sastre (qui cherche à valoriser la laine de son troupeau avec une démarche qui me plait vraiment bien, en plus de vendre une viande bio... et tant qu'à faire, si tu manges de la viande, autant qu'elle soit bio, c'est mieux pour toi), je me suis dit que faire un récap' complet de la recette telle que je l'utilise aujourd'hui pourrait servir à d'autres, alors voici...

1. Je trie les toisons que je récupère. C'est le plus long à faire, mais c'est essentiel pour éliminer ce qu'on ne pourra pas filer avec plaisir. Ce qui part au rebut ira dans le compost, ou autour des arbres (si on en a) ou comme paillage dans le potager ou autour des fleurs, parce que les limaces n'aiment pas le mélange fibre-crotte-paille-et-divers-débris, pas toujours identifiables. Il y a des messages avec photos sur ce blog et on peut ne voir que ceux qui concernent (entre autres) le tri en cliquant sur "tri" dans la liste des "tags", en haut de la page, à droite.

2. Je récupère un bidon, genre bidon pour faire macérer les pommes à cidre, mais n'importe quel récipient en plastique type bidon avec un couvercle (qui de préférence ferme bien, parce que si ça ferme pas bien l'odeur passe et que si c'est ouvert, t'auras des colonies de moustiques) fait l'affaire.

3. En fonction de la quantité de toison que j'ai à traiter, j'ajoute la quantité d'eau qu'il faudra pour que ça soit immergé. L'eau peut être de l'eau de pluie à température ambiante ou de l'eau du robinet (si c'est le cas, tant qu'à faire, on la mettra chaude).

4. J'ajoute une petite poignée (ou deux cuillérées à soupe) de percarbonate de soude (trouvé en magasin bio). C'est plus basique (dans le sens chimique du terme) que le bicarbonate et souvent on l'utilise comme blanchisseur dans les lessives de linge, mais ça n'est pas aussi corrosif que la vraie soude caustique (NaOH) qu'il ne faut jamais, mais jamais, ô grand jamais, mettre en contact avec la peau ou d'autres muqueuses, sous peine de se retrouver avec des brûlures graves et irréversibles (on ne déconne pas avec la soude, sinon on le paie cher).
N.B. Plus ça va, plus je me demande si ce percarbonate est nécessaire. Il joue peut-être un rôle, mais j'ai déjà essayé sans et ça a très bien marché aussi. Pourtant l'eau de pluie est acide et une toison est normalement acide aussi, donc un ph plus bas devrait aider la fermentation.

5. J'ai mon bidon rempli d'eau, j'ajoute les morceaux de toison triés et j'appuie doucement (la tête carrément dans le bidon, j'en fais peu à la fois et j'ai un gros bidon) avec les mains, avec ou sans gants. A ce stade, la toison pue juste la bête et un peu la merde et la pisse (osons utiliser les mots). L'idée, c'est d'immerger tous les morceaux que j'ai dans mon bidon. Si finalement, je me rends compte que je n'ai pas assez d'eau, c'est pas grave, j'en rajoute. La fibre a tendance à flotter, mais je ne fais pas non plus "nager la fibre" dans plein d'eau. Au besoin, pour voir des photos, faire un clic sur le "tag" lavage sur ce blog (comme pour tri).

6. Je ferme le bidon et je laisse la nature faire son boulot pendant au moins une bonne dizaine de jours.
Là où je vis, en général l'été, il fait bon (rien qu'aujourd'hui, quand le capteur de ma voiture disait 30° à Chateaulin, je n'en avais plus que 23 chez moi).

7. Passés les jours, voire les deux semaines (ou plus) de trempe, je mets des gants en caoutchouc (la soupe a une odeur qui reste collée aux mains après de nombreux lavages au savon et elle décolore pour longtemps les bagues en argent), j'ouvre le bidon et je sors mes morceaux de toison.

8. Je mets immédiatement la nouvelle toison triée dedans. J'immerge comme la première fois et je laisse mon bidon au soleil. Normalement, en moins d'une semaine, la toison sera prête à être rincée. Au bout d'un moment de pratique, le sens olfactif dira si oui ou non le moment est bon, mais dans le doute, on peut laisser une bonne dizaine de jours en plus,pour être sûr.

9. La fibre que j'ai sorti de la soupe, je la rince, dans au moins trois eaux (de pluie, parce que j'aime l'idée de ne pas consommer plus que nécessaire), puis je l'étale sur des cagettes de champignon retournées (avec une pierre au dessus, parce que chez moi, il y a du vent - voir les photos sur ce blog).

