06 août 2017

Et on continue les tris (ingrats)

Bonne nouvelle : mon blanc de mouton inconnu, sorti de la soupe le 25 juillet me semble parfaitement filable en l'état, sans traitement complémentaire.

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La fibre est toujours dehors (il a plu ces derniers jours), je la rentrerai ce soir pour qu'elle finisse de sécher tranquillement, quitte à la ressortir au soleil plus tard.

Pour remplacer le Ouessant qui trempe dans la soupe depuis la même date (il serait temps que je m'active), je me suis armée de courage pour trier un premier carton, toujours de blanc.

Y a de la crotte, de la paille (un peu trop), de la mousse, mais aussi du feutré (souvent sur le bout des mèches).

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Mon tri est plutôt drastique et limite fastidieux. Au bout d'une bonne heure et demie, je n'obtiens qu'une cagette de laine utilisable, avec très peu de débris végétaux et pas de mèches feutrées (ou alors très peu feutrées). C'est peu... Et il y a de la place dans la soupe pour en mettre plus.
Alors, le lendemain (aujourd'hui donc) j'attaque le deuxième carton, plus gros et plus lourd, mais dont je retirerai encore moins...

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Dans la foulée, je sors l'Ouessant de la soupe et j'y plonge le contenu de mes deux cagettes (belle la couleur de la soupe, non ?).
Et on dirait bien que je n'ai plus de toison à trier pour cette année.

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Dans tout ce blanc, les toisons ont été mélangées (ça je le savais), mais il y a là-dedans au moins une toison complètement irrécupérable.
Y a pas, j'aurais dû proposer de venir à Saint-Renan le jour de la tonte pour pouvoir au moins emballer les toisons séparément, voire les déborder sur place (parce que - je crois que je l'avais oublié - en plongeant la main au milieu de jolies fibres rien ne vaut le contact frais et humide de quelques mèches comprenant vraiment plus de crotte que de poil).

En remisant mes cartons, qui partiront à la déchèterie parce que mon compost sature, je me dis que sur ce butin Rénanais, la récolte aura finalement été bien maigre par rapport à ce que j'escomptais. Plus de la moitié finit au rebut, alors qu'un peu de préparation aurait peut-être permis d'en avoir plus.
Mais je ne me plains pas. Ces toisons, je les voulais, je les ai eues, dans le lot, il y a du joli. Si on me les repropose l'année prochaine, je tâcherai d'assister à la tonte.

 

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17 juillet 2017

Je récapitule : le lavage par fermentation, comment je fais...

Juste parce que j'ai passé aujourd'hui une belle et riche journée chez Patrick Sastre (qui cherche à valoriser la laine de son troupeau avec une démarche qui me plait vraiment bien, en plus de vendre une viande bio... et tant qu'à faire, si tu manges de la viande, autant qu'elle soit bio, c'est mieux pour toi), je me suis dit que faire un récap' complet de la recette telle que je l'utilise aujourd'hui pourrait servir à d'autres, alors voici...

1. Je trie les toisons que je récupère. C'est le plus long à faire, mais c'est essentiel pour éliminer ce qu'on ne pourra pas filer avec plaisir. Ce qui part au rebut ira dans le compost, ou autour des arbres (si on en a) ou comme paillage dans le potager ou autour des fleurs, parce que les limaces n'aiment pas le mélange fibre-crotte-paille-et-divers-débris, pas toujours identifiables. Il y a des messages avec photos sur ce blog et on ne peut voir que ceux qui concernent (entre autres) le tri en cliquant sur "tri" dans la liste des "tags", en haut de la page, à droite.

2. Je récupère un bidon, genre bidon pour faire macérer les pommes à cidre, mais n'importe quel récipient en plastique type bidon avec un couvercle (qui de préférence ferme bien, parce que si ça ferme pas bien l'odeur passe et que si c'est ouvert, t'auras des colonies de moustiques) fait l'affaire.

3. En fonction de la quantité de toison que j'ai à traiter, j'ajoute la quantité d'eau qu'il faudra pour que ça soit immergé. L'eau peut être de l'eau de pluie à température ambiante ou de l'eau du robinet (si c'est le cas, tant qu'à faire, on la mettra chaude).

4. J'ajoute une petite poignée (ou deux cuillérées à soupe) de percarbonate de soude (trouvé en magasin bio). C'est plus basique (dans le sens chimique du terme) que le bicarbonate et souvent on l'utilise comme blanchisseur dans les lessives de linge, mais ça n'est pas aussi corrosif que la vraie soude caustique (NaOH) qu'il ne faut jamais, mais jamais, ô grand jamais, mettre en contact avec la peau ou d'autres muqueuses, sous peine de se retrouver avec des brûlures graves et irréversibles (on ne déconne pas avec la soude, sinon on le paie cher).
N.B. Plus ça va, moins je me demande si ce percarbonate est nécessaire. Il joue peut-être un rôle, mais j'ai déjà essayé sans et ça a très bien marché aussi. Pourtant l'eau de pluie est acide et une toison est normalement acide aussi, donc un ph plus bas devrait aider la fermentation.

5. J'ai mon bidon rempli d'eau, j'ajoute les morceaux de toison triés et j'appuie doucement (la tête carrément dans le bidon, j'en fais peu à la fois et j'ai un gros bidon) avec les mains, avec ou sans gants. A ce stade, la toison pue juste la bête et un peu la merde et la pisse (osons utiliser les mots). L'idée, c'est d'immerger tous les morceaux que j'ai dans mon bidon. Si finalement, je me rends compte que je n'ai pas assez d'eau, c'est pas grave, j'en rajoute. La fibre a tendance à flotter, mais je ne fais pas non plus "nager la fibre" dans plein d'eau. Au besoin, pour voir des photos, faire un clic sur le "tag" lavage sur ce blog (comme pour tri).

6. Je ferme le bidon et je laisse la nature faire son boulot pendant au moins une bonne dizaine de jours.
Là où je vis, en général l'été, il fait bon (rien qu'aujourd'hui, quand le capteur de ma voiture disait 30° à Chateaulin, je n'en avais plus que 23 chez moi).

7. Passés les jours, voire les deux semaines (ou plus) de trempe, je mets des gants en caoutchouc (la soupe a une odeur qui reste collée aux mains après de nombreux lavages au savon et elle décolore pour longtemps les bagues en argent), j'ouvre le bidon et je sors mes morceaux de toison.

8. Je mets immédiatement la nouvelle toison triée dedans. J'immerge comme la première fois et je laisse mon bidon au soleil. Normalement, en moins d'une semaine, la toison sera prête à être rincée. Au bout d'un moment de pratique, le sens olfactif dira si oui ou non le moment est bon, mais dans le doute, on peut laisser une bonne dizaine de jours en plus,pour être sûr.

9. La fibre que j'ai sorti de la soupe, je la rince, dans au moins trois eaux (de pluie, parce que j'aime l'idée de ne pas consommer plus que nécessaire), puis je l'étale sur des cagettes de champignon retournées (avec une pierre au dessus, parce que chez moi, il y a du vent - voir les photos sur ce blog).

10. Je laisse ma fibre sécher, rincer, aérer dehors sur ces cagettes pendant facilement une dixaine de jours, puis (s'il a fait humide ou qu'il a vraiment beaucoup plu), je rentre mes piles de cagettes dans le garage pour laisser sécher tranquillement.

Quand c'est sec au toucher, l'odeur est partie, la fibre est prête à filer, il reste juste assez de gras pour que ça aide sur le rouet ou le fuseau.
Pour avoir testé un petit bout de nappe de Landes de Bretagne (traitée de manière plus industrielle) sur le rouet tout à l'heure, je peux dire que par rapport à ma fibre, tout juste séchée après fermentation, à peine écharpillée aux doigts, c'est un peu plus sec et un petit moins facile - même si ça reste un bonheur à filer.

Quant au bain de soupe, il servira tant que j'ai des toisons à y mettre.

Plus il a servi, plus efficace il est. Avec ce qui me reste à faire, à vue de nez, ma soupe 2017 servira au moins jusqu'à fin novembre.