10. Je laisse ma fibre sécher, rincer, aérer dehors sur ces cagettes pendant facilement une dixaine de jours, puis (s'il a fait humide ou qu'il a vraiment beaucoup plu), je rentre mes piles de cagettes dans le garage pour laisser sécher tranquillement.

Quand c'est sec au toucher, l'odeur est partie, la fibre est prête à filer, il reste juste assez de gras pour que ça aide sur le rouet ou le fuseau.
Pour avoir testé un petit bout de nappe de Landes de Bretagne (traitée de manière plus industrielle) sur le rouet tout à l'heure, je peux dire que par rapport à ma fibre, tout juste séchée après fermentation, à peine écharpillée aux doigts, c'est un peu plus sec et un petit moins facile - même si ça reste un bonheur à filer.

Quant au bain de soupe, il servira tant que j'ai des toisons à y mettre.

Plus il a servi, plus efficace il est. Avec ce qui me reste à faire, à vue de nez, ma soupe 2017 servira au moins jusqu'à fin novembre.

A noter (même si je l'ai déjà dit dans un autre message), cette méthode convient aux races rustiques. Pour du mérinos, d'autres ont eu des expériences malheureuses, avec une fibre (au départ blanche) devenue grise et cassante. Donc, si vous voulez tester, mais que vous avez un doute, rien ne vous empêche de faire un mini-bac de fermentation avec une petite boîte en plastique (qui ferme) que vous laisserez au soleil

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15 juillet 2017

L'air de rien, il me reste de quoi faire

En photos, le butin ramené de Saint-Renan fin juin :

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Et aujourd'hui, le joli gris est sorti de la soupe pour être remplacé par de jolies mèches blanches (mais crades).
Il est resté tremper longtemps, mais on dirait que ça ne lui a pas fait de mal, J'ai juste mis un peu longtemps à rincer.

J'ai encore quatre énooooormes cartons pleins, à trier,  à faire tremper, puis à rincer.
Le Landes de Bretagne est sec et a eu plus que largement le temps de perdre la vilaine odeur. A vue de nez il sera écharpillé, mais je ne sais pas encore quand il sera filé. C'est du rustique, du vrai, mais certaines parties semblent assez douces quand même.

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Je crois que je vais manquer de temps, même si j'arrive à tout laver, je vais en avoir beaucoup, mais beaucoup trop.

Si quelqu'un qui me lit n'est pas trop loin, je veux bien céder une partie du butin... Il suffit de demander...

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27 juin 2017

On avait annoncé de la pluie en journé, elle n'est venue qu'en soirée

Et ça tombe bien, j'ai fini d'utiliser l'eau de pluie que j'avais en stock.

D'abord aujourd'hui, tri d'une toison, venue de Saint-Renan, joli gris, pas du Ouessant (c'est trop gros) et à vue de nez pas du Landes de Bretagne, parce que la fibre est plus longue que celle que j'ai récupérée à Dinéault et qu'il y a du crimp (on voit pas sur les photos, mais y en a... et du vrai).

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Y a aussi de la bardane à Saint-Renan. Ca facilite pas toujours le tri, mais bon...

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Puis, il y a de la paille et un peu de recoupes (mais on dirait qu'il y en a peu). Du coup, pas loin de deux heures de tri, c'est long, mais je crois que ça vaut le coup. En même temps, si j'ai tout bien compris, cette toison attendait de partir pour la déchèterie et n'avait pas vraiment été tondue avec l'idée qu'une fileuse pourrait récupérer le poil. Alors, je ne me plains pas. Si elle est aussi belle à filer que je pense, il sera toujours temps de prévenir les propriétaires que tondre sur une bâche, c'est plutôt bien quand on veut récupérer la fibre.

Puis sortie du bidon de ma toison de Landes de Bretagne, en place pour rinçage/séchage, à l'air, à la pluie et au vent (faudrait qu'il pleuve un peu, j'ai pas rincé autant que j'aurais voulu, faute de stock d'eau de pluie).

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02 octobre 2016

premier week-end d'octobre, il fait encore beau, j'en profite

Deux toisons d'Ouessant sorties de leur bidon et rincées, mises à aérer/rincer sur mes cagettes en plastique bleu. Elles passeront quelques jours, voire quelques semaines à évacuer tranquillement l'odeur avant que je finisse de les sécher (s'il y a besoin) dans le garage. Je n'ai plus de stock d'eau de pluie. Un nouveau bidon (plus gros) va prendre sa place sous la gouttière. C'est qu'il en faudra de la flotte pour rincer la suite.