A noter (même si je l'ai déjà dit dans un autre message), cette méthode convient aux races rustiques. Pour du mérinos, d'autres ont eu des expériences malheureuses, avec une fibre (au départ blanche) devenue grise et cassante. Donc, si vous voulez tester, mais que vous avez un doute, rien ne vous empêche de faire un mini-bac de fermentation avec une petite boîte en plastique (qui ferme) que vous laisserez au soleil

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15 juillet 2017

L'air de rien, il me reste de quoi faire

En photos, le butin ramené de Saint-Renan fin juin :

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Et aujourd'hui, le joli gris est sorti de la soupe pour être remplacé par de jolies mèches blanches (mais crades).
Il est resté tremper longtemps, mais on dirait que ça ne lui a pas fait de mal, J'ai juste mis un peu longtemps à rincer.

J'ai encore quatre énooooormes cartons pleins, à trier,  à faire tremper, puis à rincer.
Le Landes de Bretagne est sec et a eu plus que largement le temps de perdre la vilaine odeur. A vue de nez il sera écharpillé, mais je ne sais pas encore quand il sera filé. C'est du rustique, du vrai, mais certaines parties semblent assez douces quand même.

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Je crois que je vais manquer de temps, même si j'arrive à tout laver, je vais en avoir beaucoup, mais beaucoup trop.

Si quelqu'un qui me lit n'est pas trop loin, je veux bien céder une partie du butin... Il suffit de demander...

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27 juin 2017

On avait annoncé de la pluie en journé, elle n'est venue qu'en soirée

Et ça tombe bien, j'ai fini d'utiliser l'eau de pluie que j'avais en stock.

D'abord aujourd'hui, tri d'une toison, venue de Saint-Renan, joli gris, pas du Ouessant (c'est trop gros) et à vue de nez pas du Landes de Bretagne, parce que la fibre est plus longue que celle que j'ai récupérée à Dinéault et qu'il y a du crimp (on voit pas sur les photos, mais y en a... et du vrai).

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Y a aussi de la bardane à Saint-Renan. Ca facilite pas toujours le tri, mais bon...

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Puis, il y a de la paille et un peu de recoupes (mais on dirait qu'il y en a peu). Du coup, pas loin de deux heures de tri, c'est long, mais je crois que ça vaut le coup. En même temps, si j'ai tout bien compris, cette toison attendait de partir pour la déchèterie et n'avait pas vraiment été tondue avec l'idée qu'une fileuse pourrait récupérer le poil. Alors, je ne me plains pas. Si elle est aussi belle à filer que je pense, il sera toujours temps de prévenir les propriétaires que tondre sur une bâche, c'est plutôt bien quand on veut récupérer la fibre.

Puis sortie du bidon de ma toison de Landes de Bretagne, en place pour rinçage/séchage, à l'air, à la pluie et au vent (faudrait qu'il pleuve un peu, j'ai pas rincé autant que j'aurais voulu, faute de stock d'eau de pluie).

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02 octobre 2016

premier week-end d'octobre, il fait encore beau, j'en profite

Deux toisons d'Ouessant sorties de leur bidon et rincées, mises à aérer/rincer sur mes cagettes en plastique bleu. Elles passeront quelques jours, voire quelques semaines à évacuer tranquillement l'odeur avant que je finisse de les sécher (s'il y a besoin) dans le garage. Je n'ai plus de stock d'eau de pluie. Un nouveau bidon (plus gros) va prendre sa place sous la gouttière. C'est qu'il en faudra de la flotte pour rincer la suite.

Deux kilos de Zwartbles (merci Claire) qui prennent leur place (enfin techniquement : un kilo dans un bidon, le deuxième dans un autre, le volume total était trop important pour la soupe du premier bidon). Comme les jours ont raccourci et que ça s'est rafraîchi, on va laisser plus de temps à la fermentation du Zwartbles. Ca tombe bien, le bidon d'eau de pluie devrait avoir le temps de se remplir.

Quatre toisons blanches, récupérées la semaine dernière, mais dans leur jus de sac poubelle depuis juin. A l'ouverture des sacs, l'odeur est presque  problématique pour moi (je n'ose pas imaginer ce que ça serait pour quelqu'un d'autre). Le moisi, ça prend le nez ! Aucune idée de la race des moutons qui ont donné leur toison, quand j'ai posé la question on m'a répondu : "c'est du classique". Je décide de les trier. J'arrive à en "sauver" 100 ou 200g. Le reste pue vraiment trop le moisi, me semble décoloré (d'un jaune pisseux, tirant sur le brun pas beau), de manière irréversible, crotté, farci de débris de toute sorte. Alors, tous les rebuts s'en vont orner mon talus, entre les orties et les ronces. La nature fera son travail pour dégrader tout ça comme il faut et si elle prend son temps, on s'en fout. Là où je vis, personne n'ira mettre son nez dessus.
C'est dommage, la fibre me semblait assez longue, pas trop rèche, avec un joli "crimp". Les mèches "sauvées" s'en vont tremper dans deux mini-bacs de fermentation. On verra ce que ça donne plus tard. S'il faut relaver après, ça sera fait, la petite quantité de fibre le permettra.
Mais, étrangement cette fibre ressemble furieusement au petit sac de mèches de "toison mystère" que Claire m'a données avec le Zwartbles. Le crimp est le même, pas comme sur le Ouessant, même si sur certains Ouessant, il y a parfois des crimps vraiment marqués (d'après ce que j'ai lu, mais jamais vu).

Une toison d'Ouessant noire, sortie de son sac, petite et feutrée. Elle serait "rattrapable" pour moi, dans le sens où on pourrait la rendre filable avec un peu de travail. Mais, mon seuil de tolérance est plus faible que celui d'autres fileuses. Certaines, à qui j'ai envoyé des toisons "travaillables", m'ont répondu que pour elles, c'était irrécupérable.
Juste pour essayer, je colle cette toison dehors sur une table, j'enlève la crotte et les fibres plus longues et souillées, je trempe à l'eau, je savonne au liquide vaisselle, puis au savon (plein), je trempe, j'essore, je frotte, je trempe à nouveau, je refrotte et je ré-essore avec l'idée d'en faire un tapis. Au bout du compte, la flotte exprimée du rouleau de feutrage n'est plus brune mais claire. Je laisse dehors à sécher, puis je rentre le tout quand il commence à faire frais. Je ne suis pas sûre d'avoir obtenu quelque chose de souple pour les pieds, ni même de joli, mais on verra quand ce sera sec. Au pire, ça fera un tapis ou un grattoir pour les chats.

Il ne me reste plus de fibre à mettre à tremper avant l'hiver (si on excepte le petit sac de "toison mystère" de Claire).
Ma dernière toison d'Ouessant brute s'en va dès demain chez une feutrière amateure (sympa) qui est toute contente de pouvoir tester du brut.
Et de mon côté, j'ai déjà de quoi filer tout l'hiver (et plus) rien qu'avec le Ouessant déjà propre que j'ai traité. Je ne sais pas si je pourrais augmenter ma cadence de filage, surtout que j'ai d'autres choses, bien tentantes, à filer et des tricots en cours que je verrais bien avancer. Et que pour freiner tout ça, il y a le boulot et tous les autres engagements, associatifs et autres, que je n'ai pas lâché (et que je ne sais pas encore si j'ai envie de les lâcher).

Pas grave, on fera ce qu'on peut, comme on peut et on ne se prendra pas le chou pour autant !

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20 août 2016

ça fermente mieux quand il fait chaud

Enfin bon, quand je dis qu'il fait chaud, ça reste raisonnable.

Ici on est préservé, pas de grosse canicule comme ailleurs. Même les jours où on a eu vraiment chaud cet été, on a tout juste dépassé les 30°.

Il y a six jours, j'ai sorti mes toisons d'Ouessant noires du bidon bleu et avant d'en mettre deux autres dans la soupe odorante. J'ai rincé, remis sur cagettes, dehors. Depuis, ça se rince ou ca s'aère (en fonction de la météo). Je voudrais qu'il pleuve un peu pour que ça soit mieux rincé et aussi pour que mon bidon d'eau de pluie puisse se remplir. Ce soir il est à sec.