Deux kilos de Zwartbles (merci Claire) qui prennent leur place (enfin techniquement : un kilo dans un bidon, le deuxième dans un autre, le volume total était trop important pour la soupe du premier bidon). Comme les jours ont raccourci et que ça s'est rafraîchi, on va laisser plus de temps à la fermentation du Zwartbles. Ca tombe bien, le bidon d'eau de pluie devrait avoir le temps de se remplir.

Quatre toisons blanches, récupérées la semaine dernière, mais dans leur jus de sac poubelle depuis juin. A l'ouverture des sacs, l'odeur est presque  problématique pour moi (je n'ose pas imaginer ce que ça serait pour quelqu'un d'autre). Le moisi, ça prend le nez ! Aucune idée de la race des moutons qui ont donné leur toison, quand j'ai posé la question on m'a répondu : "c'est du classique". Je décide de les trier. J'arrive à en "sauver" 100 ou 200g. Le reste pue vraiment trop le moisi, me semble décoloré (d'un jaune pisseux, tirant sur le brun pas beau), de manière irréversible, crotté, farci de débris de toute sorte. Alors, tous les rebuts s'en vont orner mon talus, entre les orties et les ronces. La nature fera son travail pour dégrader tout ça comme il faut et si elle prend son temps, on s'en fout. Là où je vis, personne n'ira mettre son nez dessus.
C'est dommage, la fibre me semblait assez longue, pas trop rèche, avec un joli "crimp". Les mèches "sauvées" s'en vont tremper dans deux mini-bacs de fermentation. On verra ce que ça donne plus tard. S'il faut relaver après, ça sera fait, la petite quantité de fibre le permettra.
Mais, étrangement cette fibre ressemble furieusement au petit sac de mèches de "toison mystère" que Claire m'a données avec le Zwartbles. Le crimp est le même, pas comme sur le Ouessant, même si sur certains Ouessant, il y a parfois des crimps vraiment marqués (d'après ce que j'ai lu, mais jamais vu).

Une toison d'Ouessant noire, sortie de son sac, petite et feutrée. Elle serait "rattrapable" pour moi, dans le sens où on pourrait la rendre filable avec un peu de travail. Mais, mon seuil de tolérance est plus faible que celui d'autres fileuses. Certaines, à qui j'ai envoyé des toisons "travaillables", m'ont répondu que pour elles, c'était irrécupérable.
Juste pour essayer, je colle cette toison dehors sur une table, j'enlève la crotte et les fibres plus longues et souillées, je trempe à l'eau, je savonne au liquide vaisselle, puis au savon (plein), je trempe, j'essore, je frotte, je trempe à nouveau, je refrotte et je ré-essore avec l'idée d'en faire un tapis. Au bout du compte, la flotte exprimée du rouleau de feutrage n'est plus brune mais claire. Je laisse dehors à sécher, puis je rentre le tout quand il commence à faire frais. Je ne suis pas sûre d'avoir obtenu quelque chose de souple pour les pieds, ni même de joli, mais on verra quand ce sera sec. Au pire, ça fera un tapis ou un grattoir pour les chats.

Il ne me reste plus de fibre à mettre à tremper avant l'hiver (si on excepte le petit sac de "toison mystère" de Claire).
Ma dernière toison d'Ouessant brute s'en va dès demain chez une feutrière amateure (sympa) qui est toute contente de pouvoir tester du brut.
Et de mon côté, j'ai déjà de quoi filer tout l'hiver (et plus) rien qu'avec le Ouessant déjà propre que j'ai traité. Je ne sais pas si je pourrais augmenter ma cadence de filage, surtout que j'ai d'autres choses, bien tentantes, à filer et des tricots en cours que je verrais bien avancer. Et que pour freiner tout ça, il y a le boulot et tous les autres engagements, associatifs et autres, que je n'ai pas lâché (et que je ne sais pas encore si j'ai envie de les lâcher).

Pas grave, on fera ce qu'on peut, comme on peut et on ne se prendra pas le chou pour autant !

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20 août 2016

ça fermente mieux quand il fait chaud

Enfin bon, quand je dis qu'il fait chaud, ça reste raisonnable.

Ici on est préservé, pas de grosse canicule comme ailleurs. Même les jours où on a eu vraiment chaud cet été, on a tout juste dépassé les 30°.