Parce que ce soir,  j'ai ouvert mon mini-bac de fermentation où quelques mèches de  Finull macéraient gentiment depuis le 9 août.

L'odeur était la bonne, juste bien comme il faut (ça poquait fort). J'ai sorti les mèches. La couleur de la soupe me semblait bonne aussi.

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J'ai rincé (toujours à l'eau de pluie) puis mis à sécher.

Ca sent encore (c'est normal), mais encore mouillé, c'est tout doux, on dirait qu'il n'y a plus de gras et les mèches se détachent bien.

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Puis j'ai couvert d'une autre cagette (en ajoutant une pierre dessus, pour que ça ne parte pas avec le vent, parce qu'ici, du vent, il y en a !).

Et pour continuer à tirer toutes les vertus de la soupe, j'y ai remis les quelques mèches de Finull/Gotland qui me restaient.

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J'ai hâte que toutes cette fibre exotique soit lavée, peignée, cardée ou écharpillée (j'aviserai le moment voulu), pour pouvoir la filer.

 

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09 août 2016

Le gris Gotland c'est beau !

Pour l'échange trio de Tricotin, Marie Minuit m'avait envoyé un petit bout de toison de ce joli mouton gris, originaire de Suède (enfin, si j'ai bien tout compris) - il y avait aussi d'autres choses à tomber dans son colis, mais je reste focalisée pour ce message (je raconterai le reste plus tard, peut-être).

Les couleurs des mèches de Gotland de Marie étaient à tomber, avec une texture plus qu'intéressante, mais à vue de nez, mes doigts ou la cardeuse ne risquaient pas de réussir à déméler des parties sacrément compactes, présentant néanmoins un potentiel plus que filable. Qu'à celà ne tienne, me suis acheté des mini peignes (à une seule rangée, puisqu'il paraît que c'est ce qu'il faut pour les races rustiques) et j'ai rajouté à mon achat 100g de la même fibre de Gotland (aux mêmes nuances et là encore, semble-t-il tout aussi impossibles à déméler à la cardeuse ou juste avec les doigts). Les fibres que j'ai acheté en sus étaient propres, mais sentaient beaucoup plus la bête que le petit bout que Marie m'avait envoyé. Ca ne m'a pas dérangée plus que ça. Le mouton peut sentir fort, mais sauf pour les parties qui sentent la crotte et un peu la pisse qu'on élimine en triant les toisons, c'est  tout à fait supportable.

(sur les photos : un bout de fibres brutes et mes peignes)

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Si on utilise les peignes comme recommandé par la plupart des tutos et vidéos sur le peignage et qu'on veut ne garder que le plus long et le plus lisse, la perte est énorme. Volontairement, j'ai gardé des morceaux qui seraient sans doute parties en déchet, parce que je veux un fil rustique.

Je me suis fait un nuage, plutôt que d'essayer de faire un ruban au diz (de toute manière, les rubans, j'ai l'impression que je les file mieux dans le pli, alors pourquoi s'embêter à faire un pré-fil, hein, je vous le demande ?).

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Et là-dessus, une autre copine m'envoie du brut pas lavé, en provenance directe de Suède (du Gotland et du Finull, autre ovin de par là-bas).

SPA52076Ma doué, que c'est  doux, que c'est beau et prometteur. Evidemment, comme ça n'est pas lavé, c'est gras et  ça sent fort. Mais, ça doit être atavique, le mouton n'a jamais été un prédateur de l'homme. Alors même quand l'odeur est pregnante, non seulement on s'habitue vite, mais on finit par se trouver bien dedans (la personne avec qui je vis n'est pas convaincue, mais c'est sans doute parce qu'elle ne file pas). Ceci dit, je ne me vois pas filer ceci sans laver.

Et hop, une mini-cuve de fermentation pour y mettre du Finull (environ la moitié de ce que j'ai reçu). De l'eau mélangée à un peu de percarbonate de soude (je me demande si c'est vraiment utile, mais bon, puisque j'en ai, j'en mets, mais pas beaucoup). On pose le couvercle sur la boîte, on ferme bien et on pose la boîte sur le bidon où d'autres toisons trempent déjà.