Il y a six jours, j'ai sorti mes toisons d'Ouessant noires du bidon bleu et avant d'en mettre deux autres dans la soupe odorante. J'ai rincé, remis sur cagettes, dehors. Depuis, ça se rince ou ca s'aère (en fonction de la météo). Je voudrais qu'il pleuve un peu pour que ça soit mieux rincé et aussi pour que mon bidon d'eau de pluie puisse se remplir. Ce soir il est à sec.

Parce que ce soir,  j'ai ouvert mon mini-bac de fermentation où quelques mèches de  Finull macéraient gentiment depuis le 9 août.

L'odeur était la bonne, juste bien comme il faut (ça poquait fort). J'ai sorti les mèches. La couleur de la soupe me semblait bonne aussi.

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J'ai rincé (toujours à l'eau de pluie) puis mis à sécher.

Ca sent encore (c'est normal), mais encore mouillé, c'est tout doux, on dirait qu'il n'y a plus de gras et les mèches se détachent bien.

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Puis j'ai couvert d'une autre cagette (en ajoutant une pierre dessus, pour que ça ne parte pas avec le vent, parce qu'ici, du vent, il y en a !).

Et pour continuer à tirer toutes les vertus de la soupe, j'y ai remis les quelques mèches de Finull/Gotland qui me restaient.

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J'ai hâte que toutes cette fibre exotique soit lavée, peignée, cardée ou écharpillée (j'aviserai le moment voulu), pour pouvoir la filer.

 

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09 août 2016

Le gris Gotland c'est beau !

Pour l'échange trio de Tricotin, Marie Minuit m'avait envoyé un petit bout de toison de ce joli mouton gris, originaire de Suède (enfin, si j'ai bien tout compris) - il y avait aussi d'autres choses à tomber dans son colis, mais je reste focalisée pour ce message (je raconterai le reste plus tard, peut-être).

Les couleurs des mèches de Gotland de Marie étaient à tomber, avec une texture plus qu'intéressante, mais à vue de nez, mes doigts ou la cardeuse ne risquaient pas de réussir à déméler des parties sacrément compactes, présentant néanmoins un potentiel plus que filable. Qu'à celà ne tienne, me suis acheté des mini peignes (à une seule rangée, puisqu'il paraît que c'est ce qu'il faut pour les races rustiques) et j'ai rajouté à mon achat 100g de la même fibre de Gotland (aux mêmes nuances et là encore, semble-t-il tout aussi impossibles à déméler à la cardeuse ou juste avec les doigts). Les fibres que j'ai acheté en sus étaient propres, mais sentaient beaucoup plus la bête que le petit bout que Marie m'avait envoyé. Ca ne m'a pas dérangée plus que ça. Le mouton peut sentir fort, mais sauf pour les parties qui sentent la crotte et un peu la pisse qu'on élimine en triant les toisons, c'est  tout à fait supportable.

(sur les photos : un bout de fibres brutes et mes peignes)

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Si on utilise les peignes comme recommandé par la plupart des tutos et vidéos sur le peignage et qu'on veut ne garder que le plus long et le plus lisse, la perte est énorme. Volontairement, j'ai gardé des morceaux qui seraient sans doute parties en déchet, parce que je veux un fil rustique.

Je me suis fait un nuage, plutôt que d'essayer de faire un ruban au diz (de toute manière, les rubans, j'ai l'impression que je les file mieux dans le pli, alors pourquoi s'embêter à faire un pré-fil, hein, je vous le demande ?).

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Et là-dessus, une autre copine m'envoie du brut pas lavé, en provenance directe de Suède (du Gotland et du Finull, autre ovin de par là-bas).

SPA52076Ma doué, que c'est  doux, que c'est beau et prometteur. Evidemment, comme ça n'est pas lavé, c'est gras et  ça sent fort. Mais, ça doit être atavique, le mouton n'a jamais été un prédateur de l'homme. Alors même quand l'odeur est pregnante, non seulement on s'habitue vite, mais on finit par se trouver bien dedans (la personne avec qui je vis n'est pas convaincue, mais c'est sans doute parce qu'elle ne file pas). Ceci dit, je ne me vois pas filer ceci sans laver.

Et hop, une mini-cuve de fermentation pour y mettre du Finull (environ la moitié de ce que j'ai reçu). De l'eau mélangée à un peu de percarbonate de soude (je me demande si c'est vraiment utile, mais bon, puisque j'en ai, j'en mets, mais pas beaucoup). On pose le couvercle sur la boîte, on ferme bien et on pose la boîte sur le bidon où d'autres toisons trempent déjà.

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Il y a du soleil, ça devrait chauffer juste ce qu'il faut, j'ouvrirai d'ici une petite semaine.

 

Posté par eibhlin à 21:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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