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Il y a du soleil, ça devrait chauffer juste ce qu'il faut, j'ouvrirai d'ici une petite semaine.

 

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31 juillet 2016

C'est l'heure de la soupe !

Le lavage par fermentation a fait récemment l'objet d'expérimentations chez d'autres fileuses-laveuses-de-toisons. Il en ressort que c'est d'enfer pour le Ouessant (ce que je confirme) et pour les autres races rustiques, mais par contre pour les races comme le mérinos, ça rend la fibre grise et cassante (trop de lanoline ?). Enfin bon, on me dit aussi que c'est très bien pour la solognote et la bleue du Maine. Je retiens au cas où je mettrais un jour la main sur du poil de ces bêtes-là.

Donc aujourd'hui, j'avais deux toisons qui trempaient joyeusement dans leur bidon depuis le 26 juin. Ca fait plus de 21 jours, durée préconisée par les experts, mais j'aurais sans doute pu les laisser faire leur affaire toutes seules pendant deux ou trois semaines de plus. Oui mais... D'autres toisons attendaient leur tour.

J'ai jeté mon dévolu sur ces deux toisons de brebis, venue de chez une copine à Ploum' et récupérées mi-juin.

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Belles nuances, pas beaucoup de recoupes, très peu de débris végétaux. En à peine une heure, le tri était fait. Il n'y avait plus qu'à ouvrir le bidon, sortir le contenu de la macération et le remplacer par ces deux toisons-ci. Ma soupe avait une bien belle couleur et l'odeur qu'il fallait. Finalement, c'est un peu comme un purin d'orties, mais en version animale.

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Une fois les jolies toisons noires dans le bidon, je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas assez de soupe pour tout couvrir. Qu'à cela ne tienne, j'ai rajouté de l'eau de pluie. Ensuite, il n'y avait plus qu'à rincer les morceaux de jolies toisons noisette, pour qu'elles reprennent les même couleurs que sur la photo postée le 26 juin.

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Je me suis retrouvée un peu juste en eau de pluie, mais tout a été rincé au moins une fois avant d'être réparti sur mes cagettes de champignon retournées et laissées au soleil. Je compte sur la pluie qu'il devrait y avoir cette semaine pour parfaire le rinçage. Si ça poque trop, je re-rincerai une fois que mon bidon d'eau de pluie sera suffisamment rempli. Quoiqu'il en soit, je lave mes écheveaux une fois filés, histoire d'être sûre que la crasse restante s'en aille ailleurs.

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26 juin 2016

Premier tri de l'année : deux petites toisons d'Ouessant

Ces deux toisons viennent de Pont de Buis, avec une jolie couleur noisette qui donne de belles variantes dans la laine filée.

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Au bout d'un peu plus de deux heures, assise par terre dans l'herbe, j'ai fini.

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En haut à droite, les recoupes, mises de côté pour ma copine Bébète, qui a bien envie de tester ces petits morceaux dans ses feutrages.
Les recoupes, c'est filable, mais comme disait je-ne-sais-plus-qui : filer des recoupes, ça n'est plus du filage, c'est du sport. Et j'ajoute qu'un fil de recoupes est moins beau qu'un fil fait avec les longues fibres venues des mêmes bêtes.

En haut à gauche, ce qui est déjà parti dans le compost : débris végétaux, mousse et petits insectes bien morts, morceaux trop feutrés, trop rugueux, trop crottés, parties arrières des pattes et du pourtour de l'appareil à déjections.

En bas, ce que je garde et qui est déjà mis à tremper dans un bidon bleu avec de l'eau de pluie et une petite poignée de percarbonate de soude, bien diluée dans l'eau. Le bidon est fermé hermétiquement, mis contre un mur recevant du soleil dans la journée (quand il y en a). J'ouvrirai dans une dizaine de jours pour rincer (voire plus, si le temps reste trop au gris et que les températures ne montent pas un peu).

Et cet après-midi, je m'en vais récupérer d'autres toisons d'Ouessant, du côté de Plouarzel. En fonction de la quantité que je vais récupérer, j'organiserai peut-être un trafic, comme l'année dernière, histoire d'en faire profiter d'autres fileuses.

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17 mai 2015

A Pont-de-Buis, suis retournée

Cette fois-ci pour récupérer non pas 4 (comme l'année dernière), mais 6 toisons de moutons d'Ouessant, fraîchement tondus du début de semaine.

Comme il pleuvait nettement moins que la dernière fois que j'y suis allée, j'ai pu regarder les bestioles de plus près. On a été accueilli dans le parc par une brebis plutôt causante. Elle fait office de chien d'alerte, me dit-on et prévient quand il y a quelque chose d'inhabituel.

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Sur la photo de gauche, une agnelle d'à peine 15 jours : un petit bout curieux, qui se souvient brusquement qu'il faut qu'elle aille têter et met des coups de tête un peu forts dans l'abdomen de sa môman.  Ces moutons sont heureux, ça se voit. Ils ont pour aire de jeux une montée herbeuse et un petit bois, qui explique très certainement ma galère pour sortir le maximum de débris végétaux de leurs toisons de l'année dernière. Mais, toutes ces bébettes font plaisir à voir. J'en voudrais des comme ça chez moi. Sauf que je ne suis pas sûre d'avoir assez de terrain, qu'il faudrait éduquer le chien, qui tout vieux qu'il devient, pourrait bien avoir envie de courser, voire de croquer dans une petite bête de ce genre. Si on y ajoute des incertitudes (d'ordre professionnel) qui pourraient faire qu'on ait besoin de bouger dans les mois qui viennent, ça fait un peu trop. Pour le moment, il faudra que je me contente du poil de ces bêtes-là.

Une fois rentrée à la maison, dès que j'ai pu trouver le temps de tondre ce que j'appelle pompeusement ma pelouse, je me suis décidée à trier la toison blanche qui me restait de l'année dernière (si je ne me trompe pas, c'est celle de la mère de la si jolie agnelle).

J'ai sorti la toison du sac. Belle, entière ! Ce qui facilite grandement le tri.

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En à peine deux heures, j'ai gardé tout ce qui me semblait filable (on va dire que je suis en progrès par rapport à mon dernier tri). Mais, il reste foule de débris végétaux, dont des petits trucs noir qui ressemblent à de mini clous de girofle et d'autres graines en goutte prolongées par une petite queue.

J'ai conservé certaines parties, mais j'ai viré sans pitié "le nid" qu'on retrouve au cou et qui reste impossible à trier, en plus, ça va de soi, des parties trop crottées.

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A la fin du tri, mes mains étaient douces, mais maculées de brun et pas mal grasses.

J'ai préparé un bidon, y ai mis de l'eau, aussi chaude qu'elle sortait de mon robinet, mélangé un peu de percarbonate de soude à cette eau, avant d'y plonger les morceaux de toison triés.

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On voit, en regardant de près, que j'ai laissé plus de débris végétaux que la dernière fois. Il est possible que ça génère plus de travail à l'écharpillage et au cardage. On verra bien...

Le bidon est fermé, je vais le laisser prendre le soleil contre le mur de la maison pendant au moins une semaine. Ensuite, je laverai, rincerai et sècherai tout ça.

Toute contente de moi, malgré le coup de soleil qui guettait, j'ai vidé le sac des toisons de cette année sur la biodiversité qui me sert de pelouse, en me disant que j'allais continuer sur ma lancée et trier une nouvelle toison.

J'ai renoncé. Les gentils propriétaires des moutons m'avaient prévenue que tout avait d'abord été mis en tas, mais quand même... Le tondeur ne se doutait pas que ça allait être récupéré ? Les toisons sont en morceaux, toutes mélangées et on dirait que certaines parties ont été roulées dans la paille.

Mais, la laine semble plutôt douce et maintenant que j'ai vu une nouvelle fois les bestioles, je ne vais pas renoncer. D'autant plus que c'est vraiment gentil de me laisser toute cette laine pour rien. Ceci dit, la prochaine opération de tri, s'annonce longue et laborieuse.

J'ai tout remis dans le sac qui contenait le tout et je suis rentrée pour soigner mon coup de soleil.

A chaque jour suffit sa peine !

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